Le Passage

Portrait de Gory Freddy

Un vaste passage vers le pays du nanar !

Gory Freddy (I am Legend - 1738 critiques)
10
 

Au commencement, au tout début du commencement, alors que l'Univers n'était même pas encore embryonnaire, il y avait Alain Delon ! Mais Alain Delon, bien que très suffisant, ne se suffisait pas à lui-même, il s'ennuyait ferme, car il n'y avait personne pour l'admirer. Aussi Alain Delon inventa Dieu, lui prêta conscience et vie, et le chargea de créer les hommes afin qu'ils puissent admirer Alain Delon !

Des siècles durant l'homme loua toutes sortes de divinités, créa par ignorance pour se rassurer toutes sortes de religions plus ou moins fumeuses, polythéistes ou monothéistes; mais quelles que soient les idoles, se cachait toujours derrière le même visage ultime, celui d'Alain Delon !

Aujourd'hui encore, malgré la fin de l'obscurantisme (enfin, en théorie seulement), subsiste toujours chez l'homme l'espoir d'une entité supérieure, qui dirige tout et donne un sens à sa vie, et chacun lui donne toujours le même nom: Dieu. Mais l'homme se trompe, Dieu a été créé par Alain Delon, et donc la seule entité digne d'être célébrée est Alain Delon ! Et p'is c'est tout !

Aussi Alain Delon, après avoir traversé les siècles en regardant les hommes de haut, est enfin descendu sur Terre au 20e siècle, pour apparaître à ses ouailles conquises en faisant du cinéma. Alain Delon est capricieux, aussi avait-il déjà plusieurs siècles d'entraînement à faire du cinéma.

Une fois sur Terre, Alain Delon était parfait ! Mais attention, pas une perfection de PD, genre je suis une fiotte belle comme le jour, non, une perfection qui a des couilles, des couilles en béton armé, des couilles Delonesques... Vous suivez au fond ?? Alain Delon aime attirer, capter l'attention comme jamais. Et Alain Delon est très exigeant ! Aussi tourner de bons films ne suffisait plus à Alain Delon, Star parmi les Stars, la tête dans les étoiles et les pieds jamais sur Terre, il lui fallait encore plus d'attention.

Et Alain Delon découvrit que faire rire était un moyen très sûr de s'attirer la sympathie et donc l'attention du public. Aussi Alain Delon tourna des nanars. Mais pas des nanars de PD, pas des nanars pour les fiottes, non des nanars qui ont des couilles destinés à faire toujours mieux que les nanars du tout-venant, n'ayant pas le génie pince-sans-rire d'Alain Delon. Alain Delon aime étourdir les foules par son talent, son génie et son humilité fantasmée.

Aussi lorsque René Manzor proposa à Alain Delon un script mongoloïde, écrit par un singe un soir de cuite, Alain Delon sut qu'il allait à nouveau éblouir les gueux de sa lumière divine, et faire rire aux éclats les plus fins connaisseurs, obtenant ainsi leur reconnaissance éternelle. Quoi de mieux pour se ridiculiser qu'un scénario d'une ringardise crasse, manichéen jusqu'au délire, caviardé de dialogues abscons et prétentieux sous couvert de fausse humilité ? Du pur Alain Delon tout ça ! "Le Passage" avait été écrit pour lui. Pour Alain Delon. Pour célébrer son génie, son talent visionnaire de comique !

Mais un script d'une débilité sans nom qu'un enfant de 4 ans aurait eu honte d'écrire, fatras exhaustif de tous les clichés existants, blindé d'incohérences, de mièvrerie aussi énervante qu'hilarante, ne suffisait pas à Alain Delon. Alain Delon devait y apporter sa touche personnelle. La "Delon's Touch", celle qui change tout. Celle qui fait passer un simple nanar puéril au stade de nanar de compétition, d'objet filmique à la fois attendu de bout en bout mais paradoxalement constamment surprenant à force d'enculer les mouches une par une avec le plus grand sérieux, la certitude absolue d'oeuvrer pour l'humanité en attente d'être guidée...

"Y'a des trucs qui sont trop difficiles à comprendre pour les adultes. Y'a que les enfants qui peuvent." (Jean Diaz). Jean Diaz est le personnage que joue Alain Delon. Alain Delon est Jean Diaz, et Jean Diaz est Alain Delon, et vous êtes sacrément cons si vous êtes arrivés jusque là. Donc vous êtes dignes d'intégrer le nouveau public d'Alain Delon ! Avec une phrase aussi puissante, pleine de symbolique pouèt-pouèt, célébrant la toute-puissance de l'enfance avec sa naïveté et son imagination débridée; l'adulte n'a plus qu'à aller se rhabiller car il pourrait ne plus rien comprendre au génie d'Alain Delon. Seuls les enfants peuvent, car ils ne sont pas encore finis au niveau du cervelet et on peut leur faire gober n'importe quelles conneries ! "Y'a des trucs qui sont trop difficiles à comprendre pour les adultes. Y'a que les enfants qui peuvent." Dieu que cette phrase magique résonne dans ma tête, tant sa volonté faussement modeste de présenter une pensée puissante et définitive me fait rire aux éclats... Dès les premières secondes, le décor est planté, le niveau du film et de sa capacité de réflexion aussi, on s'attend délicieusement au pire !

Mais le pire n'est rien en comparaison de ce que Alain Delon vous a concocté ! Un festival d'émocheunes faussement naturelles, jouées avec une finesse éléphantesque, qui atteint son apogé à 1h00 quand Alain Delon pleure en grimaçant comme en pleine crise de dysenterie, et à la toute fin quand il exulte de bonheur en courant vers son fils retrouvé à grand renfort de joies non dissimulées parfaitement non-simulées... Merde, j'ai spoilié la fin... Mais de toutes façons vous vous doutez bien qu'Alain Delon sort vainqueur de ses épreuves, de sa confrontation avec la Mort, car Alain Delon est le plus beau, le plus fort, et a des couilles... Donc spoileur, c'est celui qui dit qui y'est d'abord ! Et p'is c'est tout !

La Mort est vraiment très méchante, et complote tout plein de plans bien pourris pour embêter les hommes, futiles créatures, en pianotant plein des conneries sur son ordinateur. Et oui, la Mort est à la pointe de la technologie, est équipée comme un geek, et fait chier comme un geek. Pas encore internet à l'époque, mais le minitel suffit pour emmerder le monde... La Mort veut des infos sur quelqu'un et puis sa peau ? Elle n'a juste qu'à en donner l'ordre sur son ordi Atari SXMesCouilles B29-427-DTC, et tout se concrétise fissa ! Qui lui a fait l'installation ? L'a-t-elle acheté chez Carrefour ou Darty ? A-t-elle pu profiter des soldes et y a-t-il une garantie fiable ? Mystère, mais la Mort a désormais l'électronique à porté de main pour faire chier son monde.

Mééééé si La Mort sait faire chier son monde, elle manque d'imagination, aussi elle tue Alain Del... Jean Diaz, auteur de dessins-animés toujours en crise d'adolescence, et ça c'est pas bien, pour qu'il travaille pour elle comme un pakistanais... et ça c'est pas bien non plus... En effet, il va finir son dessin-animé tout pourri, dénonçant plein plein de choses pas belles comme quoi la guerre c'est pas beau et tout et tout, et La Mort va détourner tout ça pour faire le mal. pItain, la Salope ! Méchante La Mort, pas bien ! Mais Jeanlin Diazlon, tellement gentil, n'a pas d'autre choix que de céder, car sinon la Mort va embêter son fils, et ce sera encore plus pas bien, et bien qu'il lui ait dit textuel "si tu lui fait du mal je te tue !", et ben même pÔ peur, parce que La Mort s'en fout d'être tuée, p'isqu'elle est La Mort... Vous suivez toujours au fond ?? ... Enfin, c'est ce que j'en ai compris, car je ne suis pas sûr que René Manzor, brillant scénariste et réalisateur, ait réellement eu conscience du paradoxe que constitue le fait de menacer La Mort de mort en écrivant sa phrase-choc hurlée par un Delon en proie à un vertigineux désespoir nanardesque !

Vous l'avez compris, fans d'Alain Delon seconde-période, ce film est une telle purge que cela en devient irréel ! D'une naïveté et d'un bêtise incroyables, les intentions et sentiments les plus puérils côtoient en permanence une prétention intellectuelle qui n'est absolument jamais, jamais concrétisée. Ce qui créé un décalage constant des plus savoureux, qui en consternera certains, et fera hurler de rire ceux qui savent apprécier les vertues des savants cocktails de prétention et de bêtise mélangés au shaker par des singes trisomiques, avec de la modestie simulée et de la philosophie de comptoir...

C'est d'autant plus dommage, que derrière l'extraordinaire médiocrité et stupidité du script, existent de réels moments de poésie. Visuellement parlant, le film est très réussi, très beau, particulièrement soigné en images (que ce soit les scènes lives ou celles en dessin-animés), et donne une âme à tout ce qui échoue lamentablement en paroles... Et les crise de rires aux larmes passées, on a finalement bien mal au coeur, car le 10/10 nanardesque (artistiquement cela vaut 3 ou 4), aurait pu être la note au premier degré avec un bon scénario et des acteurs qui ne soient pas laissés en totale roue-libre.

A part quelques séquences, l'interprétation globale est catastrophique. De ces interprétations qui se veulent naturelles, mais où le naturel est sur-joué. Même des comédiens confirmés comme Jean-Luc Moreau sont pitoyables (surtout quand il cite ze phrase of ze film "Y'a des trucs qui sont trop difficiles à comprendre pour les adultes. Y'a que les enfants qui peuvent." La crise !), et Alain Delon fait vraiment pitié par moments à force de super bien jouer l'émotion-'ach'ment-naturelle-pas-du-tout-simulée-à-fleur-de-peau-d'zob-1er-Prix-d'interprétation-les-Oscars-c'est-pour-les-pucelles.

Notons tout de même un moment franchement émouvant qui représente ce que le film aurait dû être si il avait été à la hauteur de ses ambitions, celle où le petit garçon découvre et regarde la VHS laissée par son père décédé. Magnifique séquence où cette fois-ci Alain Delon rappelle qu'il fut un grand acteur, beau et touchant, avec une âme vive !

Un ratage artistique hallucinant, qui fait d'autant plus mal au coeur, que l'on sent bien que ce film n'aurait pas dû être un chef-d'oeuvre du nanar, mais un chef-d'oeuvre tout court. Et c'est ce bien triste constat qui est le plus bouleversant finalement à la fin du film...

publié le 06/07/2012 - 01:00
Portrait de Goodmad

Et après la mort?...

Goodmad (Serial Killer - 874 critiques)
8
 
Un assez beau film sur la vie et la mort avec un Alain Delon qui joue à peu près bien pour une fois et une histoire très intérésante et original. Le personnage de la faucheuse est assez amusante et son petit monde aussi (je parle de son pc, atelier etc), des passages un peu "ship" (si ca s'écrit comme ça) par moment (NDGeo: je pense qu'il veut dire "cheap" ^^) SPOILER la fin par exemple, avec le père qui retrouve son fils c'est un peu exagéré le coté dramatique FIN SPOILER. Un film gentil mais avec une belle moral finalement qui est; on retrouve toujours ceux qu'on aime, dans la vie comme dans la mort. Certains diront que c'est un peu "ringard" mais ça donne envie d'y croire. A voir.
publié le 27/10/2010 - 00:32

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