L'Etrange pouvoir de Norman

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Déçu...

Captain Nono (America's Most Wanted - 327 critiques)
6
 
Norman est un môme d'une dizaine d'années, avec une éternelle tête de chien battu, qui a la particularité de voir les morts et de taper la discute avec eux. Ce don étrange lui confère un statut particulier dans la petite ville où il vit, puisque Norman est ainsi considéré comme un cas social, en plus d'être la tête de turc la plus populaire de son bahut. Mais Norman est également un passionné de films d'horreur, et ça tombe drôlement bien, puisqu'une malédiction vieille de trois cent ans qui planait sur la ville vient de réveiller une poignée de zombies. Norman va donc pouvoir exercer son sixième sens dans l'intérêt commun : bien joué Norman !

Bon ben j'avoue être un peu déçu par le résultat final, quand je m'attendais à davantage de fun et d'inventivité. Visuellement, les décors sont sympas, mais les visages ne m'ont pas vraiment convaincus, à l'exception de ceux des zombies. Norman est un héros chiant, et les autres personnages ne brillent pas non plus par leur originalité. Rien d'extraordinaire à ce niveau-là ! Je m'attendais à davantage de folie, d'humour et de références au cinéma d'horreur. J'ai l'impression que le ou les scénaristes se sont avant tout reposés sur un concept de base - le sixième sens de Norman - sans réellement chercher à creuser plus profond. Il en résulte un rythme pépère, avec quelques passages sympathiques qui parviennent à nous faire rire l'espace d'une ou deux secondes, mais on n'atteint jamais ici le degré d'inventivité qui fait la différence, et qui aurait permis à ce film de se hisser parmi les pontes du genre.

ParaNorman s'adresse avant tout à un public jeune et peu exigeant. Un divertissement sympathique, mais loin d'être transcendant et d'avoir exploité toute l'étendue de son potentiel.

publié le 05/02/2013 - 16:40

Fable mélancolique sur l'humanité

Cheshire Hyde (Newbie - 3 critiques)
8
 
Petit succès pour le conte onirique et (presque) comtemplatif, Coraline, les studios Laïka Entertainment et Focus Features concoctent un nouveau long-métrage d'animation. Ecrit par Chris Butler, celui-ci y met toute son enfance vécue et ses passions personnelles. Assisté par Sam Fell, le film est réalisé en stop-motion et bénéfie aussi du traitement 3D. Rappelons le scénario : Norman Babcock est un petit garçon incompris de tous. Dépressif et toujours remis en question, il a la capacité de communiquer avec les êtres morts demeurant dans le monde des vivants. A la fois risée de l'école et de sa famille, il va devoir s'assumer et prendre son indépendance. Ainsi, commence une quête initiatique au coeur de sa banlieue américaine envahie soudainement par une horde de zombies réveillés de leur sommeil. Vendu comme un film d'horreur pour enfants, le long-métrage met en scène davantage un enfant au mal-être perpétuel qu'une parodie fugace des histoires de zombies. En effet, le début de l'histoire est un morceau de drame familial, où on assiste aux mésaventures de ce garçon rejeté parmi les siens. Peu à peu, l'intrigue se met en place tout en prenant son temps. Car les réalisateurs veulent avant tout s'attacher sur ce personnage principal timide et renfermé. Ainsi, le début du film se caractérise par son atmosphère triste et attachante, avec un humour à la fois enfantin et adulte. Tant de contrastes sont aptes à rendre le spectacle curieux. Puis, cet enfant rejeté si charmant avec ses amis décédés, qui paraissent plus naturels que l'entourage de la ville, gagne son importance en se retrouvant malgré lui dans une intrigue fantastique qui frôle l'horreur. Le milieu du film est reflété à peu près dans sa promotion : une déferlance titanesque de scènes gothiques et folles. Là, nous nous retrouvons avec un pur slasher movie ironique et référencé en tout genre (Scoubidou, Scream, Goonies, etc.), où les zombies sont ce qu'ils sont mais ridiculisés gentiment. Toutefois, le film n'oublie pas de se concentrer sur les relations grandissantes entre Norman et son entourage, prenant conscience de sa sincérité. Finalement, l'histoire surprend dans sa dernière partie, où les réalisateurs, après avoir aligné les codes de la comédie d'horreur (les stéréotypes attachants et caricaturales, les zombies primaires, la foule en colère, l'ombre du monstre planant), décident de déstructurer ces clichés connus sous une forme nouvelle et plus intime. Et c'est là que le film délivre un message hallucinant, car profondément beau et purement sincère. Il met en avant si poétiquement la critique de la peur des apparences, des dérives du rejet, de la perte d'amour pur à cause d'un manque de communication flagrant. ParaNorman se transforme en fable baroque et innocente, qui rappelle à chacun l'importance de la tolérance envers autrui et les conséquences de la perte de reconnaissance. Au-delà de la comédie horrifique pour tous publics (mais pas destinée aux plus jeunes), ce long-métrage, maîtrisé par une performance visuelle et lumineuse extraordinaire qui rappelle les oeuvres de Mario Bava, tire toute sa force de ce message universel si parfaitement illustré. Malgré des dialogues surlignés, le film réussit aussi bien techniquement qu'émotionnellement parlant : la 3D est utilisée cette fois à bon escient pour profiter de la beauté esthétique de l'animation fabuleuse et le spectateur se trouve ému par un fond poétique et triste. Bénéficiant d'une sortie mal gérée selon moi (il aurait mieux marcher vers la période d'Halloween, le si bien nommé ParaNorman est une oeuvre tellement humaine et sensationnelle pour chacun, tant ses thèmes (proches du cinéma de Burton) et son invitation à la tolérance concernent tout le monde. Un spectacle simple, merveilleux et émouvant qui ne laissera personne indifférent, de la part d'un studio indépendant Laika décidément prometteur.
publié le 25/08/2012 - 17:53

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