En l'an de grâce 1987, l'acteur George Eastman écrivit pour le compte son complice de toujours Joe D'Amato, via sa société de production Filmirage, deux scénarios plutôt basiques. Le premier, entre le slasher et le giallo, sera transcendé par une mise en image soignée (signée Michele Soavi) et sera mondialement reconnu. Pour le second, pompant allègrement du côté de "La mouche" réalisé quelques mois plus tôt, il n'en reste pas moins un bon petit nanar, qui se regarde avec plaisir.
"Metamorphosis" est exactement l'archétype du film utra-fauché qui va jusqu'au bout de ses convictions même si pour celà, on fait appel à un casting de parfait de inconnus qui risquent de compromettre la crédibilité de l'ensemble (seules les apparitions de George Eastman et de la sublime Laura Gemser apparaissent professionnelles), débitant sans grande conviction des dialogues plus ou moins inspirés (quoique la rigueur scientifique semble être de mise sur les explications complexes de notre système génétique) et mimant une gestuelle approximative sous une musique lancinante au possible, histoire de nous montrer qu'il ressort de vraies émotions de leurs ternes visages.
Qu'importe, pour sa seule et unique réalisation, George Eastman nous concocte quelques bons moments de cinéma 'bis', rythmés par une bande sonore ultra synthético-electronique et filmés de manière énergique (caméra à l'épaule ou embarquée dans une voiture de police pour poursuivre le personnage traqué en même temps que les forces de l'ordre...), auxquels se superposent quelques bons passages sanguinolents, bien que très sages finalement comparé aux débordements gores auxquels nous avaient habitués son mentor (Joe D'Amato), une pseudo scène érotique dont on se serait bien passé et d'excellents maquillages qui retranscrivent bien la douloureuse métamorphose du protagoniste (bien que la créature de la fin soit absolument risible).