Hansel e Gretel

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Sir Gore
America's Most Wanted - 526 critiques
publié le 16/12/2007 - 17:04
8
 

Un bon Fulci inédit

Quoique n'ayant été crédité au générique du film que sous l'étiquette commerciale de « x présente », Lucio Fulci a bel et bien co-réalisé, en collaboration avec l'inconnu Giovanni Simonelli, ce film narrant la vengeance de deux enfants assassinés par des trafiquants d'organe, réapparaissant et semant la mort autour d'eux. Très peu distribué, inconnu même de presque tous les plus fervents aficionados du maître de l'horreur à l'italienne, Hansel e Gretel, sorti malgré lui à une époque ou la flamme du cinéma de genre transalpin s'était déjà depuis longtemps éteinte, n'a pourtant rien d'une insignifiante série Z. Visiblement tournée dans une bourgade sicilienne jonchée de ruines et de vieilles maisons de pierre, avec un grain de pellicule crasseux comme il faut, cette curiosité horrifique se distingue par la relative qualité de sa mise en scène: prises de vues subjectives parfois impressionnantes (les chiens poursuivant la voiture, l'arrivée du couple d'enfants revenants avant chaque meurtre, l'opération), jeux de lumière baroques (teintes bleuâtres et pourpres durant les plans sombres ou nocturnes), éclairage plutôt soigné, multiplication de gros plans sur les yeux, contribuant à diffuser un climat lourd et troublant. Car si, en tant que spécialiste de la violence graphique grand-guignolesque et dégénérée, Fulci nous gratifie forcément de quelques scènes raisonnablement gore (moissonneuse-batteuse se retournant contre le paysan qui la conduisait et le transformant en vague quartier de bidoche, énucléation impromptue bien mise en valeur – ce joli plan sera d'ailleurs repris dans Nightmare Concert –, résultat d'un monstrueux headshot au revolver), ces dernières restent furtives et peu nombreuses, Hansel e Gretel misant avant tout sur l'ambiance, le mystère et l'esthétisme, non sans l'aide de certains leitmotivs obsessionnels tels ces chants d'enfant qui se font entendre lorsque les deux chérubins morts-vivants manifestent leur présence. Au rayon des points faibles, on soulignera une interprétation parfois calamiteuse (pas tant chez les deux gosses, ceci dit, mais plutôt du côté des adultes) et quelques lenteurs insistantes, notamment lors du dénouement, celui-ci étant par ailleurs un peu raté. La bande-son se révèle de son côté très réussie, alternant nappes synthétiques inquiétantes et petites mélodies dramatiques au piano du meilleur effet. Il est évident que le budget d'une telle production n'atteint jamais de bien hautes proportions, mais la magie peut toujours opérer si l'on sait tenir une caméra et distiller une atmosphère, ce qui est le cas pour ce surprenant Hansel e Gretel, un conte d'horreur contemporain malsain, glauque, inquiétant, bizarre et même touchant en un sens, à découvrir à tout prix pour les inconditionnels de Fulci.

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