Voici un film qui est une véritable curiosité. Il faut dire qu’avec Cronemberg on y est habitué. Ici, nous nous situons à une époque que l’on pourrait qualifier de moderne, ou la télévision est une nouvelle religion au sens théologique du terme. Ainsi, un jeune producteur télé, désireux de satisfaire ses ouailles , pardon ! ses téléspectateurs, s’intéresse de près à une nouvelle émission télé hyper-trash baptisé « Vidéodrome ». On a ici un film incroyablement visionnaire, car la télé d’aujourd’hui et le multimédia ne sont plus très loin de ce qui est décrit dans ce film : il suffit de voire la prolifération des émissions de téléréalité, ainsi que le succès des serveurs vidéos sur internet, avec leur homologue à contenu pornographique pour s’en convaincre. Bien sur, personne n’a jamais été torturé dans un reality show , ou assassiné sur une vidéo dans « You tube », ou du moins pas encore.. Et dans le film, on se rend compte que Vidéodrome est en train de dévorer notre ambitieux et pervers producteur brillement interprété par le fringuant James Wood qui décidément excelle dans les rôles de personnages troubles ou tordus. Dommage que le film soit un peu dur à comprendre, et que le scénario soit aussi peu étoffé, mais cette façon de faire est du Cronemberg tout craché.
Cela faisait des années que j'attendais de voir enfin ce fameux VIDEODROME dont tout le monde parle avec bonheur, comme étant un film envoutant. Et bien le moins que je puisse dire c'est le scénario est complètement taré. Je n'ai jamais bu une histoire aussi folle ! En effet, c'est complètement hors de la réalité et en même temps en plein dedans. Cette histoire d'onde qui crée des tumeurs permettant de controler les hallucinations des gens est tout simplement incroyable ! Il fallait donc une mise en scène à la hauteur et c'est chose faite. Elle est classique mais d'un classique nécessaire. D'un autre coté, c'est le génie de Cronenberg. Coté premier rôle, c'est parfait. James Woods est né pour ce rôle. Rien à dire donc de ce coté là. Seul point noir (cela dépend quel point de vue), c'est qu'il faut plusieurs visions pour véritablement saisir et comprendre VIDEODROME. Sauf si vous êtes canadien et que vous portez des lunettes bien sure. Aujourd'hui, pour avoir des effets spéciaux pareils il faut obligatoirement s'appeller RICK BAKER et retourner dans les années '80. Mort aux CGI, longue vie l'artisanal !
Un film très particulier, qui ne plaira pas à tout le monde! Pourquoi? Parce qu'il est remarquablement intelligent, et qu'il n'y a pas de sous-titres, ni de scènes "spécial blaireaux" pour tout vous expliquer! C'est à vous de vous sortir la tete du cul, et de réfléchir pour apprécier ce film génial, et le concept de la nouvelle chair! Le film offre des séquences réellement spectaculaires, mais dans un climat décalé, plein de sous-entendus, d'allégories et de symboles. C'est sur que le beauf moyen élevé au hamburger et à la cervelle de moineau, va ressentir un profond mépris pour ce film... que le film lui rendra bien, car il ne se laissera apprivoiser que par les gens qui le méritent, ceux qui réfléchissent...
Cronenberg signe avec Vidéodrome une œuvre d’une intelligence rare sur les rapports entre humanité, perversion et médiatisation, moteur d’un cercle vicieux réjouissant. Voyez plutôt : Max Renn recherche des programmes avant-gardistes pour la chaîne 83, spécialisée dans le sexe et la violence. C’est comme cela qu’il va tomber sur Vidéodrome, une émission sado masochiste qui va bouleverser son existence. Pourtant si Cronenberg nous expose un Max Reen pragmatique et aussi dénué de scrupule que de tabou, il va vite s’avérer dominé par ses pulsions voyeuristes. Pulsions qui permettent au programme Vidéodrome de le pénétrer, comme plus tard celui, plus ambigu encore, de la Nouvelle Chair. Mais n’allez pas chercher chez Cronenberg un quelconque dogmatisme. Car quelques soient les raisons qui poussent le « média » à manipuler Max Renn, vertueuses ou licencieuses, elles sont toujours le fait de Croisés de la pensée, d’Ayatollahs prêt à tout pour imposer leur logique. Le plus effrayant étant bien sûr que si James Wood est instrumentalisé, il n’est pas une victime, mais bien un acteur de sa propre dégénérescence. Mais au-delà de l’analyse pure du scénario visionnaire et brillant de Cronenberg, il y a aussi le film, et c’est bien là que Vidéodrome se pose en oeuvre subtile car il réussit de bout en bout à mettre sa démonstration en image. La froideur de sa mise en scène se heurte sans cesse à la viscéralité dont il habille la technologie, il filme avec bonheur un James Wood inexpressif, coquille vidée de son humanité que seules les pulsions primaires peuvent impliquer, le tout étant matérialisé par les superbes effets de Baker qui nous montre l’inconcevable et permet à la réalité de s’étioler inexorablement vers un final apocalyptique. Et pour ceux que mon avis barbant pourrait refouler, je tiens à rappeler que vous verrez dans ce film une cassette palpitante de sensualité, une télévision qui se fait fouetter en gémissant, des plaies vaginales sanguinolente et une auto pénétration à l’aide d’un revolver. Des images entées depuis dans l’histoire. Car Cronenberg ne recule jamais devant aucune mutation, même les plus contre nature. Auteur d’un cinéma véritablement unique, Vidéodrome est peut-être à ce jour, son film le plus abouti et le plus personnel.
Rien à redire dessus: c'est vraiment un très grand film.
Une brillante reflexion sur le pouvoir de l'image et les déviances de celle-çi, ainsi que sur les individus qui en sont les spectateurs.
James Wood est impeccable, les effets spéciaux hallucinants.
J'ai vu ce film il y a un moment déjà, donc ma critique ne peut être précise. Mais je garde une bonne impression générale même j'ai été un peu déçu par rapport à tout ce qu'on en a dit, notamment cette scène où la télé prend forme.
Pourquoi ? tout simplement parce que c'est un film assez obscur, difficile d'en saisir toute la portée avec un seul visionnage.
Mais cela reste du pur Cronenberg, tant au niveau de l'engagement que de la réalisation tortueuse. A ne pas manquer !
Je vais faire un peu tache au mileu de cetter flopée de commentaires élogieux mais c'est le deuxième film "ancien" de Cronenberg que je visionne (après "Frissons") et le deuxième qui ne me convainc qu'à moitié.
Certes les thématiques abordées sont intéressantes, mais pour moi la réalisation n'est pas à la hauteur ; les dialogues sont médiocres et les scènes sanglantes tombent comme des cheveux dans la soupoe au point de sombrer dans le ridicule la plupart du temps. De surcroît la tension est quasi inexistante et on a l'impression de que l'ami David passe un peu à côté de ce qui aurait pu être un grand film.
J'ai apprécié A History of violence et Existenz mais je trouve que Videodrome a bien mal vieilli... Maintenant à vous de juger...
J'ai bien aimé les 3/4 du film, sauf la fin un peu baclée et pas très bien faite.
Les pires moments sont ceux de sadomasochismes, horribles et gores... beurk !
Sinon, c'est vrai que ce film est vraiment spécial...