Le renouveau du film de fantômes ! M. Night Shyamalan signe une oeuvre subtile, intelligente et parfaitement maîtrisée. Bruce Willis, Haley Joel Osment et Toni Colette sont pour beaucoup dans la réussite de ce film tout en suggestion.
Sixième Sens a fait l’effet d’une véritable bombe à sa sortie. Un succès mérité car le film est très réussi, mêlant un scénario astucieux à une mise en scène machiavélique.
L’histoire: Malcom Crowe, psychologue pour enfants, est victime de l’agression de Vincent, un ancien patient qu’il n’a pas pu aider quelques années plus tôt. Après avoir tiré sur le docteur, Vincent se suicide.
Un an plus tard Malcom rencontre Cole Sear, un garçon de huit ans taciturne, renfermé sur lui-même et en proie aux moqueries de ses camarades. Le psychologue va tenter de comprendre pourquoi cet enfant intelligent semble perpétuellement terrifié. De confidence en confidence Cole va lui révéler son terrible secret: il peut voir les fantômes.
La grande réussite de Sixième Sens tient surtout en ses personnages. Avec Malcom et Cole, M. Nignt Shyamalan (réalisateur et scénariste) nous offre la rencontre de deux solitudes qui cherchent à se défaire de leurs chaînes. Malcom est traumatisé par le suicide de Vincent dont il se sent coupable, ce qui provoque la déliquescence de son mariage. En aidant Cole il espère se racheter et faire taire ses démons intérieurs. Cole lui est tiraillé par l’envie de confier son secret à sa mère et par la peur qu’elle le prenne pour un fou. Il ne comprend pas pourquoi il est le seul à voir des fantômes et pense que personne ne peut l’aider.
Ces personnages sont très bien décrits et parfaitement incarnés à l’écran par des acteurs en état de grâce. Bruce Willis est étonnant de justesse et de retenue dans le rôle du psychologue. C’est à ce jour son meilleur rôle. Quand à Haley Joel Osment il est formidable. Il transformera l’essai deux ans plus tard dans A.I. de Spielberg. Mais j’ai eu un coup de cœur pour la performance de Toni Colette, impeccable en mère paumée et aimante.
Mais des personnages, aussi passionnants soient-ils, ne seraient rien sans un scénario et une mise en scène dignes de ce nom. En privilégiant l’atmosphère et les scènes intimistes aux scènes chocs (qui existent tout de même) Shyamalan a réussi à faire un film d’épouvante « à l’ancienne », adoptant la démarche de classiques comme La Maison du Diable ou Rosemary’s Baby où la terreur était créée par la suggestion plutôt que par les maquillages. Quant au scénario, malgré quelques facilités (les photographies, le froid) il est très prenant et emmène doucement le spectateur vers le dénouement final. Et quel dénouement ! Après l’avoir vu on ne pense qu’à une chose : le revoir encore et encore pour constater avec quelle maestria Shyamalan nous a mené en bateau. Du grand art !
Vous l’avez compris Sixième Sens est un film que j’aime beaucoup. Intelligent, terrifiant, émouvant, il est tout ce qu’on peut attendre d’un bon film d’épouvante. Shyamalan, en grand fan, se permet même un petit hommage à Spielberg et Poltergeist (la cuisine). Une coquetterie qu’on lui pardonnera aisément.
En résumé:
Le renouveau du film de fantômes ! M. Night Shyamalan signe une oeuvre subtile, intelligente et parfaitement maîtrisée. Bruce Willis, Haley Joel Osment et Toni Colette sont pour beaucoup dans la réussite de ce film tout en suggestion.
Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 8.29/10