Épisode pilote de la série Masters of Horror, La Survivante n'est rien d'autre qu'un magnifique survival qui, sous un aspect faussement stéréotypé, détient un sens de l'efficacité ainsi qu'un humour noir à revendre. Don Coscarelli n'a à vrai dire jamais réellement soulevé les passions, si ce n'est pour deux succès estimables réalisés à plus de vingt ans d'écart, Phantasm et Bubba Ho-tep; qu'importe, pas besoin d'acquérir la couronne d'un grand maître du genre pour faire des étincelles. À mi-chemin entre Jeepers Creepers et le survival moderne, La Survivante ne prétend rien révolutionner au niveau de son script et se contente d'établir les recettes de base qui se respectent. Simplement, Coscarelli charpente solidement son film en lui conférant un rythme effréné et des qualités esthétiques imparables. Il applique les formules techniques et narratives toutes inhérentes au cinéma d'horreur d'aujourd’hui, tout en retrouvant le charme, l'adrénaline et la puissance des classiques d’antan. Tout cela en à peine une heure de métrage, dans un format télévisuel ainsi qu'avec un budget et un temps de tournage limités. On ne peut que lui tirer son chapeau. Mais Dieu seul sait si la réussite de La Survivante ne s'arrête pas là; véritable bombe visuelle, la réalisation prodigue des effets d'incrustation numérique et une mobilité d'appareil - nombreux plans filmés caméra sur épaule - qui la gratifient d'une intensité et un dynamisme pour le moins surprenants, sans parler du formidable travail effectué sur la photographie, aux contrastes de couleurs à la fois denses et limpides. Le boogeyman du film n'est pas sans rappeler celui de Jeepers Creepers par son gabarit colossal et son look étrangement charismatique, quant à l'héroïne, courageuse et dégageant un charme certain, elle nous apparaît très vite attachante. Le personnage le plus intéressant de La Survivante demeure pourtant celui du mari de la jeune femme, brutal et moralisateur, joué par un étonnant Ethan Embry, que l'on découvre sous forme de flash-back parsemés dans l'intrigue; d'abord rassurant, cet homme va progressivement sembler de plus en plus inquiétant aux yeux du spectateur, jusqu'à devenir dangereux. Borné dans ses conceptions de la vie, obsédé par l’art de l'autodéfense, il se met à pourrir l'existence de son épouse et pourtant, tout cela sauvera à l'arrivée la peau de cette dernière. Un personnage à fonction paradoxale, qui doit beaucoup à la dimension psychologique de l'histoire. Cet apport supplémentaire, loin de nuire à la cohésion du récit, permet un approfondissement du caractère de certains personnages et apporte une touche intimiste à l'ensemble. Au final, La Survivante s'avère moins linéaire que prévu, même si la globalité de son script, se résumant à une traque forestière, une visite dans le repaire du psychopathe puis une revanche féminine à la Rambo, fut déjà abordée plus d'une fois. Il faut toutefois bien l'avouer, ce divertissement cinq étoiles renvoie bien vite la majorité des survivals sortis ces dernières années au placard, de La Colline a des Yeux à Wolf Creek, en passant par l'insipide Détour Mortel, mais plus important encore, il nous procure un plaisir fou, comme l'on n'en ressent plus beaucoup dans le cinéma de genre actuel. Un coup de maître de la part de Don Coscarelli que cet épisode de Masters of Horror, à ranger aux côtés du non moins percutant Cigarette Burns de Carpenter.
Après Bubba Ho-Tep, j'avais hâte de voir cette Survivante. Hélas, cet épisode semble légèrement baclé et seul l'épilogue peut prétendre rehausser le niveau.
Je ne connais guère Coscarelli mais les bonnes critiques à l'égard de son dernier film, avec Bruce Campbell en Elvis tueur de momies, me remplissaient d'espoirs concernant son épisode. Malgré un final assez original et la présence d'Angus Scrimm en vieillard cinglé, La Survivante n'a rien de très palpitant. Le début ne sort pas des sentiers battus du slasher, le tueur n'a pas inventé l'eau chaude et les retours en arrière sont assez pénibles. Seul l'épilogue apporte quelque chose de nouveau...
Je rejoins la critique précédente. On ne comprend pas grand chose à cet épisode série Z avec comme seul message: "Si tu joues à Rambo avec ta nana, t'étonnes pas qu'elle te fasse la peau si tu la violes". Ca ne tient pas la route et c'est limite ennuyant.
Coscarelli vient de passer son permis caoutchouc ... quelle mouche peut bien piquer ce type pour inventer de pareils monstres tout droit issus de séries Z des années 60 ... résultat : on ne frémit pas ... on rit!!! Mauvais, mal joué, pas vraiment horrible, mais assez comique sans le vouloir, comme toujours, je me demande si dans quelques cas, il n'aurait pas fallu rebaptiser cette série masters of comedy??????
Après une deuxième vision, je me dis que cela manque en outre de suspense : depuis le début on sait pertinemment que la gentille fillette a butté son mari pourri (comment est la seule question qu'on peut se poser) et qu'elle va faire passer un sal quart d'heure à l'ahurri souriant de Moonface ! Pas vraiment intelligent, quoi!