II ) Frankenstein
A/ La Genèse
A 19 ans, en 1818, la jeune Mary
Shelley écrit un roman qui servira de référence à plus d’une centaine de
films : Frankenstein. Aidé par le succès de « Dracula » en 1931,
la Universal charge Robert Florey de tirer un scénario du roman de Shelley. 21
minutes de film sont tournés avec Bela Lugosi dans le rôle de la créature. Le
maquilleur Jack Pierce avait déjà préparé le fameux maquillage du monstre. Mais
les séquences ne plaisent pas à la firme et elle décide de changer
l’équipe : ce sera James Whale le directeur et le monstre sera joué par un
certain Boris Karloff dont la stature et le visage correspondent mieux au rôle
du monstre.

B/
L’Histoire
Le docteur Henry Frankenstein a
une obsession morbide : créer la vie artificiellement. Avec l’aide de son
serviteur Fritz, un nain bossu, il vole des corps dans les cimetières, ceux-ci
lui fournissant les matières premières dont il a besoin pour mener à bien son
expérience. Il ordonne à Fritz de voler un cerveau à la Faculté de Médecine.
Celui-ci s ‘exécute mais prend par erreur le cerveau d’un criminel.
Pendant ce temps, la fiancée du
docteur, Elizabeth, ainsi que Victor, son meilleur ami, se préoccupe de la
santé d’Henry qui reste enfermé dans son laboratoire.
Le docteur Frankenstein prépare
son expérience, sentant qu’un orage va approcher et lui donnera l’énergie dont
il a besoin pour faire vivre la Créature qu’il a construite à l’aide des
morceaux de cadavres. Il effectue rapidement le branchement électrique et la
foudre vient frapper les électrodes reliées à sa création. Devant ses yeux
ahuris, le corps inerte prend vie ! Le Monstre ainsi créé est alors
enfermé dans un vieux donjon. Fritz prend un malin plaisir à torturer la pauvre
créature. Découvrant la colère, le Monstre tue le bossu en l’étranglant. Henry
parvient avec peine à maîtriser sa création. Il sombre dans la dépression, ne
sachant quoi faire du Monstre qu’il a engendré. Il quitte son laboratoire et
retourne dans sa maison pour se soigner. Il raconte son expérience au Dr.
Waldman qui jure de tuer la créature. Henry est de nouveau serein et va se marier
avec Elizabeth. Mais le jour de son mariage, il apprend que le Monstre a tué
Waldman et s’est échappé. La créature découvre le monde et noie une petite
fille, croyant qu’elle allait flotter comme les fleurs qu’elle avait jeté dans
l’eau. Il retourne au village et entre dans la maison des Frankenstein et
terrorise Elizabeth. Tous les habitants sont en émoi en découvrant le père de
la fillette portait le petit corps inanimé. Henry se joint aux paysans qui
organisent une battue afin de tuer le Monstre. Henry se retrouve seul face à
lui dans un vieux moulin. Ils se battent sur le toit de celui-ci. Frankenstein
est projeté à terre. Les villageois mettent alors le feu au moulin qui détruit
apparemment la créature. Henry se soigne et épouse Elizabeth.

C/ La Critique
Frankenstein est un réel
classique du film d’épouvante. Cela est du à la réalisation de James Whale mais
surtout au jeu des acteurs. Colin Clive interprète un excellent Frankenstein et
Karloff « EST » le monstre, rendu superstar grâce au merveilleux maquillage
de Pierce.
Dans ce film, le réalisateur
essaye de nous rendre le monstre sympathique, mettant en avant tout ce qui peut
nous rallier à sa cause : un cerveau défaillant, une ignorance du bien et
du mal…Le monstre n’est pas responsable de ses actes puisqu’il n’a pas eu
d’éducation. La scène la plus émouvante est celle de la petite fille ou le
monstre, après avoir regardé des fleurs flotter sur l’eau prend l’enfant dans
ses bras et la jette à l’eau pour la faire flotter également. Son visage est marqué
par une incompréhension absolue quand il ne la voie pas remonter à la surface.
Il est totalement désemparé et Karloff joue admirablement bien la scène. On
prend pitié pour la créature, sachant que les villageois ne lui pardonneront
pas un tel acte.
Un grand film que tout fan de
film d’épouvante se doit de posséder.

D/ Notes
•Le maquilleur Jack Pierce est mort
en 68. Au cours des années 30, c’est lui qui créé les maquillages des
productions d’horreurs.
•Le film a constitué l’un des plus
gros succès de l’année 1931.
•La scène avec la petite fille
n’est pas présente dans toutes les versions, Karloff lui-même voulant la
supprimer. Sans cette séquence, le film perd en intensité dramatique.
•Dans la vidéo française sortie
dans la collection Universal Monsters, elle ne figure pas dans le film, de même
que la phrase « je sais ce que ça fait d’être Dieu » prononcé par
Frankenstein quand son expérience réussie et qui avait fortement choqué à
l’époque.
•Hésitant sur le dénouement, la
Universal tourna deux fins, une optimiste et l’autre pessimiste. Craignant les
réticences du public, on conserva la fin ou le docteur survit.
•Karloff était intéressé par ce
rôle car il était muet et qu’il fallait faire passer des émotions sans la
parole mais grâce au jeu d’acteur. Mission largement accomplie !