J'ai toujours été surpris par la côte de ce film surestimé selon moi. Force est d'avouer que l'idée de base est plutôt bonne (le désert australien en guise de décor sauvage et un sanglier géant comme monstre de service). Mais Mulcahy (Highlander) mise trop sur des effets esthétiques qui alourdissent ce film (des restes de son passé de réalisateur de clips ?). Un peu de mystères certes, mais un film peu effrayant et qui manque de punch dans les scènes importantes.
Russel Mulcahy ne fait pas dans la daube avec cette série B finalement sans prétentions. L'univers du désert suintant, aride pue la mort à 10 kilomètres et cette manière de rendre un endroit mortel est plutôt bien retranscrite par Mulcahy, sans cesse à la recherche d'un plan élégant, d'un positionnement de caméra dans un endroit incongrus faisant toute la différence, et surtout, sauvant ce petit film d'un ennui profond. On constate il est vrai, une maigre quantité de scènes d'épouvante, tout est en contre-champs, pourquoi ne pas avoir montré au grand jour les contacts avec ce Razorback? Il en aurait été beaucoup plus effrayant, beaucoup plus imposant qu'une maquette avec des poils, qui fait du bruit. Un film visuellement étonnant pour ce genre de production, mais qui pêche par son manque cinglant d'ambitions. Un bon produit tout de même.
Premier long-métrage du clipper Russell Mulcahy (futur réalisateur de "Highlander"), "Razorback" n'est pas un film de monstre comme l'on pourrait le soupçonner: effets spéciaux bourrins, attaques spectaculaires, un brin de gore, d'humour béta et des personnages ultra-clichéisés.
Non, loin de là.
Le cinéaste préfère avant tout jouer sur la mise en scène.
Le fameux razorback est très souvent suggéré (surtout au début du film) mais en fait, tout ceçi ne serait plus ou moins qu'un prétexte à filmer comme rarement vu à l'écran les desertiques bush australiens, sublimé par la photographie exceptionelle de Dean Semler (que l'on ne présente plus dans le métier).
Limite, certains plans sont carrément d'inspiration surréalistes (le rêve que fait Grégorry Harrisson un moment donné est un subtil croisement entre les tableaux de Dali et un cauchemar existenciel).
Ceci dit, cette traque au sanglier sauvage donne lieu à quelques scènes émouvantes (la mort de petits-fils au début et le procès du grand-père) et un petite réflexion sur la protection des animaux sauvages (Spoiler: une journaliste qui défandait cette cause se fera tuée par la bête).
Une mise en scène parfaite, une B.O d'esprit très expérimentale, des comédiens plutôt convaincant (les deux timbrés en font parfois un peu trop quand même) et une Australie quasi-abandonné...en perdition font de ce "Razorback" une belle réussite, surtout pour un premier film.