Même si je m'étais douté de la fin très en avance, j'ai trouvé le film très bon, Jean Dujardin m'a impressionné dans son sombre rôle. L'histoire est simple mais bonne. En tout, un très bon film à regarder avec plaisir.
Magnifique, pas d'autres mots. Intelligement mis en scène par son réalisateur, le film est d'une grande beauté. Ce coté gris constant fais ressentir au spectateur le malaise que ressente les protagonistes du film. Un mauvais goût de tristesse et de haine. C'est même parfois assez dur à supporter, surtout quand on voit le désaroi des parents de la petite fille assassinée. Ils auront bon faire tout ce qu'il veulent, ils n'oublieront jamais. L'enquête est trés réaliste et est soulignée par des seconds rôles vivants jamais risible. Un scénario en béton qui donne à Jean Dujardin l'ocasion de faire eclater son talent dans un registre auquel il ne c'était jamais essayer, et qui lui va comme un gant ! Car oui, le film vaut avant tout grâce à lui. Personnage central de l'histoire, il nous fait ressentir à tout moment les émotions de peine et de colère qu'un père pourrait ressentir. Un excellent film à inscrire au palmares du cinéma français qui s'il continu comme ça, va bientôt remonter de plus de 50 % dans mon estime.
Franck Mancuso signe ici un honnête polar, réalisé avec sérieux et bénéficiant de la présence de Jean Dujardin, acteur français en vogue, parfaitement crédible en père détruit suite au meurtre actroce de sa fille. La mise en scène est très sobre et le suspense assez convenu, ce qui donne parfois l'impression de n'avoir à faire qu'à un téléfilm. Un peu plus d'action et de rebondissements dans l'enquête auraient été bénéfiques au métrage. Reste que la fin en surprendra plus d'un ! Ce film ne restera pas dans les annales, mais la prestation de Dujardin se révèle être très prometteuse. Un acteur que j'aime beaucoup !
Si l'inexpérience de Franck Mancuso en tant que réalisateur se matérialise par une mise en scène parfois brouillonne, son passif de policier à la Crim' se ressent à chaque instant tant il réussit à impliquer émotionellement et psychologiquement les spectateurs dans le parcours chaotique du capitaine Malienowski dans sa course pour le rétablissement de la vérité sur la mort de sa fille.
Grâce à un scénario bien ficelé et à une photographie sombre, à l'image du film, Mancuso nous offre un solide polar à la française, interprété avec grand professionalisme qui plus est (le couple Dujardin-Blanchot est épatant).
Si le retournement de situation final peut paraître immoral et donc incongru pour les spectateurs un peu trop moralistes, il nous renvoie pourtant - le temps de ces quelques minutes - au cinéma cruel et désenchanté des 70's, où l'on prenait plaisir à faire souffrir ses victimes.
Même si ce passage est un peu trop court pour satisfaire les gros pervers sadiques bien déviants élevés aux poliziotesco ou aux polars hard-boiler de Friedkin et Lustig ("French Connection" et "Vigilante" dans une moindre mesure), il a au moins le mérite de nous rendre confiant vis-à-vis réalisateur; dont on attend avec impatience un deuxième long-métrage, qui sera sûrement plus maîtrisé sur le fond comme sur la forme.
Par ailleurs, "Contre-Enquête" confirme bel et bien que depuis 3/4 ans, le cinéma français se réveille réèllement, et offre aux spectateurs moyen de se reconnaître dans la production hexagonale: "Truands", "Scorpion", "Le serpent", "Ne le dis à personne", "Pars vite et reviens tard", "Immortel", "Haute Tension", "OSS 117", "Le transporteur", "Maléfique", "Saint-Ange", "Renaissance", "Ils", "36, quai des orfèvres", "Sheitan" et en attendant les futures bombes "Chrysalis", "Frontières", "A l'intérieur" et "Dante 01", le prochain film de Marc Caro, un film de SF se déroulant dans une prison intergalactique, avec Lambert Wilson !