Beowulf est un poème épique anonyme du VIIIème siècle, considéré comme l'œuvre la plus importante de la poésie écrite en vieil anglais. Ici, c'est l'ensemble de ceux qui ont participé au film qui devraient faire en sorte de rester dans l'anonymat.
Un château en des terres hostiles, situé en avant-poste, subit en ses murs les attaques d'un monstre maléfique. Alors que personne n'est autorisé à quitter la forteresse sous peine de se faire exécuter par ceux qui encerclent le château afin d'éviter que le Mal ne s'étende (oui, c'est un peu tiré par les cheveux mais ce film est à s'arracher les cheveux...), un jour, se présente un certain Beowulf, prêt à affronter le Mal.
A première vue, le pitch n'est pas des plus inintéressants, mais il suffira de dire que c'est Christophe Lambert qui incarne Beowulf pour que l'on sache d'emblée que ce film est mauvais. Certes, Christophe Lambert n'est pas, et loin de là, le seul responsable de cette nullité qu'est Beowulf mais comment se débrouille-t-il pour ne presque tourner que dans ce genre de films ? Aujourd'hui, son nom à l'affiche fonctionne comme un repoussoir alors que par le passé, il s'était fait remarqué dans Greystoke ou encore Highlander. Son train de vie est-il tel qu'il se doit de tout accepter ? Mais bon, passons et revenons au film.
En cinq minutes, le tout est réglé : dans la première séquence du film, des hommes en armure s'activent dans les couloirs sombres du château pour affronter la Bête. Cette scène fait écho à celles des souterrains du monde post-apocalyptique de Terminator et, au cas où cela nous aurait échappé, le score est là pour nous le rappeler. Nous retrouvons ensuite, à l'extérieur, une femme qui s'est enfuie du château et qui s'apprête à être exécutée par ceux qui cherchent à éviter que le Mal ne sorte de l'Avant-Poste. Pour la tuer : un rasoir géant (sic !). Sur ce, arrive Beowulf, qui refuse qu'elle soit tuée. A deux reprises, gros plans sur le regard "expressif" de Christophe Lambert avec une musique à la Morricone : la pression monte. Puisqu'il n'est pas entendu, Beowulf va devoir se battre : au programme, arts martiaux, avec quelques acrobaties de gymnaste, sur fond de musique techno. Par la suite du film, même si c'est la techno qui domine, nous serons également gratifiés de musique rock. Si la techno est bien souvent indigeste pour ce genre de production, ce film a en outre l'indécence d'être prétentieux avec des dialogues grotesques.
Question casting, disons que la prestation de Christophe Lambert ne dénote pas, c'est pour dire. Le scénario ne développe d'ailleurs à aucun moment le personnage de Beowulf et ses origines (il est né de l'accouplement contre-nature d'une mortelle et d'une démon). Chez son alter ego féminin, Rhona Mitra, les décolletés retiendront plus l'attention que les expressions du visage. Pour ceux qui préfèreraient les blondes, une ravissante blonde fait office de mère pour le monstre et nous offre un ou deux déshabillés. Avec un film qui se veut un patchwork réussi, mais râté en l'occurence, entre éléments médiévaux et futuristes, on se retrouve avec des éléments qui paraissent totalement incongrus, avec notamment les deux blacks de service, l'un archétype du vieux sage que l'on aperçoit souvent dans les films représentant l'univers carcéral, et l'autre, un jeune qui semble tout droit sorti de Brooklyn... Enfin, en matière d'incongruité, que dire de ces body bags dans lesquels sont enfermées les victimes du monstre et qui ne sont on ne peut plus modernes, fermeture éclair incluse ?
Pour finir sur le monstre, il est totalement réalisé en images de synthèse et aux contours rarement clairement définis. Il rappelle celui de Predator par certains aspects mais, la plupart du temps, il ressemble plus à une bouillie visuelle. Que dire aussi du château de l'Avant-Poste qui, vu de l'extérieur, nous rappelle celui que voient Christian Clavier et Jean Réno dans Les visiteurs une fois qu'ils ont été drogués par la sorcière. Ajouter à cela un montage approximatif et vous obtenez un film qui ne méritait définitivement pas une sortie sur grand écran. Heureusement, Zemeckis devrait sauver la mise puisque son adaptation de Beowulf devrait sortir sur les écrans en 2007.
Beowulf est un poème épique anonyme du VIIIème siècle, considéré comme l'œuvre la plus importante de la poésie écrite en vieil anglais. Ici, c'est l'ensemble de ceux qui ont participé au film qui devraient faire en sorte de rester dans l'anonymat.
Note du rédacteur: 1/10
Note moyenne de la rédaction : 1.25/10