Le duo Spielberg-Hooper signe un classique du film de maison hantée, effrayant, spectaculaire et très ironique. Le tout servi par une mise en scène parfaite, tout comme les effets spéciaux, l'interprétation et la musique.
Il est un thème du fantastique particulièrement « casse-gueule »: celui de la maison hantée. En effet tout a été dit sur le sujet dans les années 60 avec Les innocents et La maison du diable. Difficile d’innover après ces deux classiques. Kubrick l’a fait en 1980 avec Shining, mais c’est Kubrick ! Alors quand en 1982 Spielberg s’attaque au sujet, on s’attend forcément à du sensationnel.
Les Freeling sont une famille américaine des plus ordinaires. Steve et Diane mènent une vie paisible dans leur nouvelle maison à Cuesta Verde avec leurs trois enfants Dana, Robbie et la petite Carol Anne, 5 ans. Celle-ci prend la drôle d’habitude de parler à la télévision, mais rien de bien inquiétant... jusqu’à ce que des phénomènes bizarres se produisent dans la maison, des phénomènes que Carol Anne attribue aux « gens de la télé ». Une nuit Carol Anne disparaît, mais elle semble toujours être dans la maison. Avec les « gens de la télé ».
Disons-le sans détour : Poltergeist est une réussite. Il parvient à raconter une histoire forte, émouvante et terrifiante grâce à un scénario très bien construit et une mise en scène efficace et inspirée. Certes il n’évite pas une certaine surenchère (l’arbre, le clown) mais ce ne sont que quelques bémols au milieu de nombreux dièses. Il faut dire que les initiateurs du projet avaient mis tous les atouts dans leur manche. En 1982 Tobe Hooper n’est pas un inconnu. Son mythique Massacre à la tronconneuse constitue une assez bonne carte de visite pour que lui soit confié son premier gros budget. Spielberg produit et co-écrit le film (la rumeur dit qu’il a aussi pris la place d’Hooper sur plusieurs scènes). Pour l’anecdote Spielberg a été énormément influencé par l’épisode « Little girl lost » de la série La Quatrième dimension. C’est bien entendu Industrial Light and Magic qui se charge des nombreux effets spéciaux. Quant à la musique c’est le maître Jerry Goldsmith qui livre là un de ses meilleurs scores.
Mais le succès du film ne se limite pas à la somme de ces talents. A mon avis si le film marche aussi bien c’est avant tout grâce aux personnages, tous très attachants (avec une mention pour la médium Tangina) et joués à la perfection par des acteurs peu connus. On suit leur parcours (plutôt leur calvaire) avec énormément d’intensité. Ajoutons à cela quelques scènes devenues mythiques (les chaises de la cuisine, l’enlèvement de Carol Anne, le steak) et une fin incroyablement ironique, et on comprend mieux pourquoi Poltergeist est devenu lui aussi un classique du genre.
En résumé:
Le duo Spielberg-Hooper signe un classique du film de maison hantée, effrayant, spectaculaire et très ironique. Le tout servi par une mise en scène parfaite, tout comme les effets spéciaux, l'interprétation et la musique.
Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 7.58/10