La première scène donne le ton : la vedette de ce troisième opus n’est pas Candyman mais bien une de ses descendantes, Caroline McKeever, incarnée par Donna D'Errico, un pur produit Alerte à Malabu, avec pour principale carte de visite sa poitrine siliconée. Le réalisateur ne s’y trompe pas puisque Caroline nous apparaît pour la première fois en petite tenue avant de nous gratifier de son premier – et malheureusement ce ne sera pas le dernier – cri, digne d’une scream queen de mauvaise série B.
Autant dire donc que le casting est assez déplorable (dommage pour Wade Williams (Ken Park) qui avait donné un peu de consistance à son rôle d’inspecteur mais qui apparaît d’autant plus à contre-courant vu la prestation des autres). Tony Todd lui-même est un boogeyman sans masque, mais c'est tout comme puisque son interprétation est particulièrement fade : apparitions limitées, dialogues insipides… Certains plans, avec des cieux aux couleurs appuyées ou encore une station de métro désaffectée, nous rappellent bien le premier opus mais ce sont là les seuls éléments qui ne font qu’esquisser un semblant de cauchemar urbain, car même le score de Philip Glass a disparu. Pour le reste…
Certains meurtres de Candyman restent graphiquement intéressants mais, arrivé au troisième opus, le spectateur attend autre chose, tant en termes de quantité que de qualité. Décidément, ce Candyman manque cruellement d’imagination puisqu’il ne sait tuer qu’avec son crochet. Pour compenser la pauvreté en effets sanglants, Turi Meyer nous offre quelques femmes dénudées mais le compte n’y est pas.
Le scénario, mêlant folklore vaudou et enquête policière – avec, comme il se doit, des soupçons qui se portent sur l'innocente descendante –, se suit avec un désintérêt profond et, pour le coup, n’apparaît bien que comme un prétexte pour ressusciter Candyman.
Faire intervenir une bande de pseudo-sataniques gothiques en fin de métrage est une nouvelle faute de goût pour un film qui laisse un arrière-goût de chant du cygne pour la franchise.