Elvis Presley vieux et malade, qui défend son hospice contre une momie aspirant les âmes par l'anus, aidé par un JFK noir, prétendant que son cerveau est remplacé par des sacs de sable? Improbable me direz vous... Et bien non. Don Coscarelli nous livre ici un film aux antipodes de ce qu'un tel scénario pourrait laisser présager.
Là où on s'attend à un rythme de cartoon et à des duels d'arts martiaux be_bop_ha_lullesques, l'histoire avance au rythme de ses héros grabataires et se situe essentiellement dans la maison de retraite et son jardin. On pourrait évidemment mettre en cause le probable budget rachitique dont disposait Coscarelli et pourtant...
Bubba_Ho_Tep joue justement de ses contraintes pour en tirer une force émotionnelle et des questionnements atypiques de façon absolument remarquable.
Elvis est rongé par la maladie, au même titre qu'il est diminué par une gloire perdue qu'il a autrefois troqué avec un sosie toxico mort à sa place. Ayant également raté sa deuxième chance, il a perdu le goût de s'accrocher à la vie du moins jusqu'à ce qu'un autre roi déchu vienne croiser sa route. Cette momie, allégorie de la Faucheuse qui, quoi de plus naturel, dévore les âmes des pensionnaires de l'hospice, va devenir alors une chance de salut, une nouvelle raison de d'exister pleinement, pour le King sans couronne. Le sursaut de la flamme avant la consummation finale.
La maladie, la vieillesse, la mort et les questionnements qu'elles engendrent en chacun quand elles se font plus pressantes. Voilà le fond de l'intrigue et pourtant...
On rit beaucoup, même si l'émotion nous serre parfois la gorge. L'humour absurde est onmiprésent, inscrit en filigranne du début à la fin. Deux petits vieux complètement mythos vus de l'extérieur, pouvant à peine se déplacer, et qui réglent son compte au roi des morts à grand coup de déambulateur. La momie écrit des trucs obscènes en hiéroglyphes sur les murs des toilettes et Presley qui craque de partout dès qu'il essaye la moindre prise de karaté. Imaginez un peu...
Le leitmotiv des gags mettant en scène les deux infirmiers transfèrant les macchabées dans le corbillard ( Coscarelli's touch hein! ) souligne le fait que devant l'innéluctable, l'humour est la seule chance de salut.
Est-il utile de préciser que pour soutenir une telle histoire, les interprètes ont dû mettre les bouchées doubles? Tous les acteurs sont parfaits mais on ne peut que s'incliner devant la performance bluffante de Bruce Campbell, à des années lumières des débordements d'Evil Dead et qui, malgrès tout, nous fait accepter d'emblée le fait qu'il soit le vrai Elvis. Maîtrisé dans ses moindres intonations (VO obligatoire) et dans les gestes les plus subtils, il nous compose ici un personnage incroyablement touchant et jamais carricatural. Il en oculterait presque son sidekick incarné par Ossie Davis, qui est cependant très convaicant lui aussi en Kennedy improbable. On retrouve même avec plaisir Reggie Bannister, un des héros des trois Phantasm, en administrateur de pension aigri...
Que ceux qui s'attendent à un film d'action fun et calibré passent leur chemin. Ils seront immanquablement déçus par le parti_pris de la lenteur. Les autres y verront non seulement une touche d'humour supplémentaire mais pénètrés en plus par une parabole sincère, ils reviendront en état de grâce!
J'ai eu l'occasion de voir ce film à l'édition 2005 du festival de Gerardmer et à la lecture du synopsis, je m'attendais à un bon film de série B. En effet, deux octogénaires (Elvis Presley et JF Kennedy ! Rien que ca !!!) doivent botter le cul à une momie (au look de cow-boy !!!) venu tout droit d'Egypte pour aspirer leures âmes par l'anus !
Et bien, non ! On se retrouve face à un film sans aucun effet gore, extremement drole, voir poétique (si !! si!!!). Bruce Campbell y incarne Elvis à la perfection.
Avec "Bubba Ho-Tep", Don Coscarelli frolle le chef d'oeuvre en nous proposant un film qui a un destin voué à devenir culte !
Un hospice de l'Amérique profonde est menacée par une terrible momie, Bubba Ho-tep, qui pour perdurer doit absorber l'énergie vitale de ses pensionnaires. Afin de la combattre, l'authentique Elvis et un noir qui se prend pour JFK unissent leurs forces.
Quel plaisir de revoir Bruce Campbell dans cet ovni décalé et totalement atypique. Des dialogues à mourir de rire, des personnages riches en émotions, des situations cocasses, Bubba ho-tep souffle un vent de fraîcheur dans la comédie horrifique en montrant paradoxalement des hommes en fin de vie. Mon coup de coeur de ces derniers mois.