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Olivier : (4/10)

L'union ne fait pas toujours la force : la preuve avec ce film, qui privilégie la démarche esthétique, voire esthétisante, sur la peur et l'horreur viscérale.

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3 EXTRêMES
( Three...extremes - 2004)

Réalisé par Park Chan-Wook
Sortie le 04 Mai 2005

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Avis des lecteurs (8) 

  Horreur.net - Critique de 3 extrêmes (2004)

Critique de Olivier (4/10)

Profitant de la vague de succès au box-office que représente le cinéma fantastique asiatique, les producteurs décident de réitérer l'expérience de Trois histoires de l'au-delà en donnant l'opportunité à trois réalisateurs, en l'occurence : Fruit Chan, Park Cahn-Wook et Takashi Miike, de s'exprimer à travers des courts-métrages "horrifiques". Les guillemets semblent s'imposer ici car ces trois courts sont plus des expériences esthétiques où les cinéastes ont donné libre court à leurs envies que de véritables courts d'horreur, Fruit Chan allant même jusqu'à admettre dans une interview que "en ce qui me concerne, je n'étais pas dans l'état d'esprit adéquat pour faire un film d'horreur." Vous êtes prévenus !

Premier sktech donc, celui de Fruit Chan, dans lequel une femme se nourrit de foetus pour préserver sa jeunesse. Fruit Chan renonce d'emblée à tout suspense puisqu'il est explicite dès le début que les raviolis sont faits à partir de foetus. Le bruit des petits os qui craquent à chaque bouchée crée un certain dégoût mais il n'est pas toujours des plus crédibles. Fruit Chan laisse entrevoir à un moment ce qui aurait pu s'apparenter à une malédiction, ce qui aurait pu nous offrir un final à la Contes de la Crypte, mais il n'explore pas cette piste et le film se résume donc finalement à une succession de scènes de bouche sans réel intérêt. On retrouve certes le souci de Fruit Chan de décrire la société hongkongaise et la distance, non pas géographique mais économique et culturelle, qui la sépare du reste de la société chinoise, mais le spectateur n'était pas venu pour ça. A savoir pour les fans de ce Nouvelle cuisine, une version longue de 90 min. est sortie à Hong Kong en DVD.

Deuxième segment : Coupez !, par le réalisateur de Old Boy. Un réalisateur à succès se retrouve séquestré par un de ses figurants, psychopate à ses heures creuses. Il le soumet au dilemme suivant : soit il accepte de tuer un enfant, soit il va devoir supporter de voir sa femme, pianiste, se faire couper les doigts, un par un. Ce pitch n'est pas sans rappeler le sadisme d'un Saw, même si pour Coupez !, le traitement formel l'emporte sans doute sur le fond avec une mise en abîme intéressante en intègrant un décor dans le décor et une réflexion sur le cinéma comme médium, entre réalité et fiction. Pour le reste, la réalisation est assez nerveuse et il est assez difficile de décrocher pour le spectateur. Aux scènes violentes (l'étranglement d'un enfant en pleine lumière) succèdent des scènes burlesques (un grand n'importe quoi que n'aurait pas renié Takashi Miike), ce qui contribue à déstabiliser le spectateur qui ne sait s'il doit rire ou s'horrifier. Dommage que la fin, si elle a le mérite de refuser le happy end, apparaisse assez incongrue.

Dernier métrage, sans doute le plus abouti esthétiquement (même si les trois séquences bénéficient d'une belle photographie et d'une mise en scène réussie) : La Boîte, dont l'approche minimaliste et quasi-symboliste, surréaliste, surprend de la part d'un Miike qui nous avait habitués à des débauches visuelles (la trilogie Dead or Alive, Gozu,...). Une jeune femme écrivain est hantée par la mort de sa soeur jumelle dont elle est à l'origine. Ce sketch se révèle assez hermétique ; après un Cuisine nouvelle assez ennuyeux mais répugnant par certains aspects, un Coupez ! frénétique, violent et déstabilisant, on s'attend à ce que le troisième sketch évolue dans l'horreur pure : c'est tout de même sous ce label que 3 extrêmes est vendu. Et bien non, puisque l'on retombe dans l'exercice de style, qui se vit avec les yeux mais pas avec les tripes.

On ressort donc de ce visionnage particulièrement déçus de ne pas avoir eu notre dose de peur et de frayeur. A la rigueur, une expérience visuelle mais rien d'extrême en tout cas...

 

Olivier

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En résumé:

L'union ne fait pas toujours la force : la preuve avec ce film, qui privilégie la démarche esthétique, voire esthétisante, sur la peur et l'horreur viscérale.

 

Note du rédacteur: 4/10
Note moyenne de la rédaction : 6.33/10

 

 

 

 

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