S’il y a bien un genre que les aficionados du cinéma
d’horreur aiment, c'est le genre « Gore ». Têtes explosées, tripes montrées hors
du ventre, éclatement de cervelle, le gore est le paroxysme du cinéma d’horreur.
Tout est montré, rien n'est suggéré, pour le plus grand plaisir des fans qui
jubilent devant tant d'excès !
La petite histoire du Gore, c’est
tout de suite et c’est sur Horreur.Net !!
La
naissance du cinéma GORE
C’est le Français George Méliès qui dès le début du cinéma
utilise des effets sanglants comme dans le « suicide du colonel Henry –
1899 » où l’on voit la chemise d’un officier couverte de sang. Un peu plus
tard, David Griffith, dans « Intolérance – 1916 filmera des décapitations ainsi que la
perforation d’un torse par une lance.
Mais la première scène vraiment gore, on la doit à Luis
Bunuel qui dans «
Un chien Andalou – 1928 » montre un œil en gros plan se
faire découper par une lame de rasoir ! Un vrai choc, encore
aujourd’hui !
Et puis plus rien, le cinéma n’ose plus montrer le sang.
Est-ce la fin du gore ?
Le renouveau du
GORE
C’est en Angleterre que le gore refait son apparition à la
fin des années 50. A cette époque, la Hammer Films décide de réactualiser les
films de monstres des années 30 de la Universal. En 57, Terence Fisher tourne
« Frankenstein s’est échappé ! » et n’hésite pas à montrer des mains
coupées, une cervelle prélevée sur un homme… La vague est
lancée.
Les productions suivantes continueront de jouer la carte
sanglante notamment avec « Le Cauchemar de Dracula – 1958 » où enfin, on
voit les filets de sang s'échapper du cou des victimes du célèbre
vampire.
L’Italie prend la relève avec Mario Bava et « Le Masque
du Démon – 1960 » où dès la scène d’introduction, le sang, bien que filmé en
noir et blanc, gicle sur le visage de la sorcière sur lequel on vient de clouer
un masque de fer.
En France aussi, un film, également en noir et blanc, joue
la carte du Gore. « Les Yeux sans Visage – 1959 » de Franju montre une
opération chirurgicale pendant laquelle le médecin ôte le visage de sa victime,
le tout en gros plan, après en avoir découpé le contours au
scalpel.
1963 : le premier vrai film
GORE

C’est à cette date en effet que surgit d’Amérique le
premier film Gore de l’histoire du cinéma : « Blood Feast » d’Herschell
Gordon Lewis. Un véritable ovni cinématographique, personne n’avait jamais rien
vu d’aussi sanglant auparavant. Rien ne nous est épargné : tête fracassée,
langue arrachée d’une bouche, amputations, arrachage de cœur, le sang coule à
flots dans une belle couleur rouge ! La réalisation n’est pas formidable, les
acteurs ne recevront jamais d'Oscars mais Blood Feast remporte un énorme succès,
les drive-in sont pleins à craquer : le film Gore est
lancé !!
L’après Blood
Feast
Herschell Gordon Lewis va continuer de tourner des films
ultra sanglants. Sa deuxième réalisation est nettement mieux filmée et jouée :
« 2000 Maniacs – 1964 » nous raconte les déboires de touristes arrivés
dans une petite ville habitée par ses fantômes. Ceux-ci vont s’amuser avec eux
en organisant des jeux plutôt mortels. Suivra Color me Blood Red,
Grusome Twosome…
En 1970, il réalise un
chef-d’oeuvre du Gore « The Wizard of Gore » qui ne lésine pas sur les
litres de sang et de tripes montrés à l’écran. Son dernier film est lui aussi
ultra-sanglant, il s’agit de « Gore-gore girls -
1972 ».

Le succès de ces petits films décide les grands studios de
jouer aussi avec le liquide rouge. Avec « Bonnie and Clyde » et « La
Horde Sauvage », les effets sanglants commencent à envahir les grosses
productions même s’il ne coule pas autant que dans les films de
Lewis.
En 68, un autre film marque le cinéma Gore de son
empreinte : « La Nuit des Morts-Vivants » de Roméro débarque sur les
écrans. Œuvre d’une très grande qualité, cette nuit montre des morts revenus à
la vie mangés les humains. Un authentique chef d’œuvre qui marqua à jamais le
film fantastique et d’horreur.
L’explosion du
GORE

Les années 70 marque le déferlement du cinéma Gore sur les
écrans. Brian de Palma tourne « Sœurs de sang », « Carrie »,
« Furie », le cinéaste canadien David Cronenberg livre des œuvres
sanglantes et malsaines comme « Frissons », « Rage ». George
Roméro tourne « Zombie », un chef d’œuvre absolu contenant des effets
sanglants renversants du au génial Tom Savini, roi des fx gores. En Italie,
c’est Dario Argento qui livre des films sanglants comme « Suspiria »,
« Les Frissons de l’Angoisse ». Chez lui, les scènes sanglantes sont
filmées comme des opéras baroques. Ou quand l’horreur devient un
art…

Les films vont de plus en plus loin dans l’horreur et le
réalisme. En 79, Lucio Fulci réalise « L’Enfer des Zombies » qui montre
des scènes d’horreurs très impressionnantes. Il surenchérira dans ses films
suivants : « Frayeurs » et « L'Au-dela » sont deux films
ultra-sanglants, surtout le deuxième qui va très loin dans les plans
horrifiques.

Un réalisateur va également choquer le monde entier en
filmant de vrais massacres d’animaux dans son film. « Cannibal
Holocaust », considéré à juste titre comme le meilleur film de cannibales,
montre en gros plans décapitations, festin de cannibales…Suivra « Cannibal Ferox » de Lenzi en 1980 qui
voudra surpasser les excès du film de Ruggero Deodato en accumulant les scènes
gores.
Joe d’Amato dans son « Antropophagous » ira très
loin lui aussi en filmant le cannibale dévoré le fœtus qu’il vient de prélever
du ventre de sa mère. Choc !
Les années
80
Ces années voient le débarquement du film de psychokiller
sanglant avec tout d'abord « Vendredi 13 », puis « Meurtres à la
saint-valentin », et les suites de Vendredi 13. Les meurtres commis à l’arme
blanche font jaillir un sang bien rouge. Le plus violent et le plus malsain des
films de cette mouvance est sans conteste « Maniac » de William Lustig.
Le tueur est complètement cinglé, les meurtres très sanglants et réalistes, la
musique est un chef d’œuvre d’ambiance malsaine. On ne rigole pas dans ce film
qui montre éventration, décapitation, explosion de tête au fusil à
pompes…
Des petits films indépendants font aussi la joie des
amateurs de sang frais. Frank Henenlotter tourne en 82 « Frère de Sang »
tandis que Sam Raimi nous donne un véritable coup de poing dans l’estomac avec
« Evil Dead ». Un monument du cinéma d’horreur, d’une grande efficacité
malgré le peu de moyen dont disposait le réalisateur.

85 voit l’apparition d’une autre perle due à Stuart
Gordon : « Ré-Animator », un régal pour les yeux, bourré d’humour et de
scènes sanglantes.
« Toxic Avenger » invente le comico-gore tandis que
« Street Trash » fait de la prévention contre les excès de
l’alcool !
En France, seul Alain Robak s’essaye au gore avec en 89
« Baby Blood ». En Angleterre, c’est le romancier Clive Barker qui nous
livre un splendide film d'horreur « Hellraiser ».

Un nouveau choc nous viendra de Nouvelle-Zélande d’où
débarque « Bad Taste » qui renoue avec les vrais films gore. Peter
Jackson redonne ses lettres de noblesse au genre qui commençait à tomber dans le
tout et n’importe quoi.
Il nous livrera ensuite le film le plus gore de l’histoire
du cinéma avec « Brain Dead » où il annonce fièrement avoir déversé plus
de trois mille litres de sang !!

Où chercher le GORE
aujourd’hui ?
Le film gore est devenu très rare de nos jours, surtout au
cinéma où il a pratiquement disparu. L’avenir du Gore, il faut le chercher en
vidéo. De nombreuses productions vraiment très gores sont disponibles sur
support k7 comme « Nekromentik 1 et 2 », « Prémutos »,
« Violent Shit 2 », « The burning Moon », « Psycho
Sisters », « Angel of Death ». L’Allemagne assure bien la relève,
même si les films ne ressemble pas à des grosses productions, les amateurs de
sang se délecteront de ses œuvres ultra-sanglantes.
Filmographie
sélective
Amazonia la jungle blanche, Angel of death, Antropophagous,
l’Au-dela, Baby blood, Bad Taste, Blood Feast, Blue holocaust, Braindead,
Cannibal ferox, Cannibal holocaust, Démons, Elmer le remue-méninges, l’Enfer des
zombies, l’Eventreur de New-York, Evil Dead, Frayeurs, Frère de sang, Frissons,
The gore-gore girls, Hellraiser 2, Horrible, The incredible torture show, Le
jour des morts-vivants, Lèvres de sang, Macabre, La maison près du cimetière,
Maniac, La morte-vivante, Nekromentik, La nuit des morts-vivants, Les prédateurs
de la nuit, Prémutos, Les raisins de la mort, Ré-animator, Le retour des
morts-vivants 3, Snuff, Street trash, Ténèbres, Toxic avenger, 2000 Maniacs, The wizard of gore, Violent shit
2, Zombie
9) Quelques ouvrages en
français
Le cinéma gore, une esthétique du sang » de
Philippe Rouyer aux éditions du CERF.
Gore, autopsie d’un cinéma » de Marc Godin
aux éditions du collectionneur.
Divers articles dans la revue Mad
Movies
