Œuvre troublante, au climat rural lourd et hostile, La Longue Nuit de l'Exorcisme narre l'enquête difficile d'un journaliste et de quelques policiers locaux au sein de crapuleux meurtres d'enfants dont les motifs restent inexplicables. Fulci maîtrise à merveille son sujet, grâce à la richesse d'un scénario en véritable béton armé, mais également de par la maîtrise formelle coutumière avec laquelle il réalisait à cette époque-là. On y découvre d'ores et déjà quelques prémices de sa fascination pour la violence graphique qui explosera à la toute fin des années soixante-dix, notamment lors du sanglant lynchage d'une pseudo-sorcière par quelques villageois qui l'estiment responsable de ces abominables crimes, ou encore lors de la chute finale, carrément Gore. Mais voilà qui importe peu dans La Longue Nuit de l'Exorcisme, tant le film privilégie le suspense, l'atmosphère et les coups de théâtre dans un climat oppressant et malsain. La distribution est plus qu'honorable (Tomas Milian, la belle Barbara Bouchet, l'impeccable Marc Porel, George Wilson et sa présence courte mais imposante) et Riz Ortolani compose un très beau score musical, aux sonorités douces et dramatiques, qui fait déjà penser à la bande-son de Cannibal Holocaust. Ponctué d'un épilogue d'une grande densité émotionnelle, qui reste comme ancré dans la mémoire, ce remarquable policier campagnard demeure un jalon fondamental dans la carrière de Lucio Fulci.
Alors que Mario Bava et Dario Argento basaient leurs histoires criminelles dans une Rome nouvelle et high-tech, Lucio Fulci, lui, place le contenu de son film dans un coin perdu de l'Italie profonde où la seule trace de modernité réside en la présence de cet affreux tronçon d'autoroute qui surplombe les hautes collines arides.
C'est dans ce climat particulièrement sec, qui semble englouti par la masse écrasante du Soleil, que ce déroule ce troublant giallo rural qui, assurément, déroutera plus d'un spectateur même vu ajourd'hui et ce, dès le suffoquant générique d'ouverture.
En bon misanthrope, Fulci déballe devant l'objectif de la caméra toute son aversion pour l'être humain en général et nous brosse d'édifiants portraits de campagnards supersticieux, aux modes de vies d'une autre époque.
Des ouvriers du coin faisant appel aux prostituées de la ville pour satisfaire leurs désirs, au simple d'esprit du village qui ne trouve rien de mieux que d'enterrer le cadavre d'un garçon pour soutirer de l'argent aux parents de celui-çi, en passant par la bimbo de service - exilée dans ce trou perdu contre son gré - qui s'amuse à s'exhiber nue devant des gosses de 12 ans; toute la communauté en prend pour son grade dans cet environnement résolument peu chaleureux où il ne fait bon vivre; en sachant que les enfants sont loin d'être les plus innocents de l'histoire. Bien au contraire, ils se révèlent parfois plus cruels et pervers que leurs aînés.
Un constat bien peu reluisant de l'Italie profonde, d'autant plus que les pouvoirs publics peinent à mener à bien leur enquête devant la multiplication des suspects et des fausses pistes toutes plus plausibles les uns que les autres (un des gros points positifs de ce film); investigation guère facilitée par l'incroyable crédulité des habitants qui n'hésitent pas à rouer de coup une pauvre femme qu'ils estiment coupable des meurtres.
Ce passage, aussi répugnant soit-il, laisse l'opportunité à Fulci de filmer une passage à tabac digne des plus grands western, à grand renfort de zooms et d'effets gores bien craspec, bercé par la sublime mélodie "Quei giorni insieme a te" composée par Riz Ortolani. "Dans quelle monde vit-on quand l'on est capable d'envoyer des hommes sur la Lune et pas foutu de combattre l'ignorance des gens ?" lance un procureur dépassé par les évènements, phrase lourde de sens qui résume à elle seule toute la porté sociologique de ce film.
Un contexte particulièrement malsain retranscrit avec justesse par une mise en scène sophistiquée et vertigineuse (le combat final entre le tueur et la personne l'ayant démasqué sur les hautes falaises est à nous en retourner la tête; et conclu par un écrasement facial qui sera repris plus tard dans "L'emmurée vivante" également du maestro), une photographie déséchée qui contribue à rendre l'atmosphère toujours plus irrespirable au fur et à mesure que l'on s'immisce dans les affaires des villageois et une interprétation hors-pair où chaque comédien retranscrit avec une rare justesse l'ambigüité de leur personnage. D'ailleurs, ce sont Barbara Bouchet, sublime nymphomane limite pédophile, et l'excellent Tomas Milian, dans la peau d'un journaliste à scandale, qui vont tenter de mener l'enquête.
C'est donc un Fulci voyeur et peu soucieux des convenances (j'ose à peine imaginer le scandale qu'a du provoquer la sortie de ce film en salle à l'époque) qui réalise ce chef-d'oeuvre absolu du genre, à la fois cruel et émouvant, qui démontre bien que le bonhomme n'était pas seulement un bon artisan du cinéma 'bis' transalpin, mais aussi un véritable auteur qui n'a malheureusement jamais connu la reconnaissance de son vivant.
Sincèrement, je n'ai pas trippé sur ce film de Fulci. D'abord, je ne suis pas un amateur de giallo mais j'aime en regarder un de temps en temps. C'est sûr que je m'attendai à un film un peu plus sanglant. Mais la beauté de Barbara Bouchet m'a charmé et la shot du mannequin qui se grind la face en tombant de la montagne m'a fait mourir de rire. Ya de beaux paysages, mais l'histoire m'a laissé indifférent. Quand même, Tim, chu pas prêt de dire que c'est un navet ce film.
Je ne trouve pas que ce film de Fulci soit si nul que ça.En effet,le giallo est un genre que j'apprécie particulièrement et je dois dire que le scénario n'est pas mauvais du tout bien sûr c'est moins bien que Deep Red mais cela se laisse gentiment regarder.Je repprocherai à la rigueur des scènes gores beaucoup trop vieillote et des acteurs pas très convaincants mais la réalisation de Fulci est assez bonne.J'attends de voir ce qu'en pense les autres mais cet Longue Nuit De l'Exorcisme n'est en aucun cas un navet.
J'ai loué ce film il n'y a pas très longtemps et j'avoue que je ne vois pas une grande différence entre leurs trucages et les nôtres d'aujourd'hui!!! Très bien...