Voilà
indubitablement le Freddy le plus étrange de
la série! En effet, il se retrouve les fesses
entre deux chaises, l'une qui se place du côté
du premier épisode, sombre à l'ambiance oppressante,
et l'une du côté des autres volets de la série,
dans lesquels on peut voir un Freddy pseudo-comique
et par là même totalement à côté de la plaque.
Ce
deuxième volet part pourtant avec de très bonnes
intentions, le réalisateur Jack Sholder voulant
succéder avec brio à son prédécesseur Wes Craven,
qui dès le départ s'écarta du projet. Le problème
reste que le traitement demeure trop limité pour faire
de ce film une suite réussie. En effet, faire sortir
Freddy du monde des rêves et le faire intervenir
en "live" aurait pu faire partir la série
vers de bonnes choses. Mais hélas, la mise en scène
et le jeu d'acteurs handicapent le tout plus qu'autre
chose.
Mark Patton, qui interprète le héros Jesse,
n'est pas vraiment convaincant dans son rôle d'ado
tourmenté, tout comme sa copine Lisa, jouée par
Kim Myers, impressionnante sosie de Meryl Streep
jeune.
L'ambiance très "années 80" n'aide de
surcroît pas les choses. Il faut ainsi voir les
coupes des acteurs, ainsi que la scène devenue mythique
où Jesse range sa chambre en écoutant "Touch
me (all night long)" de Cathy Dennis: probablement
la scène la plus kitsch de tous les temps!
Outre
le fait que le réalisateur eut apparemment envie
de suivre l'ambiance du premier opus, un soin tout
particulier a été apporté au personnage de Freddy.
Bien que l'on en apprenne pas plus sur les origines
de ce croque-mitaine, ni
sur ses réelles motivations -si ce n'est de tuer
dans le monde réel cette fois-, notre boogeyman
possède une véritable carure, qu'il perdra malheureusement
dans les épisodes suivants au profit d'un costume
de "bon gars" qu'on souhaite voir tuer
à tout bout de champ. Ici, le personnage est beaucoup
plus sombre et aussi effrayant que dans le premier
épisode: il suffit de voir le maquillage et les
yeux absolument terrifiants de Freddy lors de la
scène de la fête.
De
plus, la scène finale dans l'entrepôt reste très
sympathique, l'ambiance suréaliste (les chiens
à la face humaine, Lisa n'arrivant plus à faire
la part entre ce qui fait parti du rêve et ce qui n'en
fait pas parti)
ajoutant un peu de piment au tout.
Au
final, malgré de nombreuses bonnes idées, le
film, aux empreints très "gay" (le
héros, interprété par un acteur lui-même homosexuel,
découvre ses premiers émois hétéro et homosexuels,
d'une part avec son entraineur et d'autre part
avec Lisa) reste dans l'ensemble très médiocre
pour rester dans les annales.
La
série, après ce premier accroc, repartira dans une
autre direction 2 ans plus tard avec Les
griffes du cauchemar.

Laurent
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