Le décor, un petit village dans la campagne britannique, apporte rapidement une teinte particulière au film, et même si celui-ci n’est pas pleinement exploité, on ressent la grisaille, l’humidité, un climat qui, sans être hostile, n’est pas particulièrement accueillant.
Le rythme du film se révèle particulièrement lent, émaillé des visions sanglantes de Cassie, prémonitions d’un dénouement tragique pour certains habitants d’Ashby Wake, dont le jeune Michael dont elle a la garde. Celui-ci semble d’ailleurs également perturbé, mais tous ces éléments ne prennent un sens que très progressivement, ce qui se révèle parfois frustrant. La sobriété du métrage se retrouve dans les scènes de violence qui, lorsqu’elles surviennent, sans être particulièrement graphiques, sont brutes et froides (cf. l’accident de voiture du prêtre).
Le scénario mêle deux intrigues : la quête d’identité de Cassie – avec une Christina Ricci qui porte à elle seule le film, tant les autres personnages paraissent secondaires – et, parallèlement, son enquête pour éviter la tragédie qui risque de s’abattre sur Ashby Wake. Mais, par certains aspects, l’intrigue n’est pas suffisamment exploitée et le spectateur en vient à se demander si le dépouillement au niveau de la réalisation est un choix esthétique ou le fait d’un manque d’implication du réalisateur.
Par son approche, Brian Gilbert se rapproche en effet plus de la vague du cinéma fantastique espagnol (le thème de l’orphelinat rappelle L'échine du diable) que de ses confères américains. Ou alors, il faut regarder en arrière vers un Carnival of Souls, auquel on ne peut s’empêcher de penser au visionnage des Témoins : lorsque Cassie voit ces personnes qui la fixent mais qu’elle semble seule à voir ou encore la fête du village vers la fin du métrage qui rappelle le manège de Carnival Of Souls.
Le twist final, sans être totalement innovant, reste digne d’intérêt et éclaire a posteriori différents éléments du film.