Sharktopus Vs. Pteracuda

Voir la fiche complète du film : Sharktopus Vs. Pteracuda (Kevin O'Neill - 2014)
Portrait de Dante_1984
Publié par Dante_1984 le
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Au vu du pseudo-succès de Sharknado, Sharktopus revient sur le devant de la scène avec une suite qui joue dans la surenchère dans le domaine des aberrations génétiques, narratives et visuelles. Il en ressort un métrage informe truffé d’incohérences dont l’humour potache ne touche guère le plus indulgent des spectateurs.

Si le survival animalier est devenu la proie d’étrons cinématographiques depuis plusieurs années, il faut reconnaître que certains producteurs (au hasard, SyFy ou Asylum) sont parvenus à repousser les limites de l’absurde avec brio. On croirait presque que n’importe quel tâcheron muni d’une caméra peut s’improviser réalisateur. Une histoire, un concept? Ce n’est pas sous ces latitudes qu’on en trouvera. Avant que le genre n’entre dans une nouvelle dimension stratosphérique de la bêtise humaine avec Sharknado, Roger Corman nous avait infligé sa «vision» nullissime des squales et des pieuvres avec une créature hybride moche à pleurer. Le terrifiant Sharktopus!

Heureusement que ce n'est pas la taille qui compte...

Aussi vu et aussi vite oublié. C’est pourquoi l’homme délaisse Declan O’Brien pour Kevin O’Neill afin de diriger cette suite. Ce dernier nous concocte une piqûre de rappel avec un nouveau nanar ineffable. Cette fois-ci, une autre aberration (qui ne ressemble toujours à rien) tente de voler la vedette au Sharktopus, le mal nommé Pteracuda. Moitié ptéranodon, moitié barracuda, 100% débile! Au vu de la vacuité abyssale du scénario, cette confrontation aurait pu amener un peu de piments entre deux scènes chaotiques ennuyeuses au possible. Au pathétique de la situation s’ajoute la dégradation progressive des cellules grises des spectateurs les plus courageux (ceux qui restent jusqu’à la fin ou, à tout le moins, ont dépassé la moitié du film). Rien de surprenant en soit, juste une surenchère dans l’idiotie la plus pure.

Difficile de concevoir un «scénario» qui se résume à aligner deux ou trois lignes de textes en multipliant par dix le nombre d’incohérences. Si l’on n’accorde guère d’importance à l’histoire dans un tel cas de figure, il ne suffit pas d’enchaîner les séquences sans lien véritable pour faire un film. Sharktopus Vs Pteracuda lorgne sur les plates-bandes de la non moins catastrophique saga Mega Shark. Deux bestioles hideuses qui jouent autant des dents et des mâchoires pour se trucider que pour déguster des idiots finis. Or, le présent métrage tente de véhiculer une folie pleinement assumée. Élément désormais repris par la majorité des étrons qui exploitent le même filon sans l’once d’une idée (ou d’un neurone).

Votre attention, je vous prie. L'instant bronzette est annulé pour cause de bestioles moches.

Ça s’agite à tout-va, ça lance des répliques cinglantes et... ça se vautre de la plus lamentable des manières avec un néant qui gangrène chaque aspect du film. Peut-on parler d’effets spéciauxquand on mêle maladroitement du latex et des pixels? Il faudrait déjà que les créatures ressemblent à autre chose qu’à un mélange improbable de deux animaux aux antipodes! Outre un design conçu sous champignons hallucinogènes (ou toute autre substance illicite qui montre que l’abus de drogues engendre de graves déficiences mentales), les responsables de ces choses ne sont même pas capables de tirer parti de leurs facultés de prédateur.

Sous la surface, sur terre ou dans les airs, le danger s’avère une vaste blague où les animations sont stupéfiantes de raideurs. Le penseur de Rodin aurait plus de chance de se mouvoir avec grâce et volupté au fond de ces eaux putrides! Pour compléter un tableau déjà calamiteux, les affrontements sont d’une régularité exemplaire quand il s’agit de faire du grand n’importe quoi. Une gifle de nageoire d’un Pteracuda, ça ne s’invente pas! Jouer au volley-ball avec une tête décapitée, non plus. Regarder Sharktopus Vs Pteracuda, c’est comme écouter une blague qui tombe à plat (ou à l’eau, en l’occurrence). Fort heureusement (ou non), le ridicule ne tue pas.

Non, un Sharktopus ça ne se mange pas.

Afin d’agrémenter les hors-d’œuvre, le réalisateur aurait pu convenir d’apporter un minimum de chair fraîche. Or, celle-ci préfère se complaire dans d’infâmes dialogues plutôt que de mourir le plus vite possible. À défaut d’être sympa, le film aurait pu être fun. Là aussi, on ne peut que constater les dégâts. On s’ennuie par le biais de situations alambiquées et, lorsqu’on voit poindre un semblant d’action (très confuse, cela dit), on nous l’expédie en deux ou trois plans mal dégrossis. Explosions de gerbes d’hémoglobines, de cris agaçants possibles et de quelques membres éparpillés çà et là. Comme si cela n’était pas suffisant, les réactions des victimes sont aussi stupides qu’incompréhensibles.

Au final, Sharktopus Vs Pteracuda est le digne successeur de son aîné si l’on demeure dans les abysses de la nullité. On passera outre sur un scénario inexistant ou le jeu d’acteurs complètement dépassé par le peu d’événements qui les occupent. Si l’on sent poindre le nanar dans toute sa splendeur, le film de Kevin O’Neill se veut autant opportuniste que mal fichu. Les affrontements entre les deux monstres sont confus au possible. Créatures qui, au demeurant, semblent tout droit issues d’un cerveau malade. Qui a l’idée de rapprocher et de fusionner un ptéranodon et un barracuda? Déjà que le mix du requin et la pieuvre était proprement déplorable... Toujours est-il que la multiplication des incohérences et d’un ennui latent finit d’achever un survival animalier pitoyable. Pas même amusant.

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