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Le film gore

par Stéphane

 

S’il y a bien un genre que les aficionados du cinéma d’horreur aiment, c'est le genre « Gore ». Têtes explosées, tripes montrées hors du ventre, éclatement de cervelle, le gore est le paroxysme du cinéma d’horreur. Tout est montré, rien n'est suggéré, pour le plus grand plaisir des fans qui jubilent devant tant d'excès !

La petite histoire du Gore, c’est tout de suite et c’est sur Horreur.Net !!

La naissance du cinéma GORE

C’est le Français George Méliès qui dès le début du cinéma utilise des effets sanglants comme dans le « suicide du colonel Henry – 1899 » où l’on voit la chemise d’un officier couverte de sang. Un peu plus tard, David Griffith, dans « Intolérance – 1916 filmera des décapitations ainsi que la perforation d’un torse par une lance.

Mais la première scène vraiment gore, on la doit à Luis Bunuel qui dans « Un chien Andalou – 1928 » montre un œil en gros plan se faire découper par une lame de rasoir ! Un vrai choc, encore aujourd’hui !

Et puis plus rien, le cinéma n’ose plus montrer le sang. Est-ce la fin du gore ?

Le renouveau du GORE

C’est en Angleterre que le gore refait son apparition à la fin des années 50. A cette époque, la Hammer Films décide de réactualiser les films de monstres des années 30 de la Universal. En 57, Terence Fisher tourne « Frankenstein s’est échappé ! » et n’hésite pas à montrer des mains coupées, une cervelle prélevée sur un homme… La vague est lancée.

Les productions suivantes continueront de jouer la carte sanglante notamment avec « Le Cauchemar de Dracula – 1958 » où enfin, on voit les filets de sang s'échapper du cou des victimes du célèbre vampire.

L’Italie prend la relève avec Mario Bava et Le Masque du Démon – 1960 où dès la scène d’introduction, le sang, bien que filmé en noir et blanc, gicle sur le visage de la sorcière sur lequel on vient de clouer un masque de fer.

En France aussi, un film, également en noir et blanc, joue la carte du Gore. Les Yeux sans Visage – 1959 de Franju montre une opération chirurgicale pendant laquelle le médecin ôte le visage de sa victime, le tout en gros plan, après en avoir découpé le contours au scalpel.

1963 : le premier vrai film GORE

C’est à cette date en effet que surgit d’Amérique le premier film Gore de l’histoire du cinéma : « Blood Feast » d’Herschell Gordon Lewis. Un véritable ovni cinématographique, personne n’avait jamais rien vu d’aussi sanglant auparavant. Rien ne nous est épargné : tête fracassée, langue arrachée d’une bouche, amputations, arrachage de cœur, le sang coule à flots dans une belle couleur rouge ! La réalisation n’est pas formidable, les acteurs ne recevront jamais d'Oscars mais Blood Feast remporte un énorme succès, les drive-in sont pleins à craquer : le film Gore est lancé !!

L’après Blood Feast

Herschell Gordon Lewis va continuer de tourner des films ultra sanglants. Sa deuxième réalisation est nettement mieux filmée  et jouée : 2000 Maniacs – 1964 » nous raconte les déboires de touristes arrivés dans une petite ville habitée par ses fantômes. Ceux-ci vont s’amuser avec eux en organisant des jeux plutôt mortels. Suivra  Color me Blood Red, Grusome Twosome… En 1970, il réalise un chef-d’oeuvre du Gore « The Wizard of Gore » qui ne lésine pas sur les litres de sang et de tripes montrés à l’écran. Son dernier film est lui aussi ultra-sanglant, il s’agit de Gore-gore girls - 1972.

Le succès de ces petits films décide les grands studios de jouer aussi avec le liquide rouge. Avec « Bonnie and Clyde » et « La Horde Sauvage », les effets sanglants commencent à envahir les grosses productions même s’il ne coule pas autant que dans les films de Lewis.

En 68, un autre film marque le cinéma Gore de son empreinte : La Nuit des Morts-Vivants de Roméro débarque sur les écrans. Œuvre d’une très grande qualité, cette nuit montre des morts revenus à la vie mangés les humains. Un authentique chef d’œuvre qui marqua à jamais le film fantastique et d’horreur.

L’explosion du GORE

Les années 70 marque le déferlement du cinéma Gore sur les écrans. Brian de Palma tourne Sœurs de sang, Carrie, « Furie », le cinéaste canadien David Cronenberg livre des œuvres sanglantes et malsaines comme Frissons, Rage. George Roméro tourne Zombie, un chef d’œuvre absolu contenant des effets sanglants renversants du au génial Tom Savini, roi des fx gores. En Italie, c’est Dario Argento qui livre des films sanglants comme Suspiria, Les Frissons de l’Angoisse. Chez lui, les scènes sanglantes sont filmées comme des opéras baroques. Ou quand l’horreur devient un art…

Les films vont de plus en plus loin dans l’horreur et le réalisme. En 79, Lucio Fulci réalise L’Enfer des Zombies qui montre des scènes d’horreurs très impressionnantes. Il surenchérira dans ses films suivants : Frayeurs et L'Au-dela sont deux films ultra-sanglants, surtout le deuxième qui va très loin dans les plans horrifiques.

Un réalisateur va également choquer le monde entier en filmant de vrais massacres d’animaux dans son film. Cannibal Holocaust, considéré à juste titre comme le meilleur film de cannibales, montre en gros plans décapitations, festin de cannibales…Suivra Cannibal Ferox de Lenzi en 1980 qui voudra surpasser les excès du film de Ruggero Deodato en accumulant les scènes gores.

Joe d’Amato dans son Antropophagous ira très loin lui aussi en filmant le cannibale dévoré le fœtus qu’il vient de prélever du ventre de sa mère. Choc !

 

Les années 80

Ces années voient le débarquement du film de psychokiller sanglant avec tout d'abord Vendredi 13, puis Meurtres à la saint-valentin, et les suites de Vendredi 13. Les meurtres commis à l’arme blanche font jaillir un sang bien rouge. Le plus violent et le plus malsain des films de cette mouvance est sans conteste Maniac de William Lustig. Le tueur est complètement cinglé, les meurtres très sanglants et réalistes, la musique est un chef d’œuvre d’ambiance malsaine. On ne rigole pas dans ce film qui montre éventration, décapitation, explosion de tête au fusil à pompes…

Des petits films indépendants font aussi la joie des amateurs de sang frais. Frank Henenlotter tourne en 82 Frère de Sang tandis que Sam Raimi nous donne un véritable coup de poing dans l’estomac avec « Evil Dead ». Un monument du cinéma d’horreur, d’une grande efficacité malgré le peu de moyen dont disposait le réalisateur.

85 voit l’apparition d’une autre perle due à Stuart Gordon : Ré-Animator, un régal pour les yeux, bourré d’humour et de scènes sanglantes.

Toxic Avenger invente le comico-gore tandis que Street Trash fait de la prévention contre les excès de l’alcool !

En France, seul Alain Robak s’essaye au gore avec en 89 Baby Blood. En Angleterre, c’est le romancier Clive Barker qui nous livre un splendide film d'horreur Hellraiser.

Un nouveau choc nous viendra de Nouvelle-Zélande d’où débarque Bad Taste qui renoue avec les vrais films gore. Peter Jackson redonne ses lettres de noblesse au genre qui commençait à tomber dans le tout et n’importe quoi.

Il nous livrera ensuite le film le plus gore de l’histoire du cinéma avec Brain Dead où il annonce fièrement avoir déversé plus de trois mille litres de sang !!

      Où chercher le GORE aujourd’hui ?

Le film gore est devenu très rare de nos jours, surtout au cinéma où il a pratiquement disparu. L’avenir du Gore, il faut le chercher en vidéo. De nombreuses productions vraiment très gores sont disponibles sur support k7 comme « Nekromentik 1 et 2 », « Prémutos », « Violent Shit 2 », « The burning Moon », « Psycho Sisters », « Angel of Death ». L’Allemagne assure bien la relève, même si les films ne ressemble pas à des grosses productions, les amateurs de sang se délecteront de ses œuvres ultra-sanglantes.

 

 

      Filmographie sélective

Amazonia la jungle blanche, Angel of death, Antropophagous, l’Au-dela, Baby blood, Bad Taste, Blood Feast, Blue holocaust, Braindead, Cannibal ferox, Cannibal holocaust, Démons, Elmer le remue-méninges, l’Enfer des zombies, l’Eventreur de New-York, Evil Dead, Frayeurs, Frère de sang, Frissons, The gore-gore girls, Hellraiser 2, Horrible, The incredible torture show, Le jour des morts-vivants, Lèvres de sang, Macabre, La maison près du cimetière, Maniac, La morte-vivante, Nekromentik, La nuit des morts-vivants, Les prédateurs de la nuit, Prémutos, Les raisins de la mort, Ré-animator, Le retour des morts-vivants 3, Snuff, Street trash, Ténèbres, Toxic avenger, 2000 Maniacs, The wizard of gore, Violent shit 2, Zombie

9)      Quelques ouvrages en français

Le cinéma gore, une esthétique du sang de Philippe Rouyer aux éditions du CERF.
Gore, autopsie d’un cinéma de Marc Godin aux éditions du collectionneur.
Divers articles dans la revue Mad Movies

 

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