Malgré quelques longueurs et un message féministe abordé de manière quelque peu maladroite sans pour autant être désagréable (le portrait de la femme flic Jamie Lee Curtis a beau être convaincant et juste, il n'en demeure pas moins un peu trop "cliché" notamment dans les séquences focalisées sur ses relations familliales), la réalisatrice Kathryn Bigelow livre avec "Blue Steel" un thriller impeccable et nerveux dominé par les excellentes interprétations du tandem contradictoire Curtis/Silver. Malgré quelques péripéties prévisibles (le meurtre d'un(e) prôche de l'héroïne que l'on voit venir gros comme une maison), le suspense est parfaitement maintenu et la violence s'accroît progressivement jusqu'au final certes classique, mais efficace. Bref on passe un très bon moment face à ce pur divertissement quelque peu oublié aujourd'hui.
Silver et Curtis forment un couple malgrè eux. Curtis tient un rôle masculin qui refuse tout ce qui peut la rattacher à une femme :
elle a un métier d'homme, n'a pas de mari ou d'enfant, ... Et puis au moment ou elle est le plus viril ( meurtre ) , la rencontre a lieu. Le film est d'une efficacité redoutable. K. Bigelow est encore une fois au top. La derniere 1/2 h est redoutable : poursuite dans la ville, Curtis a quitté son uniforme de flic, elle est redevenue femme. Ce film montre que Curtis n'était pas l'actrice que d'1 seul film.
Ce portrait de femme flic est certes original pour l'époque, mais le film se perd parfois dans des platitudes féministes un peu rébarbatives pour les amateurs de polars expéditifs façon Bronson ! Mais Silver est excellent dans le rôle du méchant, tandis que Curtis a déjà été plus à son aise. Honnête donc, mais un peu lent et maintenant un brin vieillot (cf la photographie du film et le jeu de certains comédiens).