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DOSSIER:  LA TRILOGIE DES MORTS-VIVANTS DE GEORGE ROMERO

 Dossier réalisé par Stéphane

Le personnage du mort-vivant n’est pas récent dans le cinéma d’horreur. Déjà en 1932, il faisait son apparition au côté de Bela Lugosi dans « White Zombie ». Ila ensuite envahit le grand écran sous la forme d’être au teint blafard, à la démarche mécanique, robotisé, ne désirant qu’une seule chose : manger ! Ressuscitant au départ grâce à la magie vaudou (I Walked with a Zombie – 1943, Voodoo Man – 1944, L’invasion des Morts-Vivants – 1966) ou par la volonté d’extra-terrestres (Plan 9 from outerspace – 1959), le zombie connut une belle carrière cinématographique avant d’être promut superstar en 68 par un jeune réalisateur qui débarqua avec un film en noir et blanc, au scénario pas très recherché mais avec un titre des plus prometteur pour le fan de film d'horreur : La Nuit des Morts-Vivants !

I/ GEORGE A. ROMERO

Le petit George Andrew Romero est né le 4 février 1940 à Pittsburgh. Il fait son éducation au Carnegie-Mellon Institute et s’intéresse à l’art et au théâtre. Grand admirateur de Boris Karloff, il réalise des petits courts-métrages en 8mm, puis des films pour l’industrie et le commerce, devient commentateur sportif à la télévision  avant de se lancer dans son premier vrai projet de cinéma. Avec l’aide de son ami John Russo, ils écrivent un scénario dans lequel un rayon venant du cosmos fait revivre les morts qui se mettent à attaquer les vivants. Il commence le tournage de « Night of the Flesh Eaters ». Produit avec la somme ridicule de 150,000 $ et re-titré « The Night of the Living-Dead » par le distributeur, le film sortira en 1968 et deviendra un formidable film culte. Il tournera ensuite des petits films comme « Hungry Wives » ou  « The Crazies » avant de livrer deux films d’horreurs la même année.

En 1978 sort donc « Martin » dans lequel un jeune garçon est convaincu d’être un vampire, et le fantastique « Zombie – Dawn of the Dead », la séquelle de « La nuit… ». Viendra ensuite « Knightriders » en 81. En 1982, il s’associe à Stephen King pour réaliser un film en l’honneur des bandes-dessinées d’horreurs américaines. Ce sera « Creepshow » qui eut un très bon accueil de la part des fans. 1985 verra l'arrivée du troisième volet de sa saga des morts-vivants avec « Le Jour des Morts-Vivants » ou le maquilleur Tom Savini se surpasse dans l’horreur visuelle. Il réalise ensuite un excellent film dans lequel le héros paralysé est victime de son petit singe qui est sensé l’aidé. « Incident de Parcours », malgré son titre français débile est une vraie réussite. Il reprend contact avec Dario Argento qui avait produit Zombie et il réalise ensemble un film à sketches « Deux Yeux Maléfiques – 1990 » inspiré par l’œuvre d’Edgar Poe. Il adapte un livre de Stephen King en 1993, « La Part des Ténèbres » et on n’entend plus parler de lui. On espérait tous le retrouver aux commandes du film « Resident Evil » mais les producteurs lui préfère Paul Anderson. Une rumeur voudrait que le réalisateur se soit attelé à la réalisation du quatrième chapitre de sa saga des zombies. Patience donc…

II/ LA NUIT DES MORTS-VIVANTS

1968 : date-clé dans de nombreux domaines. En France, les étudiants lancent des pavés contre les forces de l’ordre, le festival de Cannes est interrompu pour cause de « révolution » et sur les écrans sort un film au titretrès accrocheur : La nuit des morts-vivants. Fait étrange, le film est réalisé en noir et blanc mais cela n’aura que plus d’impact sur les images qui vont défiler sur l'écran… Un choc pour de nombreux spectateurs et un nouveau sommet pour le cinéma fantastique…

 

            A / L’HISTOIRE

Johnny et sa sœur Barbara se rendent en voiture dans le cimetière où est enterré leur père. Une forme apparaît entre les tombes et Johnny fait de l’humour en disant à sa sœur « Ils viennent pour toi, Barbabra ! ». Mais ce qui n’était qu’une blague se transforme vite en cauchemar. L’être au visage cadavérique s’attaque à Barbara et essaye de la mordre au bras. En essayant de l’aider, Johnny se cogne le crâne contre une pierre tombale et reste évanoui. Hurlant de peur, Barbara se précipite à la voiture mais n’arrive pas à la démarrer, le zombie continuant à vouloir la tuer. Elle s’enfuit et se réfugie dans une petite maison apparemment abandonnée. Elle fera la connaissance de Ben, un noir qui s’est réfugié également dans cette maison pour échapper aux assauts des zombies. Ils seront rejoint par une famille de trois personnes et un autre couple qui s’étaient cachées à l’intérieur de la cave. Une dispute s’engage entre Ben et le père de famille qui préfèrerait rester enfermé en attendant que la situation se calme. Mais les zombies commencent à encercler la maison et tous les occupants s’affairent à consolider les entrées. De plus en plus nombreux, les morts-vivants essayent de prendre d’assaut la maison. Barbara reconnaît son frère, devenu zombie. Une longue nuit de terreur commence pour Barbara, Ben et les autres…

 

 

   B / LA CRITIQUE

Un chef d’œuvre, qui révolutionna le genre en 68. Le film étant en noir et blanc, on a l’impression d’assister à un documentaire, d’autant qu’aucun des acteurs, mis à part Ben et Barbara, ne sont connus. Roméro a aussi fait très fort en choisissant un acteur noir pour en faire le héros de son film. Les scènes de cannibalismes sont très cru et fort impressionnantes. On n’avait jamais vu ça dans un film de zombies auparavant. La scène ou la petite fille tue sa mère à coups de truelle est malsaine et traumatisante. La nuit des morts-vivants est aussi une amère critique du monde technologique et de ses expériences. L’idée d’avoir refusé le happy-end à la fin renforce encore la puissance du film et laisse une ouverture pour la suite de la trilogie…

 

 

III / ZOMBIE

En 1978, George Roméro décide de donner une suite à son chef-d’œuvre. Il s’associe à Dario Argento qui sera le producteur et commence le tournage de DAWN OF THE DEAD. Il appelle le talentueux maquilleur Tom Savini, spécialisé dans les effets sanglants et livre au monde du cinéma d’horreur le film culte que l’on connaît, véritable référence du film de morts-vivants, souvent copié mais jamais égalé. Après La Nuit, vient Le Crépuscule des Morts-Vivants… 

          

 

  A / L’HISTOIRE

 

Tous les morts reviennent à la vie et des commandos spéciaux sont chargés de les exterminés en leur mettant une balle dans la tête. C’est la panique dans le monde, la loi martiale a été déclarée. Les hommes politiques débattent sur cet épineux problème. Stéphane, un pilote d’hélicoptère, vient rejoindre sa fiancée sur un plateau de télé pour l’emmener loin d’ici. Ils attendent Roger, un ami, membre des commandos. Celui-ci doit d’abord faire évacuer un ghetto portoricain dont les occupants conservent les cadavres. A l’intérieur, c’est l’horreur. Le commando élimine un à un les zombies, toujours plus nombreux. Roger fait la connaissance de Peter, un noir qui fait parti d’une autre section que la sienne. Il lui propose de partir avec ses deux amis en hélicoptère. Peter accepte. Les quatre compagnons s’envolent vers une direction inconnue. Dans les alentours, les mêmes scènes se reproduisent : les morts déambulant sont abattus par des milices qui protègent la population. Après avoir fait un arrêt pour remettre de l’essence et à l’occasion tuer quelques zombies, l’hélicoptère se pose sur le toit d’un supermarché apparemment tranquille. Les amis décident de s’y installer. Malgré la présence de zombies dans les couloirs, Peter et Roger explorent le supermarché et rapportent des vivres. Les deux amis vont ensuite se servir de camions pour bloquer les entrées du supermarché. Roger s’amuse à détruire les zombies qui traînent aux alentours en les percutant avec son camion. Mais il oublie son sac dans son véhicule et doit retourner le chercher. Victime de sa précipitation, il est mordu par un mort-vivant à la jambe. Sa déchéance entraînera sa transformation en zombie et c’est son ami Peter qui le délivrera de son sort en lui administrant une balle dans la tête, seul remède contre cette forme de virus.

La vie continue au sein du groupe restreint quand une bande de pillards force les portes d’entrées pour dévaliser le magasin. Stéphane ne veut pas les laisser faire et leur tire dessus. Un combat s’engage entre le groupe, les pillards et les zombies. Stéphane, blessé, se retrouve aux mains des zombies et meurt. Devenu l’un d’entres eux, il conduira sa horde de morts-vivants vers Peter et Fran. Refusant le suicide, les deux survivants du petit groupe s'enfuient en hélicoptère, laissant le supermarché aux zombies dont les formes se découpent sous les lueurs du crépuscule… annonçant le jour de leur avènement.

 

B / LA CRITIQUE

Un véritable western urbain que ce film. De l’action en pagaille, des shoots sur les zombies qui transforment leurs crânes en geyser sanglant, des scènes de cannibalismes bien écœurantes, une tension et un suspense bien en place, bref, voici LE film de zombies qu’il faut avoir vu. Roméro continue de critiquer la politique, en particulier quand il filme les débats télévisés, et nous dit que les vrais responsables de ce cauchemar, eh bien, c’est nous même. Tom Savini est au sommet de son art et se permet de figurer dans le film pour mieux tuer ses créations. Les quatre héros sont bien choisis, chacun ayant une personnalité bien définie. Peter réfléchi avant d’agir et va à l’essentiel. Tout le contraire de Roger, qui se croit dans un champ de tir. Ceux qui ne réfléchisse pas et agisse à la légère n’en réchapperont pas. Peter, lors d’une séquence de dialogues, nous donne le pourquoi de l’invasion des zombies : « Quand il n’y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur la Terre ! » Tout un symbole et une phrase on ne peut plus prophétique. Les zombies du film déambulent comme des robots mais Roméro essaye de les humaniser, certains se rappelant des gestes qu’ils faisaient lorsqu’ils étaient encore en vie, comme pousser un caddie par exemple. Ils accomplissent leurs actes par instinct. Cette humanisation sera encore plus développé dans le troisième film de la série…

 

 

IV / LE JOUR DES MORTS-VIVANTS

 

C’est en 1985 que George Roméro termine le dernier volet en date de sa saga des morts-vivants. Logiquement intitulé « Le Jour des Morts-Vivants », le film est très attendu par les fans du monde entier qui voue un culte au réalisateur. Celui-ci ne les décevra pas même si Day of the Dead est bien différent de Zombie. Aux scènes d’actions non-stop du précédent, Romero choisi ici de jouer plus sur la psychologie des personnages et le rythme du film est plutôt lent. Les effets gores et les maquillages ont par contre repoussés encore les limites de l’horreur viscéral.

 

            A / L’HISTOIRE

La planète est sous la domination des zombies, chaque jour plus nombreux. Un petit groupe de militaires et de chercheurs scientifiques occupent une ancienne base de missiles situé sous la terre. L’autorité est représenté par le militaire Rhodes, qui exerce une petite dictature au sein du groupe. Quatre amis, Sarah, Miguel, John et Don essaye de se révolter contre la pression de l’armée. Les militaires doivent chaque jour « s’approvisionner » en zombies pour le compte du docteur Logan, surnommé Frankenstein, médecin qui se livre à des expériences sur les morts afin de trouver une solution aux problèmes.

Logan espère pouvoir domestiquer les zombies. Pendant une opération de capture, Miguel est mordu par une créature. La tension est de plus en plus vive entre civils et militaires. Pour Rhodes, les travaux de Logan n’avancent pas assez vite. Pourtant, le docteur semble avoir réussi à « apprivoiser » un zombie, qu’il a surnommé Bub. Mais Rhodes découvre que Logan le nourrit avec ses soldats morts. Il le tue ainsi que son assistant et, devenu hystérique, ordonne qu’on livre Sarah et ses amis aux zombies. Avant de mourir, Miguel fera monter une plate-forme à la surface et permettra à tous les zombies de pénétrer dans la base…

         

          B / LA CRITIQUE

 

Beaucoup ont reproché au film son rythme lent. Il n’en demeure pas moins que Day of the Dead est un vrai film de zombies, à la dimension psychologique très poussée. Tom Savini nous a concocté des effets spéciaux hallucinants de réalisme et va très loin dans l’horreur graphique. Il est amusant de voir que dans ce film, ce sont les humains qui sont sous terre et non les morts. Roméro critique aussi sévèrement l’armée et le pouvoir. Le film tient toutes ses promesses et achève, pour le moment, la meilleure trilogie du cinéma d’horreur !

 

 

 

 

 

 

V / FICHES TECHNIQUES

 

·       LA NUIT DES MORTS-VIVANTS (The Night of the Living dead)

Réalisé par George A. Roméro

Scénario : George A. Roméro, John Russo

Interprètes : Duane Jones (Ben), Judith O’Dea (Barbara), Karl Hardman (Harry Cooper), Russell Streiner (Johnny), Marilyn Eastman (Helen Cooper), Judith Riley (Karen Cooper), Keith Wayne (Tom)…

Producteurs : Russell Streiner, Karl Hardman.

 

·       ZOMBIE (Dawn of the Dead)

Réalisé par George A. Roméro

Scénario : George A. Roméro

Interprètes : David Emge (Stéphen), Ken Foree (Peter), Scott Reiniger (Roger), Gaylen Ross (Fran), Tom Savini (Un Hell’s Angel)…

Producteur : Richard P. Rubinstein.

 

 

·      LE JOUR DES MORTS-VIVANTS (Day of the Dead)

Réalisé par George A. Roméro

Scénario : George A. Roméro

Interprètes : Lori Cardille (Sarah), Terry Alexander (Rhodes), Joseph Pilato (Dr. Logan), Richard Liberty (Bub), Jarlath Conroy (Miguel)…

Producteur : Richard P. Rubinstein.

 

VI / QUELQUES AFFICHES

 

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