Eurociné est définitivement une boîte à part entière dans la paysage audiovisuel français.
Toujours prompte à copier sur son voisin, à surfer sur les grands succès du moment à moindre coûts (mais comme le disait son regretté fondateur: "Il faut se conformer à l'air du temps"...), la compagnie de Marius Lesoeur a enchaînée autant de pitoyables série Z à peine regardable pour se marrer un coup ("Terreur Cannibale" entre autre) que de très bons films qui méritent clairement d'être réhabilités - ce qui est en partie le cas depuis l'explosion du DVD.
S'inspirant de la célèbre nouvelle de Edgar Allan Poe, Jess Franco nous concote un film tout simplement magnifique, qui n'est pas s'en rapeller les oeuvres de Jean Rollin par leur côté contemplatif.
Pas d'action à l'horizon, ni d'horreur et encore moins d'érotisme (ce qui pourra décevoir ceux qui regardent du Franco uniquement pour ça, même si Lina Romay fait partie du casting); juste une ambiance fantastico-macabre des plus réussie, où l'éclairage a fait l'objet d'un travail très approfondi.
Une fois que la caméra nous invite dans le château du père Usher, impossible de décrocher d'un univers aussi étrange où la notion de temps et de vie ou de mort semblent avoir été totalement éludées; même si Howard Vernon n'était pas ici au mieux de sa forme, sa prestation étant finalement très moyenne, et que l'on peut être aussi déçu par la présence toute relative d'Olivier Mathot dans le rôle d'un serviteur borgne dévoué corps et âme à son maître - personnage repris de "L'horrible docteur Orlof".
De ce dernier titre, il en est d'ailleurs question ici puisque Franco n'hésite pas à emprunter une bonne dizaine de minutes de bobines à son premier long-métrage Eurocinéèn pour pouvoir atteindre le cap des 90 minutes.
Quoiqu'il en soit, nous nous trouvons face à un très beau film fantastique, qui mérite vraiment d'être (re)découvert.