Dépaysement garanti avec ce petit film d'aventure Italien, deuxième volet d'une trilogie 'exotique' entreprise par les frères Martino entre 1979 et 1980.
A la charmante Ursula Andress de "La montagne du Dieu Cannibale" (le premier film de la série donc), succède une autre-James Bond girl de choc: la très sexy Barbara Bach, que l'on retrouvera dans le dernier avatar de l'entreprise, à savoir "Le continent des hommes poissons", entourée ici d'une bonne brochettes de comédiens, dont Claudio Cassinelli (tragiquement décédé en 1985 et véritable clône de notre Christophe Lemaire national) et Mel Ferrer - toujours aussi transparent. On notera une courte mais amusante apparition de Richard Jonhson ("Zombi 2") méconnaissable dans le rôle d'un prêtre rendu fou par sa solitude et de la petite Silvia Collita, que l'on verra plus tard dans "La maison près du cimetière" et "Murderock" de Fulci.
En très bon technicien du cinéma transalpin, Sergio Martino (le réalisateur; Luciano étant le producteur) s'approprie avec prestance du faible budget mis à sa disposition et nous concocte un sympathique petit film d'aventure 'bis', rythmé et bien innofensif, écrit par - entre autre - George Eastman et Ernesto Gastaldi.
Doté d'une belle photographie exotique, magnifiée par une superbe utilisation du format Scope, "Le grand alligator" offre un certain dépaysement que l'on aime à contempler, d'autant plus qu'il contient ce qu'il faut de péripéties pour amuser le spectateur même si il faut faire dans la surenchère; à l'image du carnage final allignant les morts de manière plutôt jouissive et bordélique (mais quel pied tout de même !).
Comme souvent dans les films de ce calibre, il ne faudra pas trop s'attarder à découvrir une débauche d'effets gores, d'autant plus que les effets spéciaux sont eux-même minimalistes. A l'image de "La mort au large" de Castellari (réalisé la même année) l'on aura droit à une multitude de petites maquettes sans grands reliefs mais bien trippantes, qui ne tarderont pas à brûler ou à exploser vers la fin du film. D'ailleurs, il est amusant de constater que les deux films font un assez bons usages des ralentis, qui parviennent à donner beaucoup d'ampleur à certaines séquences pourtant anodines.
Petite cerise sur le gâteau, la bande originale ultra-synthé de Stelvio Cipriani qui fait des ravages !