Voir la fiche complète du film : Mega Piranha (Eric Forsberg - 2010)

Mega Piranha

Un film amusant mais volontairement mal fichu et mal joué. Les amateurs apprécieront...
Publié le 26 Janvier 2011 par GeoffreyVoir la fiche de Mega Piranha
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Mutant Sous-marin
Les films "made in Asylum", c'est toujours quelque chose depuis que la firme s'est spécialisée dans les Mockbusters Nanards.

Pour les néophytes, un mockbuster est une copie d'un film à gros budget (un Blockbuster donc) faite avec des moyens très limités. Par exemple, les Italiens ont pendant longtemps été des spécialistes de ce genre particulier, au même titre que les Turcs d'ailleurs. La différence avec les films récents de chez Asylum réside dans le fait que les films italiens étaient confectionnés avec sérieux et cherchaient à donner le meilleur d'eux-même malgré leur budget souvent anémique.
Chez Asylum au contraire, le mot d'ordre est à la déconne. Plus le scénario est con, mieux c'est. Plus les effets spéciaux sont pourris, plus fun sera le film.
Dans ces conditions, il est inutile d'attendre de ces gens qu'ils nous pondent un bon film. Leur catalogue est rempli de chef-d'oeuvres nanards mettant en scène des monstres géants improbables, des Terminator du pauvre ou des démons en CGI dégueulasses.

Mega Piranha ne fait pas exception à la règle.


Tout! Ils osent tout!

Le secrétaire d’État des USA demande à Jason Fitch, qui fait partie de l’unité des Navy SEALS d’enquêter sur le mort suspecte d’un ambassadeur américain. Il se rend au Venezuela pour coopérer avec le lieutenant Audante et le colonel Diaz de la Force armée nationale. Là, il va rencontrer Sarah Monroe, chercheuse spécialisée en génétique. Elle, et le biologiste Eli Gordon, ont découvert des preuves étranges, qui après une analyse dans leur laboratoire révèlent un terrifiante nouvelle. Des poissons carnassiers génétiquement modifiés sont à l’origine de bien des dégâts, et cette espèce profite d’une croissance exponentielle...


Tatane de piranhas!

Il faut impérativement savoir où l'on met les pieds quand on commence le visionnage de Mega Piranha, car les malheureux qui s'y attaqueraient par hasard ne pourraient faire autrement que de finir leur soirée en se roulant par terre en hurlant "Pourquoi tant de haine envers le bon cinéma ?!".
C'est que Mega Piranha, c'est quelque chose, et il faut une bonne dose d'indulgence doublée d'un état d'esprit réceptif pour apprécier la bête.

Tout d'abord, la réalisation est effarante de prétention. Eric Forsberg tente d'imiter Michael Bay, l'empereur de la pétarade, mais avec infiniment moins de moyens. En résulte une bouillie filmique confinant au ridicule le plus épais. Les mouvements de caméra sont immanquablement ponctués par des "woushhh", "fizzz" et autres "pchiiii", comme pour souligner une action trépidante, et la manière dont les personnages sont présentés est grotesque: l'écran se freeze sur une image noir et blanc avec le nom et la fonction de la personne. Ce procédé, qui ne dénoterait pas dans une série du style 24h Chrono, est ici répété ad nauseum par le réalisateur, tout content de son effet.


Mâchoire serrée. Regard bovin. Pas de doute, c'est le héros...


Teint basané. Bouc menaçant. Pas de doute, c'est le méchant...

On passera rapidement sur les stock-shots ou les séquences filmées de jour qui voudraient se faire passer pour des séquences nocturnes (jamais vu de si belles ombres en pleine nuit moi...) afin de s'attaquer à un autre gros morceau: les effets spéciaux.
Pour les habitués des productions Asylum, rien de neuf sous le soleil. Les CGI made in Commodore 64 qui piquent les yeux sont toujours là et incrustés avec les pieds par un assistant-stagiaire sous-payé.
Les piranhas sont ainsi affreusement mal modélisés, tout comme les hélicoptères. Concernant ces derniers, notons d'ailleurs une très belle alternance de plans extérieurs en 3D avec des plans intérieurs nous présentant des acteurs enfermés dans un placard vaguement décoré en cockpit. L'effet est saisissant.
Pour enfoncer le clou, même les explosions, pourtant pas les effets les plus compliqués à gérer, sont ratées. Vous mixez ça avec des piranhas explosifs géants et vous obtenez l'une des séquences d'attaque les plus hallucinantes jamais vues.
A ce stade, les mots manquent pour décrire l'ampleur du spectacle.


Nioooooooon! (bruit d'avion)

Les acteurs jouent comme des pieds, en pilote automatique et sur un mode mono-expressif. Paul Logan, bloc de granit indéridable qui exprime l'amour et la colère avec la même tronche impavible, est accompagné dans sa quête par la scientifique la moins crédible du monde, personnifiée par la chanteuse Tiffany, qui n'est clairement pas l'atout charme du film, mais reste l'indispensable touche féminine pour contrebalancer le trop-plein de testostérone. Et puis, comment imaginer un baiser final sans femme? (Je vous ai révélé la fin... mince, vous devez vachement m'en vouloir!).
L'histoire d'amour entre ces deux êtres opposés compte d'ailleurs parmi les moins plausibles du genre.
Face à eux se dresse David Labiosa, déjà beaucoup plus crédible (si je peux employer ce terme ici) en sale militaire adepte de la méthode brutale (plénonasme cinématographique).
Ce beau monde est secondé par une batterie de seconds rôles transparents et inspides. Le seul qui sorte du lot est l'ambassadeur des USA, non pas à cause du talent de son interprête qui n'est autre que le réalisateur Eric Forsberg lui-même, mais parce que son personnage est atrocement peu crédible. Eric Forsberg est aussi crédible en ambassadeur Américain que Steven Seagal l'était dans Piège en eaux profondes. C'est dire.
Sa mort (à l'écran) n'en sera que plus délectable.


Attention, ça tâche!

Bref, vous l'aurez compris, Mega Piranha n'est pas un chef-d'oeuvre. Au contraire, il en est même l'exact opposé. Mais puisque les films de la firme Asylum n'ont d'autre but que d'être les plus gros nanards possibles, reconnaissons qu'ils ne se sont pas foutus de la gueule de leur public cible.
Les amateurs en auront donc pour leur argent avec ce film complètement foireux, mal filmé et mal joué, mais amusant et truffé de scènes hallucinantes.
A bon entendeur...
Geoffrey Claustriaux
A propos de l'auteur : Geoffrey
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