Une incursion très curieuse de Chabrol dans le fantastique. Priviligiant l'ambiance onirique et surréaliste sur le démonstratif, notamment par la dimension labyrinthique du chemin de croix de l'admirable Sylvia Cristel ( ahhh inoubliable "Emmanuelle" ), cette relecture d'"Alice aux pays des merveilles" s'avère aussi bien fascinante que dérangeante. L'inquiétude ne cesse de croître au fur et à mesure que les rencontres avec des personnalités bizarres se succèdent ( l'apogée est atteint avec la séquence du restaurant ) tout comme les jeux de mise en scène très adroits ( les lumières dénotant l'ambiance surnaturelle, les décors lourds de menace tels ces murs sans fin encerclant le jardin de la demeure ) jusqu'à la révélation finale qui donne tout son sens à l'histoire. En clair, une curiosité comptant parmis les ( trop rares ) réussites du cinéma de genre français qui, en dépit de quelques défauts ( notamment quelques longueurs inutiles ), mérite amplement d'être redécouvert.
Un film étrange et assez envoûtant, bien dirigé par un Chabrol aux portes du fantastique ! Sylvia Kristel, inoubliable Emmanuelle, prouve tout son talent d'actrice dans cette bizarre version d'Alice au Pays des Merveilles. Dans l'esprit de certains oniriques Jean Rollin, un film réprésentatif des années 70, qui ont donné lieu à des films méconnus fort appréciables. Malgré quelques longueurs, une belle surprise illuminée par de savoureux seconds rôles...