Legend of the Chupacabra

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Portrait de Maniax Skell

Le projet power rangers

Maniax Skell (Newbie - 5 critiques)
6
 
Ces derniers temps, les films du type "faussement authentique" sont en pleine expansion, le genre ayant rendu populaire par la très inégale série des Paranormal activity. Pourtant, ce n'est pas la première fois qu'un tel phénomène se produit: en 1999, c'est Le projet Blair Witch, film intelligement construit et pensé, ou du moins suffisament efficace pour obtenir sa petite heure de gloire, et ainsi devenir pour certains un film culte, dont le succès n'aura de cesse d'inspirer d'autres réalisateurs. Legend of the Chupacabra, film proposé par la fameuse compagnie Troma, est un des nombreux successeurs du célèbre film que l'on vient de mentionner plus haut. Mais le résultat final tient plus du foetus mutant que du joli petit frère aux joues roses. Cela dit, vu la nature du produit, ce n'est pas plus mal...

Tout d'abord, mettons en évidence que le réalisateur, dont le nom dira sans doute quelque chose à ceux qui s'intéressent à Uncut movies, n'est autre qu'un certain Joe Castro et qu'il aurait apparemment remporté un concours d'effets spéciaux à l'âge de 14 ans dans le cadre d'un concours organisé par un magazie populaire de l'époque ! Je juge important de le signaler car si il y a bien un problème qui définit Legend of the Chupacabra c'est que si les maquillages et effets spéciaux, en image fixe, nous font part d'un résultat en somme tout à fait convenable, lorsque le tout se met à bouger devant la caméra, c'est nettement moins folichon et particulièrement maladroit. Ce que je veux dire par là, c'est que si l'on prend pour exemple la scène de l'autopsie du monstre, on constate que le costume bête, dans son ensemble, est vraiment bien fichu et regorge de détails. Bien sûr, personne ne se mettra à hurler que la séquence est "trop réaliste" (après tout, nous ne somme qu'en présence d'une pièce de latex) mais objectivement, il faut reconnaître le soin qui y a été apporté. En contrepartie, dès que la créature passe à l'action, nous avons aussitôt l'impression d'avoir basculé accidentellement sur un épisode des power rangers: l'acteur a du mal à bouger dans le costume et ses déplacements ne semble pas naturels. C'est vraiment dommage que cet état de faire vienne noircir d'entrée le tableau car le design du monstre s'avère en toute somme assez réussi, voire même carrément imposant et effrayant ! Pour ce qui est du reste des effets spéciaux, ils se montrent ma foi, d'une qualité fort honorable compte tenu des restricitions imposées. Je garde en mémoire cette dégoûtante scène lors de laquelle un homme se fait sortir les tripes par la gogre, qui est de loin la scène la plus gore du film mais le reste des meurtres ause suffisamment en jus de myrtille pour faire plaisir au spectacteur qui en est friand !

Si la créature est évidemment l'intérêt-même de cette production, le contexte aussi a bénéficié d'un soin tout particulier en dépit de la maladresse de la mise en scène. Les scènes filmées en "pseudo-temps réel" ont été exécutées de manière assez classique, rien de bien neuf de ce côté-là donc. Mais fort heureusement, le film en lui-même ne subit pas une narration/progression "en temps réel". En effet, tous ceux qui auront vu le misérable Five accross the eyes savent hélas ô combien un film ayant subi un tel traitement peut être lent et pénible à regarder ! Par chance, ce n'est pas ici le cas de Legend of the Chupacabra bien que le "documentaire" ici-présent ne soit censé relater que les faits d'une seule nuit. L'action principale est en fait entrecoupée de multiples vidéos (de surveillance, par exemple) qui tendraient à prouver l'existence de la créature, mais aussi de faux témoignages dont un que j'ai trouvé particulièrement appréciable et bien pensé malgré le fait qu'il n'excède pas les deux minutes: un pasteur remettant en cause le fait que l'on considère le chupacabra comme une créature "malfaisante". Ainsi, le métrage ne nous laisse qu'à de très rares occasions le temps de nous ennuyer car si le résultat final est loin d'être criant de réalisme, il a au moins le mértie de faire tout son possible pour demeurer intéressant, voire même varié.

Au final, peut-on dire que je vous recommande le visionnage de Legend of the Chupacabra ? Eh bien, si vous êtes capable de passer au-delà des défauts techniques engendrés par le manque de budget, le jeu de certains acteurs ou le manque de créativité en ce qui concerne la mise en scène de certaines situations, vous trouverez en ce faux documentaire un film, ma foi, fort distrayant qui a au moins le mérite de proposer une expérience variée et intéressante plutôt qu'un simple film paresseux surfant sur le succès de The Blair Witch project ou Paranormal activity. En revanche, si la légende du Chupacabra ne vous intéresse pas en général ou que vous vous attendez à devenir le témoin de faits qui auraient très bien pu se dérouler dans la réalité, vous risquez d'être aussi déçus qu'un enfant de huit ans qui aurait reçu un robot mixeur pour la soupe à Noël... Legend of the Chupacabra n'est peut-être en aucun cas l'un des meilleurs films proprosés par la Troma, mais certainement pas l'un des pires, loin s'en faut !

publié le 21/04/2013 - 12:30

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