Mark Steven Johnson, auto-proclamé "fan absolu devant l'éternel du comics", commet l'irréparable et livre un film bancal, parsemé de quelques bonnes idées pas assez exploitées. Dommage...
Le réalisateur Mark Steven Johnson semblait partir avec les meilleurs intentions
du monde par rapport au projet d'adaptation de Daredevil. Clamant à qui veut
l'entendre qu'il est le plus grand fan de l'homme sans peur, Mark Steven Johnson
batailla sèverement pour s'imposer devant l'autre réalisateur pressenti par
la production : Chris Colombus. Face à ce dernier, la jeunesse et l'inexpérience
du jeune Mark Steven Johnson ne semblaient pas être de réels atouts. Pourtant,
et grâce à l'appui de son producteur, Mark Steven Johnson parvient à être embaucher
sur le projet, s'occupant de la mise en scène et de l'écriture du scénario.
Malheureusement, après la vision du résultat final, on en vient presque à se
demander si Chris Colombus n'aurait pas été un choix plus judicieux...
Un jeune garçon, Matt Murdock, est victime d'un accident qui le rend aveugle
à jamais. Effondré, son père décide de reprendre le "droit chemin"
et se lance à nouveau dans la boxe. Mais, à la suite d'un différent avec un
mafieux, le père de Matt est tué. Orphelin, Matt décide d'honorer la promesse
qu'il avait faite à son père : ne jamais renoncer. Des années plus tard, devenu
avocat, Matt partage sa vie entre la défense de personnes innocentes et la lutte
contre l'injustice sous les traits de Daredevil. La perte de l'un de ses cinq
sens décupla le pouvoir des quatre autres, offrant à Matt toutes les "armes"
nécessaires pour combattre la criminalité, personnifiée par le Caïd. Matt fait
bientôt la connaissance d'Elektra Natchios, la fille d'un riche personnage de
la haute société qui traite avec le Caïd..
Contrairement au Spider-Man de Sam Raimi, Daredevil se plante
dans les grandes largeurs en passant quasiment à côté de son matériau de base
: le comics originel. Qui doit-on blâmer ? Plusieurs choix imputables à Mark Steven Johnson, transforment
ce qui aurait pu être une belle transposition de l'univers de Daredevil en film
bancal. Le casting n'est déjà pas des plus réussi : Ben Affleck portant sur
ses épaules Matt Murdock/Daredevil est loin d'être convaincant, Colin Farrell
dans le rôle du Tireur agace plus qu'autre chose avec son cabotinage à outrance
et ses grimaces horribles,
Michael Clarke Duncan aurait pu faire un bon Caïd s'il avait été bien dirigé
par la bonne personne (en l'occurence, n'importe qui sauf Mark Steven Johnson),
enfin, Jennifer Garner, incarnant Elektra Natchios, se révèle être la seule
à s'octroyer quelques (rares) bonnes scènes. Mais voilà, le traitement de son
personnage laisse à désirer. Elle se transforme en une Elektra avide de vengeance
en quelques minutes (elle prend quand même la peine de s'entraîner un peu, histoire
de justifier ses cabrioles) et prend en grippe Daredevil, qu'elle croit responsable
de la mort de son paternel. Lorsqu'elle découvre son identité, ses soupçons
s'effacent en quelques secondes (la scène est vraiment bancale) et tombe dans
le bras de notre justicier planqué derrière un costume un peu craignos.
La mise en scène de Mark Steven Johnson n'est pas exempt de (rares) qualités
- même s'il emprunte plus aux autres qu'il n'innove réellement - mais dans les
scènes d'action, c'est vraiment "trop" par moment, tant et si bien
qu'on ne sait plus trop qui frappe qui. Au passage, et malgré son "entraînement"
avec un véritable aveugle, Ben Affleck, dans le costume de Daredevil, à peine
à nous faire croire à son handicap. Pourtant, dans de rares occasions, il réussit
parfaitement à transmettre au spectateur un chouia de sa détresse, du poids
de son handicap et de la manière dont il le "détourne"(la scène
sur le toit de l'immeuble avec l'Elektra, sous la pluie, est plutôt réussie
et touchante).
Au final Daredevil ne remplit pas vraiment son contrat et nous laisse
sur notre faim. Même le director's cut, avec ses 30 minutes de séquences supplémentaires/allongées,
n'apporte pas grand'chose (toujours ce même problème de rythme, surtout en fin
de métrage, avec ce final trop "expédié"). Il semble que Sam
Raimi et son homme-araignée restent indétrônables...
Mark Steven Johnson, auto-proclamé "fan absolu devant l'éternel du comics", commet l'irréparable et livre un film bancal, parsemé de quelques bonnes idées pas assez exploitées. Dommage...
Note du rédacteur: 5/10
Note moyenne de la rédaction : 5.25/10