Tous les films de genres italiens portent fortement, à leurs prémices, les marques de leurs homologues américains.
Celà c'est vu avec le western (voir les avatars de Ferroni et les tous premiers signés Corbucci) et c'est confirmé, entre-autre, avec le giallo.
Car si il est vrai que Mario Bava est l'un des fondateurs - et maître à l'occasion - de ce genre, il fût pendant un petit moment très influencé par son modèle outre-atlantique, ce qui s'en ressent bien evidemment sur ce film.
Dernier de son auteur tourné en Noir et Blanc - format qu'il maîtrise fort bien au passage -, "La fille qui en savait trop" est encore loin des délires outrancier d'un Dario Argento ou même de "La baie sanglante".
D'ailleurs, à l'exception de quelques passages réèllement troublants qui annoncent cependant le grand Mario Bava que l'on connait tous (l'interrogatoire psychédélique, les flash-backs volontairement ultra-floutés), l'ensemble est bien trop sage, trop américain si j'ose dire pour pouvoir pleinement convaincre le bisseux déviant qui s'attend à un tant soit peu l'érotisme et des meurtres sanglants.
De plus, il est vrai que l'apparition relativement omniprésente d'une voix off - d'un narrateur donc - peut surprendre, voire même dérouter mais qui permet cependant d'inscrire ce film dans le sous-genre du giallo, terme désigant à l'origine des romans policiers très populaires en Italie.
Cette "Fille qui en savait trop" n'en demeure pas moins un polar intéressant, permettant à son auteur de jouer avec les miroirs de réèl et de l'imaginaire qui lui sont propres. Qui plus est, la musique (très jazzy), la qualité de l'interprétation (John Saxon vaut le détour à lui seul), les nombreux rebondissements (bien amené par ailleurs, et toujours dans la mesure du vraissemblable) et la petite touche de fantasie apportée au scénario en font un divertissement de qualité.