La réalisation d'un film
comme Creepshow, composé de cinq histoires d'épouvante, pourrait être comparée à
l'écriture d'un recueil de nouvelles. Tout d'abord, il faut travailler sur une
histoire particulière. Puis savoir installer une atmosphère le plus rapidement,
poser les personnages principaux sans avoir à les développer et installer le
sujet dans les premières pages (minutes). Puis créer un ensemble homogène entre
les nouvelles. Lors de la réalisation d'un film à sketchs, il est donc impératif
de ne délaisser aucune partie au profit d'une autre et puisqu'il est hors de
question de lacher le spectateur, en le laissant prendre son souffle, c'est
cette homogéneité qui décidera de la qualité du film. Réalisé par George Romero
et écrit par Stephen King, Creepshow en est le parfait exemple (en existe t'il
beaucoup ?).
Le film débute par la raclée
d'un jeune garçon (le fils de Stephen King, Joe, dans la vie), surpris par son
père en train de lire Creepshow, un recueil de bande-dessinées d'horreur. Jeté à
la poubelle, celui-ci s'envole et nous fait découvrir ses histoires: cinq récits
toutes aussi horribles et effrayantes:
1/Father's day (la
fête des pères): les membres d'une famille sont réunis, attendant la tante
Bédelia. Le temps de raconter que quelques années auparavant, celle-ci avait
assassiné son père. En effet celui-ci lui portait un peu trop sur les nerfs,
criant sans cesse: "Où est mon gateau ?". Mais voilà, que, se recueillant sur la
tombe de son défunt père, Bedelia voit surgir un mort-vivant: "Je veux mon
gateau !".

Excellent sketch pour
débuter, mélant burlesque (l'arrivée de Tante Bedelia), et horreur/gore (les
meurtres du zombie). A noter la présence de Ed Harris (Truman Show, Rock, Appolo
13).
2/The Lonesome Death of
Jordy Verill (La mort solitaire de Jody Verrill): un fermier un peu simplet,
magistralement interprété par Stephen King, voit un méteorite tombé dans sa
propriété. Plutôt imprudent, il tente de le prendre pour pouvoir le vendre. Mais
voilà que sa main commence à devenir verte, ainsi que toute sa
maison.
3/Something to Tide You
Over (Un truc pour se marrer): Richard Vickers a découvert que sa femme
Becky le trompait. Décidant d'en finir, et fait écouter une cassette avec Harry,
l'amant de sa femme, dans laquelle on peut entendre que Becky est en mauvaise
situation. Richard emmène Harry sur la plage et le force à renter dans un trou,
puis bouche celui-ci avec du sable, en prenant soin de laisser la tête dépasser.
Plutôt sadique car la marée monte et il est impossible pour les deux amants de
bouger. Mais bientôt celui-ci vont vouloir prendre leur
revanche....
Surement mon sketch préféré.
Leslie Neslen (les films Y'a t'il...) et Ted Danson (la série Cheers...) sont
impeccables et l'on se sent dégouté et amusé de ce jeu plutôt
sadique.
4/The Crate (la
boîte): un concierge trouve une caisse, dâtée du XIXème siècle dans un recoin
d'une univeristé. Celui-ci avertit le professeur Charlie Gereson. Ouvrant la
caisse, un monstre surgit et tue le concierge. Une belle occasion pour Henry
Northrup le meilleur ami du professeur de se débarasser de sa
femme.

On retrouve ici une habituée
des films d'horreur, à savoir Adrienne Barbeau, qui campe une merveilleuse
salope (excusez moi pour le terme). "La caisse" est surement l'une des plus
"Comics" de ce film (aspect du monstre, burlesque de l'histoire, les couleurs
très rouges et très bd lorsqu' apparait le monstre).
5/Creeping Up (Ça
grouille de partout): Upson Pratt est un milliardaire, odieux et maniaque de
l'hygiène. Mais plus que tout, il hait les cancrelats. Lorsque son appartement
pourtant surprotégé est de plus en plus envahi par ces infâmes insectes,
celui-ci devient plus odieux encore -il apprend même qu'un de ses employés vient
de se suicider-. Mais les insectes arrivent en masse.

On retrouve dans ces cinq
histoires, toutes aussi géniales les unes que les autres, des thèmes chers aux
Comics à savoir essentiellement la revanche (le grand-père, les amants, les
cancrelats) et l'humour qui le caractérise, voire même le burlesque et le
comique pur de certaines scènes. Le look BD est également porté à l'écran grâce
aux plusieurs cases animés et aux passages films/dessins, ainsi que les couleurs
très vives apparaissant lors de moments cruciaux.
Le trio Romero/King/Savini
(aux effets spéciaux) a donc fait des merveilles sur Creepshow. Dommage que la
suite n'atteigne pas son niveau...
