Dossier réalisé par Stéphane en 2000.
Version revue
et corrigée par Laurent en avril 2008.
Le personnage du mort-vivant n’est pas récent dans le cinéma
d’horreur. Déjà en 1932, il faisait son apparition au côté de Bela Lugosi dans
White Zombie.
Ila ensuite envahit le grand écran sous la forme d’être au teint blafard, à
la démarche mécanique, robotisé, ne désirant qu’une seule chose : manger ! Ressuscitant
au départ grâce à la magie vaudou (I
Walked with a Zombie – 1943, Voodoo
Man – 1944, L’invasion
des Morts-Vivants – 1966) ou par la volonté d’extra-terrestres (Plan
9 from outerspace – 1959), le zombie connut une belle carrière cinématographique
avant d’être promu superstar en 1968 par un jeune réalisateur qui débarqua avec
un film en noir et blanc, au scénario pas très recherché mais avec un titre
des plus prometteur pour le fans de film d'horreur que nous sommes : La
Nuit des Morts-Vivants !
GEORGE A. ROMERO
Le
petit George Andrew Romero est né le 4 février 1940 à Pittsburgh. Il fait son
éducation au Carnegie-Mellon Institute et s’intéresse à l’art et au théâtre.
Grand admirateur de Boris Karloff, il réalise des petits courts-métrages en
8mm, puis des films pour l’industrie et le commerce, devient commentateur sportif
à la télévision avant de se lancer dans son premier vrai projet de cinéma.
Avec l’aide de son ami John Russo, ils écrivent un scénario dans lequel un rayon
venant du cosmos fait revivre les morts qui se mettent à attaquer les vivants.
Il commence le tournage de Night of the Flesh Eaters. Produit avec la
somme ridicule de 150,000 $ et re-titré The Night of the Living-Dead
par le distributeur, le film sortira en 1968 et deviendra un formidable film
culte. Il tournera ensuite des petits films comme Hungry Wives ou The
Crazies (en français: La Nuit des fous-vivants, les producteurs ayant
voulu surfer sur le succès des morts-vivants) avant de livrer deux films
d’horreurs la même année. En 1978 sort donc Martin
dans lequel un jeune garçon est convaincu d’être un vampire, et le fantastique
Zombie
– Dawn of the Dead, la suite de La nuit des morts-vivants.
Viendra ensuite Knightriders
en 81. En 1982, il s’associe à Stephen King pour réaliser un film en l’honneur
des bandes-dessinées d’horreurs américaines. Ce sera Creepshow qui
eut un très bon accueil de la part des fans. 1985 verra l'arrivée du troisième
volet de sa saga des morts-vivants avec Le
Jour des Morts-Vivants où le maquilleur Tom Savini se surpasse dans
l’horreur visuelle. Il réalise ensuite un excellent film dans lequel le héros
paralysé est victime de son petit singe qui est sensé l’aidé. Incident
de Parcours, malgré son titre français débile est une vraie réussite. Il
reprend contact avec Dario Argento qui avait produit Zombie et il réalise
ensemble un film à sketches Deux
Yeux Maléfiques – 1990 inspiré par l’œuvre d’Edgar Poe. Il adapte
un livre de Stephen King en 1993: La
Part des Ténèbres. Sept ans plus tard, Bruiser
sort péniblement sur les écrans et l'echec est grand, tant public que critique.
Romero revient donc à ce qui a fait son succès: 2005 voit la sortie de Land
of the Lead: le territoire des morts, quatrième volet de sa célèbre franchise,
puis en 2008 sort Diary
of The Dead.
LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (The Night of the Living
dead)
Réalisé par George A. Roméro
Scénario : George A. Roméro,
John Russo
Interprètes : Duane Jones (Ben), Judith O’Dea (Barbara), Karl
Hardman (Harry Cooper), Russell Streiner (Johnny), Marilyn Eastman (Helen Cooper),
Judith Riley (Karen Cooper), Keith Wayne (Tom)…
Producteurs : Russell Streiner,
Karl Hardman.
1968
: date-clé dans de nombreux domaines. En France, les étudiants lancent des pavés
contre les forces de l’ordre, le festival de Cannes est interrompu pour cause
de « révolution » et sur les écrans sort un film au titre très accrocheur :
La nuit des morts-vivants. Fait étrange, le film est réalisé en noir
et blanc mais cela n’aura que plus d’impact sur les images qui vont défiler
sur l'écran… Un choc pour de nombreux spectateurs et un nouveau sommet pour
le cinéma fantastique…
Johnny et sa sœur Barbara se rendent en voiture dans le cimetière
où est enterré leur père. Une forme apparaît entre les tombes et Johnny fait
de l’humour en disant à sa sœur « Ils viennent pour toi, Barbara ! ». Mais ce
qui n’était qu'une blague se transforme vite en cauchemar. L’être au visage
cadavérique s’attaque à Barbara et essaye de la mordre au bras. En essayant
de l’aider, Johnny se cogne le crâne contre une pierre tombale et reste évanoui.
Hurlant de peur, Barbara se précipite à la voiture mais n’arrive pas à la démarrer,
le zombie continuant à vouloir la tuer. Elle s’enfuit et se réfugie dans une
petite maison apparemment abandonnée. Elle fera la connaissance de Ben, un noir
qui s'est réfugié également dans cette maison pour échapper aux assauts des
zombies. Ils seront rejoint par une famille de trois personnes et un autre couple
qui s’étaient cachées à l’intérieur de la cave. Une dispute s’engage entre Ben
et le père de famille qui préfèrerait rester enfermé en attendant que la situation
se calme. Mais les zombies commencent à encercler la maison et tous les occupants
s’affairent à consolider les entrées. De plus en plus nombreux, les morts-vivants
essayent de prendre d’assaut la maison. Barbara reconnaît son frère, devenu
zombie. Une longue nuit de terreur commence pour Barbara, Ben et les autres…

Un chef d’œuvre, qui révolutionna le genre en 68. Le film
étant en noir et blanc, on a l’impression d’assister à un documentaire, d’autant
qu’aucun des acteurs, mis à part Ben et Barbara, ne sont connus. Roméro a aussi
fait très fort en choisissant un acteur noir pour en faire le héros de son film.
Les scènes de cannibalismes sont très cru et fort impressionnantes. On n’avait
jamais vu ça dans un film de zombies auparavant. La scène ou la petite fille
tue sa mère à coups de truelle est malsaine et traumatisante. La nuit des morts-vivants
est aussi une amère critique du monde technologique et de ses expériences. L’idée
d’avoir refusé le happy-end à la fin renforce encore la puissance du film et
laisse une ouverture pour la suite de la franchise.


ZOMBIE (Dawn of the Dead)
Réalisé par George A. Roméro
Scénario : George A. Roméro
Interprètes
: David Emge (Stéphen), Ken Foree (Peter), Scott Reiniger (Roger), Gaylen Ross
(Fran), Tom Savini (Un Hell’s Angel)…
Producteur : Richard P. Rubinstein.
En
1978, George Roméro décide de donner une suite à son chef-d’œuvre. Il s’associe
à Dario Argento qui sera le producteur et commence le tournage de Dawn of
the Dead. Il appelle le talentueux maquilleur Tom Savini, spécialisé dans
les effets sanglants et livre au monde du cinéma d’horreur le film culte que
l’on connaît, véritable référence du film de morts-vivants, souvent copié mais
jamais égalé. Après La Nuit, vient Le Crépuscule des Morts-Vivants…
Tous les morts reviennent à la vie et des commandos
spéciaux sont chargés de les exterminés en leur mettant une balle dans la tête.
C’est la panique dans le monde, la loi martiale a été déclarée. Les hommes politiques
débattent sur cet épineux problème. Stéphane, un pilote d’hélicoptère, vient
rejoindre sa fiancée sur un plateau de télé pour l’emmener loin d’ici. Ils attendent
Roger, un ami, membre des commandos. Celui-ci doit d’abord faire évacuer un
ghetto portoricain dont les occupants conservent les cadavres. A l’intérieur,
c’est l’horreur. Le commando élimine un à un les zombies, toujours plus nombreux.
Roger fait la connaissance de Peter, un noir qui fait parti d’une autre section
que la sienne. Il lui propose de partir avec ses deux amis en hélicoptère. Peter
accepte. Les quatre compagnons s’envolent vers une direction inconnue. Dans
les alentours, les mêmes scènes se reproduisent : les morts déambulant sont
abattus par des milices qui protègent la population. Après avoir fait un arrêt
pour remettre de l’essence et à l’occasion tuer quelques zombies, l’hélicoptère
se pose sur le toit d’un supermarché apparemment tranquille. Les amis décident
de s’y installer. Malgré la présence de zombies dans les couloirs, Peter et
Roger explorent le supermarché et rapportent des vivres. Les deux amis vont
ensuite se servir de camions pour bloquer les entrées du supermarché. Roger
s’amuse à détruire les zombies qui traînent aux alentours en les percutant avec
son camion. Mais il oublie son sac dans son véhicule et doit retourner le chercher.
Victime de sa précipitation, il est mordu par un mort-vivant à la jambe. Sa
déchéance entraînera sa transformation en zombie et c’est son ami Peter qui
le délivrera de son sort en lui administrant une balle dans la tête, seul remède
contre cette forme de virus. La vie continue au sein du groupe restreint quand
une bande de pillards force les portes d’entrées pour dévaliser le magasin.
Stéphane ne veut pas les laisser faire et leur tire dessus. Un combat s’engage
entre le groupe, les pillards et les zombies. Stéphane, blessé, se retrouve
aux mains des zombies et meurt. Devenu l’un d’entres eux, il conduira sa horde
de morts-vivants vers Peter et Fran. Refusant le suicide, les deux survivants
du petit groupe s'enfuient en hélicoptère, laissant le supermarché aux zombies
dont les formes se découpent sous les lueurs du crépuscule… annonçant le jour
de leur avènement.

Un véritable western urbain que ce film. De l’action en pagaille,
des shoots sur les zombies qui transforment leurs crânes en geyser sanglant,
des scènes de cannibalismes bien écœurantes, une tension et un suspense bien
en place, bref, voici LE film de zombies qu’il faut avoir vu. Roméro continue
de critiquer la politique, en particulier quand il filme les débats télévisés,
et nous dit que les vrais responsables de ce cauchemar, eh bien, c’est nous
même. Tom Savini est au sommet de son art et se permet de figurer dans le film
pour mieux tuer ses créations. Les quatre héros sont bien choisis, chacun ayant
une personnalité bien définie. Peter réfléchi avant d’agir et va à l’essentiel.
Tout le contraire de Roger, qui se croit dans un champ de tir. Ceux qui ne réfléchisse
pas et agisse à la légère n’en réchapperont pas. Peter, lors d’une séquence
de dialogues, nous donne le pourquoi de l’invasion des zombies : « Quand il
n’y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur la Terre ! » Tout un
symbole et une phrase on ne peut plus prophétique. Les zombies du film déambulent
comme des robots mais Roméro essaye de les humaniser, certains se rappelant
des gestes qu’ils faisaient lorsqu’ils étaient encore en vie, comme pousser
un caddie par exemple. Ils accomplissent leurs actes par instinct. Cette humanisation
sera encore plus développé dans le troisième film de la série…


LE JOUR DES MORTS-VIVANTS (Day of the Dead)
Réalisé par George A. Roméro
Scénario : George A. Roméro
Interprètes
: Lori Cardille (Sarah), Terry Alexander (Rhodes), Joseph Pilato (Dr. Logan),
Richard Liberty (Bub), Jarlath Conroy (Miguel)…
Producteur : Richard P. Rubinstein.
C’est
en 1985 que George Roméro termine le troisième volet de sa saga des morts-vivants.
Logiquement intitulé Le Jour des Morts-Vivants, le film est très attendu
par les fans du monde entier qui voue un culte au réalisateur. Celui-ci ne les
décevra pas même si Day of the Dead est bien différent de Zombie.
Aux scènes d’actions non-stop du précédent, Romero choisi ici de jouer plus
sur la psychologie des personnages et le rythme du film est plutôt lent. Les
effets gores et les maquillages ont par contre repoussés encore les limites
de l’horreur viscéral.
La planète est sous la domination des zombies, chaque jour
plus nombreux. Un petit groupe de militaires et de chercheurs scientifiques
occupent une ancienne base de missiles situé sous la terre. L’autorité est représenté
par le militaire Rhodes, qui exerce une petite dictature au sein du groupe.
Quatre amis, Sarah, Miguel, John et Don essaye de se révolter contre la pression
de l’armée. Les militaires doivent chaque jour « s’approvisionner » en zombies
pour le compte du docteur Logan, surnommé Frankenstein, médecin qui se livre
à des expériences sur les morts afin de trouver une solution aux problèmes.Logan
espère pouvoir domestiquer les zombies. Pendant une opération de capture, Miguel
est mordu par une créature. La tension est de plus en plus vive entre civils
et militaires. Pour Rhodes, les travaux de Logan n’avancent pas assez vite.
Pourtant, le docteur semble avoir réussi à « apprivoiser » un zombie, qu’il
a surnommé Bub. Mais Rhodes découvre que Logan le nourrit avec ses soldats morts.
Il le tue ainsi que son assistant et, devenu hystérique, ordonne qu’on livre
Sarah et ses amis aux zombies. Avant de mourir, Miguel fera monter une plate-forme
à la surface et permettra à tous les zombies de pénétrer dans la base…

Beaucoup ont reproché
au film son rythme lent. Il n’en demeure pas moins que Day of the Dead
est un vrai film de zombies, à la dimension psychologique très poussée. Tom
Savini nous a concocté des effets spéciaux hallucinants de réalisme et va très
loin dans l’horreur graphique. Il est amusant de voir que dans ce film, ce sont
les humains qui sont sous terre et non les morts. Roméro critique aussi sévèrement
l’armée et le pouvoir. Le film tient au final toutes ses promesses !

LE TERRITOIRE DES MORTS (Land of the Dead)
Réalisé par George A. Roméro
Scénario : George A. Roméro
Interprètes
: Simon Baker (Riley), John Leguizamo
(Cholo), Dennis Hopper (Kaufman), Asia Argento (Slack), Robert Joy (Charlie)

Il
aura finalement fallu vingt ans pour que Romero nous livre un quatrième volet à sa
saga. Plusieurs longues années que Romero aura pris pour
modifier le scénario du film dans lequel il reprend des éléments qu'il n'avait pas
exploité dans
Le jour des morts-vivants.
Originellement, le film devait sortir peu de temps après le troisième volet
mais la production fut pris dans les années 1990 dans un development hell.
Avec le renouveau des
films de zombies (
Resident Evil,
28 jours plus tard) Romero obtint finalement
le soutien et le feu vert d'Universal.
Dans un avenir pas si lointain, une poignée de
survivants barricadés dans une ville bunker vit encore dans le souvenir
de l'ancien monde... Des zombies, qui désormais pensent et
communiquent, s'organisent pour prendre d'assaut la ville bunker.
Kaufman, autoproclamé chef des vivants, engage un commando de
mercenaires pour contrer les attaques de ces morts-vivants d'un genre
nouveau...

L'attente
aura eu du bon car ce quatrième volet, sans être un chef d'oeuvre, reste dans
la continuité de la saga. On y retrouve les ingrédients habituels des films
de Romero: action, gore et critique
sociale même si le
film manque sans doute de psychologie et de tension. Un cachet "onirique"
semble peser sur le métrage et malgré l'aspect rassurant du début du film, où
les humains semblent maîtriser la situation, celle-ci ne va pas tarder à prendre
un nouveau tour. Le danger venant d'une part de l'extérieur avec ces armées
de zombies, mais également de l'intérieur, où le mégalomane Kaufman abuse de
son pouvoir. A noter les apparitions de Tom Savini, qui revient dans le rôle d'un zombie motard, ainsi
que des réalisateurs de
Shaun of the Dead, qui, en zombies eux aussi, apparaissent brièvement dans un photomaton.
Les effets spéciaux et les maquillages sont cette fois-ci supervisés par Gregory Nicotero
(de KNB).


DIARY OF THE DEAD (Diary of the Dead)
Réalisé par George A. Roméro
Scénario : George A. Roméro
Interprètes
: Shawn Roberts (Tony), Megan Park
(Francine), Tatiana Maslany (Mary).
Un groupe d’étudiants tombent sur de vrais zombies alors qu’ils sont en train de tourner un film d’horreur dans les bois.
Au moment de la rédaction de ce dossier, nous n'avons
pas pu voir le métrage. Le cinquième volet de la saga sortira dans les salles
française le 25 juin 2008 prochain.