Enième dérive du cinéma d'exploitation italien, le film de 'nazisploitation' ou plus poétiquement surnommé le 'gestaporn' s'est lancé dans une entreprise plus ou moins douteuse vers le millieu des 70's: montrer l'envers du décor des camps de concentration à grands coups de tortures, d'actes chirurgicaux et d'érotisme.
Avec Sergio Garrone ("SS Camp 5"), Cesare Canevari s'est imposé comme le réalisateur le plus prolifique du genre et à, entre-autre, accouché de ce bien peu fameux "Bourreaux SS" à la réputation pourtant extrême, puisqu'il fût même carrément interdit dans de nombreux pays. Si, à l'époque de leurs sorties, ces films-là choquaient par leur caractère cru, il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui, ils paraissent complètement désuets et n'apportent pas grand chose, sinon beaucoup d'ennui chez le spectateur.
Le scénario, déjà indigeste et prétexte à accumuler les passages les plus malsains possible en insultant les juifs comme même Hitler ne l'aurait probablement jamais fait, cette piètre "Orgie du IIIème Reich" est désespérément lent, plat et, par dessus tout, on ne peut plus fauché. La mise en scène accumule les tares, en faisant - pour commencer - un bien mauvais usage des ralentis et de la violence, dont on se demande encore en quoi elle est sadique. Caneveri contrebalance à cet ensemble de piètre envergure un érotisme ultra-soft et une bande-originale carrément désolante, d'autant plus qu'il s'avère incapable de dirigier de manière honorable un seul comédien.
A mon avis, mieux vaut voir "Salon Kitty" de Tinto Brass, véritable cataliseur de l'apparition de ce sous-genre désastreux.