Grotesque

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Portrait de Dante_1984

Extrême et malsain

Dante_1984 (I am Legend - 1124 critiques)
10
 
Interdit dans plusieurs pays, Grotesque possède une réputation des plus sulfureuses. En comparaison de celui-ci, Saw et Hostel ressemblerait davantage à La mélodie du bonheur. Une comparaison que l’on peut voir sur une des affiches du film : « Saw and Hostel were just appetisers ». Est-ce que Grostesque supporte le rapprochement avec ces deux films emblématiques du cinéma d’horreur ? Non seulement il la supporte très bien, mais il dépasse allégrement le niveau de barbarie de ceux-ci. On est directement plongé dans le vif du sujet et les premières exactions du psychopathe ne se font pas attendre. Un personnage au physique commun, pour ne pas dire quelconque. Un trait sensé nous rappeler que le mal n’a pas de visage, ni de profil type. La réalisation nous pousse à sombrer dans le quotidien et la psychologie tordue du serial killer. Une tension permanente réellement éprouvante, puisqu’il vaque à ses occupations à côté de ses victimes. Il s’adresse à eux comme s’il étaient de vieilles connaissances (ex : « Ce gâteau est exceptionnel. »). Une musique classique accompagne les tortures. Cela procure un contraste inattendu avec le supplice subis par les victimes. Il prend un malin plaisir à les manipuler et à jouer avec leurs nerfs. Car, il informe ce qu’il va faire subir à leurs corps ou les prévient qu’ils vont souffrir. Une torture physique et psychologique insupportable. On se demande sur ce qui est le plus terrible : la souffrance en elle-même ou l’attente de la souffrance. Mais dans quel but commet-il pareils crimes ? Son prétexte est un fantasme d’une stimulation sexuelle dépravée. Il prend du plaisir à la souffrance d’autrui. Mais, plus étrange, à leur volonté de survivre. L’imagination la plus détraquée ne peut concevoir de tels supplices. C’est sur ce point que Grotesque dérange. La violence est toujours injustifiable. Toutefois, lorsqu’elle devient gratuite, elle devient malsaine et dérangeante. Il n’y a aucun véritable mobile, juste la jouissance de faire souffrir. De ce fait, on est en droit de se demander la nécessité d’un tel film. Son titre se réfère à un dénouement plutôt extravagant. Ma note se justifie par le niveau de cruauté et d’atrocité du film. J’aurais pu mettre une note inférieur à la moyenne pour sa gratuité ou le manque d’une véritable histoire. Cependant, Grotesque se veut avant tout un film traitant de la torture et de la bestialité humaine. Force est de constater que dans ce domaine, il excelle et ne trouve pas d’égal. D’une perversion sans limite, Grotesque n’a pas fini de faire parler de lui. Scabreux, troublant, pernicieux, subversif, barbare, les adjectifs ne manquent pas pour définir un film d’un sadisme innommable.
publié le 03/11/2009 - 09:58

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