Voir la fiche complète du film : Gingerdead Man 2 (Silvia St. Croix - 2008)

Gingerdead man 2

Une suite décevante, bordélique, qui se voudrait fun et déjantée mais n'y parvient que trop rarement...
Publié le 22 Décembre 2010 par GeoffreyVoir la fiche de Gingerdead Man 2
5
Poupée Robot Tronçonneuse

Le premier Gingerdead Man était un film au postulat de base amusant et prometteur, mais gâché par un manque de moyens et d'ambition assez flagrant. Pour cette suite, on pouvait donc espérer que le budget serait revu à la hausse, afin de proposer un produit un peu plus fun et audacieux.

Le résultat final indique clairement que la volonté y était, mais malheureusement, une somme d'intentions n'ont jamais suffit pour faire un bon film.


Coucou me revoilou!

A la recherche d'un corps humain pour y transférer son âme, le tueur en pain d’épices s'invite sur un plateau de tournage de film à petit budget. Pour le malheur de Kelvin Cheatam, jeune producteur qui essaye de redresser sa structure, il se déchaîne sur les acteurs et les techniciens qui ne sont pas sûrs de s’en sortir vivants…


Un tueur en pain d'épice se doit d'être multifonctions...

Gingerdead Man faisait beaucoup penser à la saga Chucky à cause de son tueur coincé dans un corps étranger et peu adapté à son caractère (Une poupée dans le cas de Chucky, pour ceux qui ne le connaîtrait pas). C'est encore plus le cas dans cet épisode car cette fois, l'objectif du Gingerdead Man est de transférer son âme dans un corps humain par le biais d'une cérémonie vaudou. Tout comme Charles Lee Ray.
De plus, le film se passe dans un décor de cinéma, à l'instar d'une partie du Fils de Chucky, sorti en 2004, soit quatre avant le film qui nous occupe aujourd'hui.
Les similitudes s'arrêtent là car les aventures de notre tueur en pain d'épice vont se montrer bien plus déjantées que celles de la poupée Chucky, mais aussi, et c'est un paradoxe, moins fun à suivre.

L'action se passe donc dans des studios de cinéma. Le producteur y tourne à la chaîne des films à petit budget qui n'ont d'autre ambition que de contenter son public cible.
Déjà, le parallèle avec les productions Full Moon semble évident et crée une mise en abîme amusante. Le film nous présente ainsi une compagnie familiale qui est le reflet de celle de Charles Band et le personnage du producteur résonne comme son alter-ego. Le film Les Petites Terreurs 9, dont nous assistons au tournage, est un décalque évident de la série des Puppet Master, une des sagas phares de Full Moon Productions.
Cette mise en abîme sera d'ailleurs l'occasion pour le réalisateur (ou son producteur Charles Band ?) de régler quelques comptes avec les critiques au travers de certaines répliques telles que "les critiques de cinéma, on les emmerde, ce qui compte c'est le plaisir des gens" ou encore "Je fais des films que j'avais envie de voir au cinéma quand j'étais jeune. Les critiques peuvent-ils comprendre cela?". Bref, nous assistons ici à une charge en règle contre les détracteurs du cinéma de série B.
A noter aussi que l'un des méchants du film est un critique de cinéma frustré de n'avoir su intégrer ce milieu. Pas très subtil, mais amusant.


Aaah, le charme des films à petit budget...

Mais mis à part ces considérations d'ordre thématique, que vaut ce Gingerdead Man 2 ?
La réponse est sans appel: décevant.
Il faut reconnaitre que si certaines scènes sont absolument délirantes, le film est bien plombé par un script stupide et ses dialogues d'une bétise crasse, et cela même si l'on tient compte de sa nature de "nanard volontaire". En creusant un peu, on pourrait même dire que c'est cet aspect du film qui le tire vers le bas, car le délire général est poussif et l'humour un peu trop "forcé" pour faire mouche à chaque coup.
Le film se voudrait fun et déjanté, mais il n'y parvient que trop rarement.
Par exemple, le grand n'importe quoi culmine avec une séquence dans laquelle le bonhomme en pain d'épice prend possession d'un robot et le contrôle à la manière des Power rangers (c'est-à-dire via un cockpit inside). Cette scène à priori alléchante sur le papier l'est beaucoup moins à l'écran car elle débarque comme un cheveu dans la soupe, sans autre justification que d'être là "just for fun". Et c'est pareil pour beaucoup d'autres.

Heureusement, certaines séquences fonctionnent à plein régime et parviennent à titiller les zygomatiques. C'est que le réalisateur se permet quasiment tous les excès et fait de son film une ode à la classe et au bon gout.
Pour vous donner une petite idée de la chose, voici quelques exemples:
- Un homosexuel assassiné à grands coups de fer à friser dans le rectum. Bonjour la finesse!
- Une poupée/démon à tête de pénis.
- Un autre poupée judicieusement nommée "tête de merde".
- Une ex-starlette nymphomane interprétée par l'ex-actrice X Michelle Bauer (ici gonflée à l'hélium et maquillée comme une voiture volée).
- Le Gingerdead Man qui fornique avec une marionnette.
Ne vous y trompez pas, ce florilège n'est que la partie visible de l'iceberg car Gingerdead Man 2 regorge d'autres détails du même acabit.
Les amateurs d'humour débile et de mauvais goût en auront pour leur argent.
On regrettera par contre que l'aspect "pain d'épice" du tueur soit de nouveau si peu exploité. Le Gingerdead Man n'est au final qu'un sous-Chucky en moins réussi. Dommage.

A noter au rayon des points positifs, une introduction façon "conte de fées" assez amusante, suivie d'un générique plutôt bien fait, à base d'affiches de films.


Une poupée au design classe et de bon goût...

Les meurtres, contrairement à ceux du premier opus, sont assez originaux et parfois drôles. Le meurtre de l'homosexuel déjà cité, mais aussi la désintégration d'un technicien via un laser, le charcutage de Polly en pleine partie de jambes en l'air, etc... Cette fois, les auteurs ont fait un effort pour offrir au spectateur des assassinats de qualité et ça marche. Les séquences de meurtre font partie des meilleures du film.

On ne peut pas en dire autant des acteurs. Tous sont mauvais comme des cochons. Certains surjouent à mort tandis que d'autres se contentent juste d'êtres médiocres.
L'improbable couple de héros, formé par la mignonne Kelsey Sanders et l'énervant K-Von, rivalise largement avec le couple du premier épisode en terme de non-crédibilité. Il faut dire que 30 secondes après leur rencontre, ils sont déjà en train de se peloter sur le plateau de tournage, devant l'handicapé de surcroit... Avouez que ça n'aide pas à les prendre au sérieux, ni à les faire aimer du spectateur.
Décalés peut-être, mais pas sympathiques pour autant.

De fait, si la plupart des personnages sont antipathiques et inintéressants, il devient difficile de se passionner pour ce qui se passe à l'écran.


Un handicapé plein de surprises...

Il faut aussi admettre que si le film est moins fun à suivre qu'un Chucky, voire qu'un Leprechaun, c'est également parce que le Gingerdead Man en lui-même est un peu moins réussi que ses confrères (bien trop caoutchouteux). De plus, sa présence à l'écran se fait rare. On ne le voit que par tranches de quelques secondes, souvent pour balancer une vanne, et même si celles-ci sont assez marrantes la plupart du temps, cela n'aide pas à lui forger une personnalité attachante.

Heureusement, malgré tous ses défauts, le film n'est jamais ennuyeux en raison de sa courte durée. C'est juste que la mayonnaise ne prend que trop rarement.
Espérons que l'épisode 3 (actuellement en préparation) corrige le tir car le personnage du tueur en pain d'épice a du potentiel.

A propos de l'auteur : Geoffrey
Portrait de Geoffrey

Comme d'autres (notamment Max et Dante_1984), je venais régulièrement sur Horreur.net en tant que lecteur, et après avoir envoyé quelques critiques à Laurent, le webmaster, j'ai pu intégrer le staff début 2006. Depuis, mes fonctions ont peu à peu pris de l'ampleur.

Autres critiques

L'attaque du requin à 6 têtes
Qui aurait pu croire que la saga Headed Shark Attack aurait continué jusqu’à fournir quatre métrages ? Quatre films plus ineptes les uns que les autres où la surenchère est de circonstances pour exploiter malencontreusement un concept d’une rare bêtise. Non, les têtes d’un requin ne repoussent pas comme ses dents. C’est une évidence qu’il serait néanmoins bon de...
La Mutante des Mers
La Mutante des Mers se présente comme le remake d'un film de monstre de 1956 : The She-Creature d' Edward L. Cahn . N'ayant pas vu cet antique témoin d'un cinéma populaire à base de Craignos Monsters en latex, c'est donc vierge de tout apriori que j'ai entamé le visionnage du film de Sebastian Gutierrez . Et puisque j'en suis aux confidences, sachez que j'ai...
After Earth
Le nom de M. Night Shyamalan est raccroché à des perles du septième art de genre telles que Sixième sens , Incassable ou Signes . Des films qui laissent une empreinte nostalgique dans l'esprit des cinéphiles. D'aucuns considèrent qu'il s'agit là de ses meilleurs projets et que, depuis, le réalisateur a bien du mal à réunir les foules sous sa bannière. Même si ces derniers métrages...
pyramide
*** Attention spoilers *** Aout 2013, alors que le Caire sombre une nouvelle fois dans le chaos, une équipe d’archéologues américains constituée d’un père, sa fille et son fiancé, fait une découverte majeure dans le désert égyptien en initiant l’excavation d’une pyramide entièrement ensevelie. Cette dernière a la particularité de n’avoir que trois faces et sa base située profondément sous le...
La Malédiction de Chucky
Chucky. Aaaaaah... Chucky! Poupée mythique s'il en est. Quel amateur de cinéma de genre ne connait pas sa petite bouille ronde, ses cheveux roux et sa salopette de poupée "Brave Gars" ? En l'espace de cinq films inégaux, l'avatar de Charles Lee Ray a su se tailler une réputation d'icône qui n'a rien à envier à celle de Freddy Krueger et Jason Voorhees, pour ne citer...