Schramm

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Portrait de Gory Freddy

Un voisin peu fréquentable

Gory Freddy (I am Legend - 1792 critiques)
7
 

Je serai moins enthousiaste que les deux précédents internautes, car même si je reconnais à ce film un ton particulier et des moments forts, je trouve qu'il a du mal à tenir sur la longueur... pourtant courte de 70 mn.

La mise en scène est parfois assez amateur, mais a régulièrement ses fulgurances.
Le film mise beaucoup sur son ambiance, et la folie de son personnage présentée en forme de puzzle temporel.

Malheureusement l'interprète est moyennement convaincant (n'est pas Michael Rooker qui veut), et l'intrigue destructurée est difficile à suivre.

Certaines séquences sont vraiment glauques, mais la volonté de nous plonger dans la psychée du personnage en nous faisant contempler ses dérives quasiment en temps réel, aurait nécessité une mise en scène plus habile pour éviter l'ennui.

Reconnaissons tout de même un ton bien barré, des idées fortes et parfois spectaculaires et bien dégueulasses, ainsi que quelques trouvailles visuelles oniriques assez réussies.

"Schramm" ne séduit qu'à moitié, mais laisse tout de même une impression persistante après son visionnage.
Et ce n'est pas le cas de beaucoup de films...

publié le 28/12/2019 - 23:54
Portrait de Wilhelm

Mon avis

Wilhelm (Newbie - 1 critiques)
10
 
Lorgnant autour du psycho-killer, Schramm tout en s'imposant comme une oeuvre expérimentale et imprégnée du talent unique de son réalisateur, ne diffère aucunement de ses prédécesseurs. En effet, le film s'attache à décrire les tranches de vies d'un chauffeur de taxi névrosé rappelant par là le drame psychologique Taxi Driver. Notre personnage éponyme est englouti dans une profonde solitude et vit seul dans son appartement où habite également une prostituée incarnée par la très charmante actrice principale de Nekromantik 2 dont il est amoureux, bien qu'il soit incapable de se lier intimement avec elle malgré ses désirs; car ce qui torture avant tout Schramm, ce sont ses fantasmes dont il a honte et qu'il ne peut assouvir, aboutissant chez lui à une angoisse de la castration ainsi qu'à des pulsions nécrophiles.

Le film commence par un gros plan sur les jambes de participant à un marathon auquel Schramm prend part. Le flou de l'image disparaissant progressivement instaure une atmosphère onirique proche du fantasme, traduisant déjà la perte de contact entre Schramm et la réalité. Cette vision d'une course presque idéale et lointaine exprime l'attachement du héros à cette activité qui semble représenter pour lui l'un des seuls instants de bonheur de son quotidien. Au sein de masse de joggeurs tous identiques, Schramm a la sensation d'être comme les autres, d'être affranchi de ses problèmes sexuels et sociaux, ainsi que de rompre son isolement et d'être libre par l'action de courir qui le fait s'éloigner de sa propre existence déprimante. Puis, la caméra nous montre Schramm, immobile et gisant dans son propre sang mélangé à de la peinture.

Un premier retour en arrière nous montre comment ce dernier reçoit un couple de témoins de Jéhovah qui s'incruste chez lui pour vanter la perfection du Christ. Ce sera le seul meurtre présent dans le film. Schramm les accueille et les tue violemment en leur tailladant la gorge au cours d'une scène gore typiquement allemande, rappelant l'intérêt omniprésent de Buttgereit dans ses oeuvres pour les effusions de sang qui ne sont jamais glauques et écoeurantes, mais davantage charnelles et érotiques; elles sont perçues comme un jaillissement de vie grâce au soin apporté par le réalisateur à de telles séquences.Le héros est totalement incapable d'avoir une relation sexuelle normale. On le voit lors de la scène où il a recours à au tronc poupée gonflable pour assouvir ses besoins tout en écoutant les orgasmes de sa voisine prostituée émis depuis la pièce adjacente. Face à cette scène très crue succède un fantasme de Schramm où on le voit danser avec sa voisine dans un environnement brumeux et onirique qui montre combien Schramm n'accomplit ses désirs que dans son imaginaire.

Son incapacité d'aller vers les autres, de faire le premier pas vers celle qu'il aime le conduit à se mutiler le pénis, autrement dit à détruire irrévocablement ce qui le liait aux femmes et à l'extérieur. Pourtant, on le voit toujours cultiver son corps, faire des pompes et de la musculation malgré sa tentative de castration. Cet acte peut être assimilé aux pulsions nécrophiles qui l'assaillent et qu'il refoule vainement en empêchant la turgescence de son sexe.

Malgré son angoisse d'être amputé, il en vient à s'autodétruire lui-même sous le poids écrasant de sa solitude. La peur d'être castré se manifeste également par des hallucinations telles que celle d'un vagin monstrueux à dents ayant dévoré son pénis pendant son sommeil.

Une autre séquence montre Schramm en consultation chez un dentiste lors d'un rêve. Ce dernier lui énuclée alors un ½il. Lorsqu'il se redresse, il constate que c'est sa voisine prostituée qui le lui a arraché; or elle n'est plus rousse mais blonde. Le changement de couleur de ses cheveux provient d'un souvenir d'enfance de Schramm dont la soeur était blonde et le réalisateur nous laisse entendre par là qu'il éprouvait à l'époque un sentiment incestueux envers elle. Par l'impuissance de Schramm, on constate la domination de la femme qui se retrouve tout au long du film. En effet, lors d'un dîner au restaurant avec sa voisine, c'est la prostituée qui paie l'addition contrairement à l'idée que ce soit plutôt la prostituée qui soit payée par l'homme. D'ailleurs, Schramm la conduit régulièrement en taxi chez des clients qui sont d'anciens nostalgiques du IIIe Reich. Il réussit néanmoins par la suite à lui faire l'amour après l'avoir endormi en l'emmenant dans son appartement, quoiqu'il se sera contenté de se masturber sur son corps tout en le prenant en photos.

Enfin, on retrouve l'arrivée des témoins de Jéhovah et la boucle est bouclée. Schramm refait sa tapisserie pour nettoyer les traces de sang du meurtre et fait une chute mortelle, sa jambe de bois s'étant disloquée pendant qu'il était debout sur l'échelle. À l'instant de sa mort, on peut admirer une très émouvante scène où Schramm repasse en revue ses souvenirs d'enfance au bord de la mer en compagnie de sa famille, avant d'accéder au paradis gardé par le cheval de l'Ankou dont la silhouette se détache d'entre les nuages. Il est reçu par jésus, qui le refoule de son royaume en lui assenant une claque. Schramm aura non seulement été rejeté par la société, mais aussi par Dieu. À cela s'ajoute d'autres clins à ses films précédents, tels que la critique d'un journaliste français du film Nekromantik que Schramm écoute dans son taxi.

Schramm est au final le dernier film de Jörg Buttgereit qui se pose définitivement comme l'un des meilleurs réalisateurs allemands de son époque par une filmographie certes courte, mais où la qualité est avant tout privilégiée. Mettant une fois de plus le thème de la nécrophilie en avant dont il est inséparable, le réalisateur nous décrit ici les tranches de vies d'un tueur de la même manière qu'un Henry portrait d'un serial killer mais où l'antihéros est d'abord perçu comme un être sensible et très proche de nous. Un film unique et mémorable.

publié le 04/09/2011 - 18:04
Portrait de Guill

Schramm

Guill (Serial Killer - 838 critiques)
8
 
Gisant dans son propre sang, Lothar Schramm est un tueur en série complètement dérangé qui est sur le point de mourir. Semi-conscient, il se remémore des flash-back de sa vie tourmenté. Jörg Buttgereit est un réalisateur Allemand connut pur ses film underground extrême dont les deux Nekromantik et Der Todesking. Schramm est un film difficile à comprendre car plusieurs moment de la vie du tueur défile sans que l'on puisse comprendre quelques chose. Sans être réellement un film gore, Schraam possède des moments assez osés entre autre une scène ou on voit un pénis cloué en gros plans, scène de nécrophilie, de masturbation et etc. Certain affirme que c’est le meilleur film du réalisateur et le clarifie de pure chef-d’œuvre. Pour ma part, j’aimerais bien voir les anciens métrages de ce réalisateur pour me faire ma propre idée. Bref, un film psychologique assez spécial qui mérite d’être vu par curiosité.
publié le 01/01/2007 - 00:00

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