Critiques spectateurs

Wolf Town

Wolf Town

Après les frasques lénifiantes d'’un ours en mal d’amour (et non, je ne parle pas du film de Jean-Jacques Annaud), John Rebel récidive presque aussitôt en s’attachant cette fois-ci à des canidés soucieux de conserver leur territoire. En effet, les intéressés s’insurgent contre des étudiants du dimanche qui décident d’occuper la bien nommée Paradis, tanière des loups. Superbe week-end en perspective. Certes, il est difficile de fustiger l’histoire d’un survival animalier. Rarement d’une originalité transcendante, elle se révèle le plus souvent le prétexte à un déferlement d’attaque de bestioles plus ou moins crédibles à l’écran. C’est un peu comme si l’on exigeait de la part d’un slasher de prendre les apparats d’un thriller psychologique. Autrement dit : c’est inapproprié.

Pourtant, les perspectives sont loin d’être réjouissantes avec Wolf town. On commence par la mise en place de personnages grotesques et stéréotypés au possible. Les deux amis et le couple disposent d’un charisme proche d’un ballon de baudruche. Tout comme ce dernier, leur caractère se dégonfle aussi rapidement que les événements tardent à venir. À cela, la brochette d’acteurs ne cabotine pas vraiment, mais ont une fâcheuse tendance à se perdre dans une interprétation dirons-nous redondantes. Cela nous donne droit à des réactions farfelues quant aux situations présentées. Une introduction vue et revue donc qui laisse peu d’espoir à une histoire très prévisible de contenter les spectateurs.

En effet, les tenants et les aboutissants de ce scénario (écrit par trois personnes !) ne réservent aucune surprise. Étant donné le peu d’intervenants (quatre), l’on devine aisément qui survivra ou pas. Qui plus est, les situations se succèdent et se ressemblent. On s’isole dans le saloon, dans une grange ou une maison. Entre temps, on tente de fuir, mais les loups nous rattrapent. Alors on se barricade autre part. Plutôt limité comme perspectives. Du côté des rares points intéressants à se mettre sous les crocs : les loups. Pas de trucages grossiers ou d’images de synthèse à trois francs six sous, ici on nous offre de véritables animaux. Un bémol néanmoins concernant les attaques. Les hors-champ et la caméra frénétique rendent l’action illisible. Hormis l’exposition des cadavres en fin de parcours, le film pourrait être classé tout public.

Malheureusement, Wolf town ne créera pas la surprise et n'est même pas un divertissement à conseiller. À l’instar de Bear, l’on remarque la fâcheuse manie de John Rebel à masquer ou désordonner les attaques des animaux tueurs pour ne pas froisser les bonnes mœurs. C’est frustrant, mais surtout peu respectueux de l’amateur de ce genre de spectacle. Si le rythme de Wolf town se veut plus soutenu que Bear (très ennuyeux), la répétitivité des séquences n’a d’égal que celle des dialogues pour le moins sommaire et, à certains égards, risible. Je vous épargnerai les moments où l’on hurle dix fois « laisse-moi y aller ! » ou les habituels « Qu’est-ce qu’on fait ? ». Seul point positif en dehors d’un cadre qui ne fait pas d’étincelles, mais se trouve bien exploité : les loups. Une véritable gageure d’employer de vrais animaux sur un plateau de tournage. On salue donc l’initiative, mais c’est bien peu pour rattraper un film convenu, bancal sur le plan de la mise en scène et surtout déjà vu dans d’autres contrées.

6

Publié le 12 Juillet 2012

Last Days of Los Angeles

Last Days of Los Angeles

Alors que des méchants extraterrestres ont décidé d'envahir notre planète, un pilote échappé de la Seconde Guerre mondiale surgit de nulle part et devient une priorité pour l'armée. Serait-il à même d'endiguer l'invasion ? C'est la question que l’on se pose et franchement la réponse n'a pas grand intérêt. Fidèle à elle-même, la société de production Asylum nous propose cette fois-ci une relecture de World invasion : Battle Los Angeles, blockbuster décérébré qui ne visait qu'à recruter de la chair à canon pour les États-Unis. Mis à part le titre vaguement évocateur, l'équipe de marines en route pour les quartiers chauds de Los Angeles (mais seulement en route) et les aliens envahisseurs, rien ne semble rapprocher les deux films.

L'histoire démarre sur les chapeaux de roues avec des Dogfights anémiques face à un vaisseau spatial extraterrestre. On ne sait pas d'où ils viennent, ni pourquoi. Une chose est sûre, ils ne nous aiment pas. Ces dix premières minutes seront également l'occasion de nous montrer toute l'absurdité du scénario et l'étalage d'aberrations que monsieur Atkins emploie pour donner lieu à un grand moment de nullité et d'idioties. Musique héroïque incapable de faire vibrer la fibre émotive, réalisation brouillonne où le cinéaste ne parvient jamais à trouver l'angle adéquat pour exposer la bataille, l'ambiance ne mérite qu'un zéro pointé. À aucun moment, on ne ressent la vitesse des avions de chasse, la violence des affrontements ou un quelconque effort pour impliquer le malheureux spectateur.

Comme si cela n'était pas suffisant, le scénario part en roue libre à la moindre occasion. Le voyage dans le temps de notre pilote issu des années 1940 est un prétexte téléphoné pour nous infliger un dénouement tout aussi stupide qu'indigent. Il faut également compter sur une femme ninja pour sauver la mise avec son cure-dent lorsque tout semble perdu. Asylum est très fort pour déverser des âneries, mais sur ce point la barre est placée haute. Ajoutons à cela des effets spéciaux hideux où les décors, les aliens et leurs engins, les avions de chasse et les effets pyrotechniques rivalisent de pixels. Les incrustations sont parfaitement scandaleuses. À tel point qu'il très facile de déceler les plans sur fond vert. Une fois encore, le réalisateur joue de quelques angles opportunistes pour créer la (dés)illusion.

Il est toujours difficile de répertorier la liste de défauts d'une production Asylum. Tant sur l'histoire, les trucages, la mise en scène, le casting ou les lignes de dialogues dignes d'une mauvaise blague Carambar, Last days of Los Angeles ne semble pourtant pas se décourager pour si peu. Il persiste et signe dans l'absurdité pour notre plus grand malheur. Si World invasion : Battle Los Angeles avait au moins le mérite d'avoir une image léchée (en dépit d'un scénario stupide et d'un message à controverse), le film de Mark Atkins n'est qu'une démonstration éloquente des capacités inépuisables d'Asylum à nous infliger navet sur nanar. Rien ne semble les arrêter, pas même les méchants extraterrestres venus de l'espace !

2

Publié le 4 Avril 2012

Paranormal Activity 3

Paranormal Activity 3

Après un premier volet qui avait ravivé la flamme des faux documentaires auprès des producteurs, un second métrage léthargique et un spin-off asiatique sans grand intérêt, la saga Paranormal activity emprunte le même chemin que Saw. Un épisode par an aux qualités somme toute discutables. Si le succès commercial est indéniable, ils sont loin d'être incontournables. Pour ce troisième opus, on fait un petit détour temporel en 1988 où les événements paranormaux semblent avoir pris leur source chez Katie et Kristi. Fort heureusement, Dennis, leur beau-père, a également une fâcheuse propension à filmer le quotidien de sa famille.

Un cadre qui tombe, une porte qui s’ouvre sans crier gare, de la poussière mouvante, des filles somnambules. Hormis le fameux robot de piscine hanté par un poltergeist, les artifices habituels du faux documentaire et particulièrement de la franchise sont de retour. De fait, il paraît improbable de s’effrayer au vu de ce qui s’annonce. Un moindre mal si l’on considère les trois quarts du récit comme superflu au niveau narratif. Finalement, les origines n’apportent que peu d’explications sur cette entité qui apprécie particulièrement Katie et Kristi. Les plans de la maison se succèdent alors que l’attente devient pénible à plus d'un titre. Pas de grande surprise à l’horizon, c’est le moins que le puisse dire.

Les nuits se suivent avec une curieuse impression de déjà-vu. On n’oublie pas au passage d’incrémenter les repères temporels pour les spectateurs un peu étourdis, on ajoute quelques bruits bizarres et le tour est joué. D’ailleurs, on ne comprend même pas pourquoi Dennis se met à filmer. Un tremblement de terre et l’on truffe la maison de caméras. Toutefois, la deuxième partie (aux alentours de 40 minutes) retient davantage notre attention. Le rythme s’accélère et surtout les manifestations spectrales sont plus percutantes. La scène du drap, « Bloody Mary » devant le miroir, mais surtout le final se veut saisissant en la présence d’un plan-séquence immersif de près de 10 minutes.

Le faux documentaire semble avoir encore de beau jour devant lui. Néanmoins, il est bon de rappeler que les références commerciales ne sont pas forcément celles des habitués du genre, loin de là. Certes, Paranormal activity 3 est prévisible de but en blanc, mais il est légèrement supérieur au numéro deux et à Tokyo Night, ce qui en soit n’est pas très difficile à accomplir. Les scénaristes se sont reposés sur les histoires précédentes en incorporant simplement de nouveaux intervenants et en changeant le cadre temporel. De moindres efforts pour un résultat classique et pas du tout inventif. Seule la deuxième partie gagne en intensité et sauve le film du naufrage.

6.95652

Publié le 3 Avril 2012

Mysterious Island

Mysterious Island

Lors d'une émission de télé-réalité sur la survie en milieu hostile, un groupe de fringants personnages fait naufrage sur une île déserte où les spectres et la faune locale sont pour le moins inamicaux. Si le cinéma occidental a déjà su tirer parti de la télé-poubelle et ses dérives, ce sujet est assez peu usité en Asie, exception faite de l'excellent Battle royale. Dans le cas présent, il s'agit simplement d'un prétexte pour coincer nos candidats décérébrés sur une île où l'on trouve des sangliers aux yeux rouges, des abeilles de mauvaise humeur et des fantômes de lépreux curieusement plus avenants que de leur vivant. Vous l'aurez compris, cette petite escapade ne sera pas de tout repos.

Partant d'un postulat digne d'un slasher bas de gamme, Mysterious island a tôt fait de nous montrer l'étendue de ses limites via une palette de possibilités pour le moins restreintes. Au lieu de se contenter de ressasser une ghost story classique (un moindre mal), le réalisateur se complaît dans un trip extatique où le démonstratif est préférable à la suggestion. Dès lors, on assiste un survival peu engageant où le cadrage épileptique n'a pas fini de nous étourdir. C'est bien simple, certains plans sont tellement bancals qu'on croit voir surgir dans la minute le caméraman du film. Oui, mais non en fait puisque la mise en scène est en cause.

Malgré un lieu propice aux manifestations surnaturelles, l'ambiance n'est pas au rendez-vous. Des bruitages ridicules, des séquences prévisibles et inutiles, une musique anecdotique, des longueurs pénibles sont le lot de cette escapade qui vire rapidement à l'indigent. Qui plus est, les interprètes surjouent au possible dans des rôles caricaturaux et inconsistants (stéréotypes de la télé-réalité, bonjour !). Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. De sempiternelles têtes à claques que l'on espère vite expédiées ad patres. Pourquoi s'allier contre des forces surnaturelles alors qu'il est préférable de gagner un stupide jeu en se séparant ou en accusant ses rivaux d'être des psychopathes ? Voilà qui résume parfaitement leur degré de réflexions !

Au lieu de conférer à son film une véritable atmosphère angoissante, Chung Kai Cheong n'a d'yeux que pour les subterfuges de pacotilles et la poitrine généreuse de ses actrices. Hormis cela, elles n'ont pas grand-chose d'autre à offrir, le talent n'étant apparemment pas un critère de sélection. Certes, l'histoire montre quelques atouts intéressants, principalement le passé de l'île, mais là encore, les rares qualités sont camouflées sous un amas d'incohérences. Tout cela n'est rien en comparaison d'une mise en scène chaotique accompagnée par des effets spéciaux au rabais (le rendu de l'eau, les ombres...). Pas crédible pour un sou, Mysterious island est un long-métrage ennuyeux, long et maladroit.

3

Publié le 3 Janvier 2012

H2-OH

H2-OH

Charlie, un ambulancier pour le moins étourdi, renverse accidentellement une jeune femme. À l'hôpital, elle affirme être poursuivie par un fantôme. Charlie ne tarde pas à constater qu'elle dit la vérité. La Thaïlande est un pays qui regorge de bons films de genre. Souvent ancrées dans le paranormal et les traditions bouddhiques, ces productions allient avec savoir-faire mystère et horreur pour le meilleur. Mais il est un autre domaine dans lequel les Thaïlandais excellent : la comédie. Si l'idée de tourner en dérision le cinéma de genre par un traitement ultraléger n'est pas novatrice, on apprécie toutefois la démarche si tant est que cela nous propose un agréable moment en perspective.

Certes, l'humour asiatique n'est pas forcément celui que l'on goûte en occident. En général, on nous octroie des gags patauds à prendre au premier degré qui peinent à dérider un enfant de cinq ans. H2-OH ne déroge pas à la règle en nous desservant moult séquences très cartoonesques. Cela fleure bon l'absurde et les situations oscille entre le cocasse, le farfelu et, par moment, confère au ridicule. On joue sur des dialogues de non-sens ou entrecoupés par des propos qui n'ont strictement rien à voir avec le sujet qui nous intéresse. Il en résulte une intrigue décousue qui s'éparpille aux quatre vents. Autrement dit, on aime ou on déteste cet humour très particulier.

Pourtant, H2-OH alterne avec une certaine fluidité les séquences dites parodiques avec des moments plus pesants. Il n'y a rien de fondamentalement effrayant, mais les maquillages des fantômes sont suffisamment saisissants pour rivaliser avec des productions plus « sérieuses ». À ce titre, le réalisateur use et abuse des poncifs du genre pour mieux les tourner à son avantage. Le spectre aux longs cheveux noirs, des apparitions dans des endroits saugrenus (une machine à laver...), une pénombre quasi constante dans les lieux les plus inquiétants (la piscine désaffectée). Tout y est, les amateurs apprécieront ce déluge de clins d'oeil sans toutefois perdre le novice.

Typiquement le genre de production qui ne se prend pas au sérieux, H2-OH comble ses maladresses (rythme saccadé, histoire brouillonne...) par un traitement très léger. Même si l'humour ne fait pas toujours mouche, la bonne humeur est au rendez-vous. Un aveugle qui croit voir, un ambulancier empoté, un flic un peu trop zélé, sans oublier la jeune amnésique pourchassée par quatre spectres (!) tels sont les protagonistes hauts en couleur qui auront maille à partir avec l’au-delà. Pour ne rien gâcher, les apparitions des fantômes sont bien amenées et, s'il n'y avait pas cette absurdité permanente dans la tournure des événements, pourraient peut-être effrayer. Une comédie horrifique de bon aloi.

8

Publié le 2 Janvier 2012

Né pour tuer

Né pour tuer

Alors que les bébés du Docteur Mayerling ont vu le monde, une jeune femme s’est donnée pour mission de tous les éliminer avant qu’ils ne parviennent à conquérir la planète. Sur sa liste, l’enfant d’une mère célibataire qui n’entend pas sacrifier sa progéniture aussi facilement. Après un premier film des plus moyens, il paraissait plus qu’improbable de voir surgir une suite à The unborn. Pourtant, c’est effectivement le cas. Changement de réalisateur, changement de casting pour une histoire qui sent bon l’absurde. Aurons-nous droit à un résultat similaire au premier volet ?

Après nous avoir fait découvrir les joies de la grossesse, ce deuxième opus se propose d’éclaircir notre lanterne sur les premiers mois de la vie d’un nourrisson. The unborn avait au moins le mérite de suggérer l’horreur, quitte à vouloir jouer les Rosemary’s baby d’opérette. En ce qui concerne le présent film, l’atmosphère est au grotesque avec ce bébé répugnant et ses cris horripilants au possible. Les meurtres perpétrés par ce sale gosse capricieux ne s’en révèlent que plus pathétiques. On mord la nuque de la gentille baby-sitter, on égorge son petit copain. Du sang, des hors-champs et un terrible sentiment de s’être fait avoir.

Comme si cela n’était pas suffisant, l’histoire multiplie les séquences ridicules et parfaitement inutiles. Une course-poursuite bien fade, des investigations pathétiques, tout est prétexte à combler les vides scénaristiques. Même les assassinats de sang-froid du bébé dégénéré ne sont pas dérangeants. Un tir, un cri et rien qui ne puisse exposer l’horreur d’une telle situation. Les liens avec le premier film sont presque imperceptibles. On ne conserve que les nourrissons intellos meurtriers sans se soucier des motivations initiales du bon docteur Mayerling (créer un monde meilleur).

Bref, The unborn 2 réussit à se ridiculiser plus encore que son prédécesseur. Des acteurs au rabais qui évoluent dans un scénario des plus futiles où se complaît un pleurnichard psychopathe s’amusant à tuer son entourage. Aucune suggestion, aucun aspect psychologique développé à travers les manipulations génétiques. En somme, il n’y a rien qui puisse justifier l’existence même de ce deuxième opus. L’ensemble se résume à une succession inepte de situations convenues et sans le moindre intérêt. Un diptyque sur les progénitures tueuses voué à se morfondre dans l’oubli.

7.16667

Publié le 14 Décembre 2011

The Unborn

The Unborn

Un couple décide d’avoir recours à la fécondation in vitro pour savourer les joies d’un petit bambin. Miraculeusement, la femme tombe enceinte, mais d’étranges sensations accaparent son quotidien. Premier long-métrage de Rodman Flender qui officiera par la suite dans de nombreux téléfilms et épisodes de diverses séries télévisées, The unborn revisite le thème de la grossesse qui tourne mal. Même pour l’époque (le début des années 1990), le sujet n’avait rien de novateur. On pense bien entendu au film culte de Roman Polanski : Rosemary’s baby, chef d’œuvre d’atmosphère paranoïaque.

D’emblée, l’on se demande si The unborn ne sera qu’une pâle copie de son illustre prédécesseur ou une honnête série B qui, sans faire d’étincelles, proposera un moment somme tout distrayant. Force est de constater que nous sommes dans le premier cas de figure. Au fur et à mesure du récit, l’on se rend bien vite compte que le réalisateur ne possède que les intentions (si louables soient-elles) et non les moyens pour mettre en œuvre un film à la fois dérangeant et réussit. La faute principalement à un scénario qui monte crescendo dans le grotesque au lieu de s’atteler à instaurer un climat angoissant (délictuel ?).

Malgré sa courte durée (80 minutes), l'histoire se perd dans d’innombrables longueurs. Tantôt en train de contempler les joies (ou les difficultés) de la maternité ; tantôt s’insinuant dans des séquences pour le moins saugrenues qui frôlent le ridicule. Les intentions du médecin, les cris du bébé ou son apparence monstrueuse ne permettent nullement de s’attacher aux tenants d'une production décidément très bancale. C’est basique et parfois maladroit. Qui plus est, le film s’accompagne d’une bande-son particulièrement horripilante qui essaye (en vain) de créer l’atmosphère tant attendue. Un énième point qui ne fait que souligner les tares du scénario.

Bref, The unborn est un téléfilm bas de gamme. Très classique et prévisible dans son déroulement, l’histoire ne se satisfait que du minimum syndical. Un médecin, un couple et un bébé pas comme les autres. Le quatuor de choc n’a rien de formidable. Bien au contraire, The unborn ressasse les mêmes enjeux que ses prédécesseurs, mais avec un savoir-faire revu à la baisse. Vingt après sa sortie, le film de Rodman Flender a non seulement vieillit (dans le mauvais sens du terme), mais dispose également d’un aspect cheap des plus handicapants. Un produit de série B passable et peu engageant.

6.4

Publié le 14 Décembre 2011

Menace Sismique - Secousse Sismique

Menace Sismique - Secousse Sismique

À la suite d'une explosion gigantesque, un tremblement de terre parcourt les États-Unis de long en large, menaçant des milliers de vies et, accessoirement, de tracer une belle cicatrice dans les plaines américaines. On connaît Asylum pour copier insidieusement les blockbusters de Hollywood. Toutefois, il est un autre domaine dans lequel la firme excelle : les films catastrophes à (très) petit budget. La firme n'hésite pas à nous fournir ce genre de produits de seconde zone à tour de bras. Elle s'associe une fois de plus avec SyFy pour ce Megafault qui porte décidément très bien son nom.

À la barre, un grand habitué d'Asylum : David Michael Latt. Le personnage sait comment s'épanouir à travers une filmographie des plus... pathétique. Il ne s'agit pas de son premier film catastrophe, mais cela n'augure rien de bon. À l'horizon, un scénario aux relents méphitiques. Nous ne sommes pas en présence d'un survival dans un paysage désolé, mais ce que l'on nous propose est encore pire. On suit en direct le voyage mouvementé de cette faille en s'amusant à compter les inepties scientifiques qui nous sont infligées. Géologie et séismologie sont bien malmenées dans cette sombre idiotie et les solutions pour endiguer le problème s'avèrent tout aussi affligeantes !

Dès lors, on assiste à une joyeuse débandade où les effets spéciaux rivalisent de médiocrité avec la distribution. Un sol qui se fissure avec la régularité d'un métronome sur l'ensemble du territoire américain, des explosions tout juste potables (excepté le panache de fumée qui s’en dégage), des conséquences en cascades qui sont à peine évoquées (la menace de Yellowstone…) ; difficile de plébisciter Megafault pour ses qualités esthétiques ! Toutefois et malgré les limites budgétaires, on notera la persévérance du réalisateur à ne pas masquer ces séquences par des hors-champ pénibles et scandaleux. L’un des rares bons points du film (pour ne pas dire le seul).

Complètement absurde, le film de David Michael Latt multiplie les incohérences et les invraisemblances tant sur le plan technique que scientifique. On assiste donc à un spectacle dénué d'intérêt. Un constat tellement prégnant que le déroulement de l'histoire se révèle un prétexte pour poursuivre cahin-caha son périple. Outre ce récit calamiteux, les effets spéciaux sont à déplorer au compte des victimes. Qui plus est, les acteurs principaux sont handicapés par des personnages des plus apathiques sur le plan émotionnel. N'oublions pas également des lignes de dialogues qui se suivent et se ressemblent. Megafault ne déroge pas à la règle de la liste non exhaustive des défauts si chers à Asylum. Vite vu, vite oublié.

4

Publié le 30 Novembre 2011

Sinking of Japan

Sinking of Japan

Alors que le Japon est victime de multiples catastrophes prédisant sa fin prochaine, un groupe de scientifiques tente de sauver l'archipel grâce à un plan audacieux : créer une explosion si puissante qu'elle déchirerait en deux les plaques tectoniques à l'origine des cataclysmes. Là où l'on remarque les bases d'un bon film catastrophe, on songe immédiatement au séisme qui a ébranlé les Japonais en ce début d'année 2011. Dès lors, le film de Shinji Higuchi possède d'étranges similarités avec la réalité et, au vu de ce qui est arrivé, pourrait se confirmer dans un proche avenir. De là à entrevoir pour les producteurs une possible exportation dudit film en se servant des derniers événements, il n'y a qu'un pas que l'on s'empresse de franchir.

Si le scénario de Sinking of Japan le laisse à croire, les premières images ne seront guère révélatrices des intentions du réalisateur. En effet, après un tremblement de terre et une séquence de sauvetage rythmée, il apparaît clairement que le récit préfère se complaire dans des dialogues interminables plutôt que se concentrer sur le vif du sujet : la destruction du Japon ! En d'autres circonstances, cela n'aurait pas été un problème, mais pour un film de cet acabit, on était en droit de s'attendre à un peu plus d'action. Qui plus est, cette exposition outrancière d'un panel de personnages très proprets, sans la moindre aspérité, fleure bon avec les stéréotypes du genre. Tant dans leur caractère que dans leurs motivations, les protagonistes s'engluent dans des propos mielleux on ne peut plus alarmants.

Sur la durée totale du film (soit 135 minutes), les séquences des catastrophes naturelles ne doivent pas dépasser plus de 10 minutes en étant généreux ! Une véritable gageure qui plombe l'ambiance et, par la même, nos attentes. Malgré une réussite indéniable au niveau des effets spéciaux (ce n'est pas 2012, mais l'ensemble demeure très crédible), les cataclysmes se résument à des séquences expédiées à la va-vite et, dans le pire des cas, à de simples plans de quelques secondes beaucoup trop statiques, voire à des images aériennes montrant l'ampleur des dégâts. Néanmoins, leur qualité n'est pas à démontrer et leur incrustation à l'image des plus soignées pour la plupart d'entre elles.

Bref, Sinking of japan n'interprète pas le chant du cygne de l'archipel nippon dans un déluge d'explosions, de séismes et de tsunami, mais plutôt dans une étonnante résignation et abnégation de la part de ses citoyens. Assez naïf et utopiste dans sa manière d'exposer la nature humaine face aux catastrophes naturelles (tous s'entraident et s'épaulent dans l'épreuve), Shinji Higuchi nous dessert une fable mélodramatique lénifiante au lieu d'une production nerveuse et trépidante. Une approche similaire au "blockbuster" coréen The last day qui se conclut par des situations attendues et un final aussi niais que le restant du film. Sinking of Japan n'est pas mauvais, mais ne convainc guère par son idéalisme mal placé.

7.5

Publié le 21 Novembre 2011

Dylan Dog

Dylan Dog

Dylan Dog, un ancien détective privé spécialisé dans le paranormal, reprend du service le jour où son meilleur ami est retrouvé mort assassiné chez lui. Tout porte à croire qu'un clan de loup-garou soit mêlé à l'affaire. Adaptation d'un comics dont je ne connaissais pas l'existence, cette nouvelle réalisation de Kevin Munroe semble mélanger moult créatures légendaires et mythologiques dans un univers très contemporain. Vampires, loups-garous, zombies et autres démons seront donc de la partie. Étrange alchimie qui a le mérite d'intriguer. Aussi, mon avis ne concernera pas une comparaison malvenue (je n'ai pas lu les comics) avec l'oeuvre originale, mais portera sur le film en lui-même.

Dead of night ne se contente pas d'associer dans son univers les créatures de l'ombre. Il s'amuse des genres pour marquer une pluralité prononcée. Comédie noire, fantastique sont bien évidemment de la partie, mais l'on retiendra une trame scénaristique très semblable aux polars des années 1950. Un cadre propice à ce type de péripéties (La Nouvelle-Orléans) où le délétère côtoie les ruelles sombres et crasseuses de la ville. Tout est agencé de manière à implanter le classique (l'enquête, les faux-semblants, le passé encore vivace...) dans un monde fantastique. De fait, on n'échappe pas à quelques clichés de circonstances. La voix off, les anciens amis, les trafics louches, la criminalité, les anciennes rivalités... Des critères qui, il faut le reconnaître, ont passablement vieilli (en bien comme en mal).

Au centre de cette tourmente : notre détective privé qui revêt le caractère du baroudeur désabusé qui reprend du service. On a l'impression de se retrouver devant une sorte de Van Helsing « moderne » défendant les opprimés et traquant l'injustice. Malgré ces poncifs éculés, l'histoire ne se prend pas au sérieux. Même si l'humour ne fait pas toujours mouche ou que les gags sentent le réchauffé, l'ensemble demeure suffisamment distrayant pour ne pas crier au scandale face à une facilité dans le déroulement des événements. Cette approche au second degré permet au film de se sauver d'un naufrage caricatural absolument pathétique. Il en ressort donc un bon à-priori.

Même si tout cela est assez prévisible, avec son lot de vraies-fausses révélations et sa propension à exagérer chaque aspect de son histoire ; tant les personnages que les caractéristiques des créatures, Dylan Dog n'en demeure pas moins une série B honnête où il est agréable de se perdre dans les rues de La Nouvelle-Orléans. Sans faire dans l'originalité, Dylan dog se joue à la fois des genres et des clichés que ceux-ci véhiculent. Même s'il n'est pas exempt de reproches (quelques problèmes de rythme, des interprétations pas toujours finaudes, surtout pour les « méchants »), le film s'avère un bon compromis entre polar et fantastique. Pas exceptionnel, mais distrayant.

6.25

Publié le 17 Novembre 2011

The Human Centipede 2

The Human Centipede 2

Martin est un gardien de parking au physique ingrat. Constamment raillé, mésestimé et haï, il nourrit une véritable obsession pour le film de Tom Six : The human centipede. Alors que son quotidien ne recèle aucun espoir, il va tenter d'imiter le travail du docteur Heiter et même de le surpasser. Suite du très dérangé et néanmoins excellent Human centipede, ce deuxième volet (intitulé Full sequence) fait déjà polémique outre-Manche et dans d'autres pays à sa sortie. Interdit de commercialisation, on le décrit comme une oeuvre subversive à la violence insoutenable. Au vu du premier épisode, l'on se doute que le réalisateur ira plus loin dans le scabreux et le scandaleusement inavouable. Une réputation justifiée ?

La première partie du récit se concentre davantage sur le personnage de Martin. Individu renfermé, traumatisé et asocial. Rien de bien neuf certes, mais l'acteur Laurence Harvey campe son rôle avec une troublante crédibilité. Outre son physique disgracieux, il joue tout en nuance, alternant grande détresse et état névrotique avec une rare subtilité. Des mimiques remarquables, une gestuelle parfaite, le protagoniste de Human centipede 2 est clairement la personne perturbée et perturbante que l'on s'attend pour commettre pareilles exactions. Qui plus est, il ne dispose d'aucun dialogue pour extérioriser ses pulsions. Tout passe par le ressenti et l'image que l'on se fait de lui. Une approche similaire à ceux des films muets, contraints par la technique de l'époque au visuel et à rien d'autre. Une performance remarquable.

L'esthétique est accrocheuse, c'est un fait. Principalement tournés dans un hangar désaffecté, les jeux de lumière et la réalisation magnifient une atmosphère des plus sordides. Le noir et blanc renforce cette impression de malaise permanent. À cela, il faut également compter sur une ambiance sonore caustique. Les cris, les pleurs, les résonances du parking souterrain, le bruit des outils pour « opérer », chaque son est amplifié afin de nous faire vivre comme il se doit le calvaire des victimes. Supplice qui occupera la deuxième partie du récit, soit trente de minutes de conclusion où l’on voit se succéder le grotesque, l'absurde et les tortures les plus innommables dans un cocktail unique. Étant donné que Martin n'a aucune compétence chirurgicale, le sang coule à flot et les bavures sont légion. En somme, une vraie boucherie.

Après visionnage dudit film, on comprend mieux la controverse qui l'entoure. Des images brutes de décoffrage qui nous sont livrées sans la moindre coupe. Alors que la première partie instaure l'ambiance, décrit le protagoniste et monte crescendo vers l'inéluctable, Tom Six se lâche complètement dans la seconde partie du récit. L'attente engrangée par la première heure est grandement récompensée. Gore, scabreux, brutal, les adjectifs ne manquent pas pour définir cette dernière demi-heure. Qu'on se le dise, Human centipede 2 reprend la recette de son prédécesseur en démultipliant son contenu. Plus de cobayes, plus de violences, plus dérangés et... moins d'hygiène dans les opérations.

6.89474

Publié le 16 Novembre 2011

Détour Mortel 4 : Origines Sanglantes

Détour Mortel 4 : Origines Sanglantes

En 1974, les patients d’un hôpital psychiatrique parviennent à s’échapper de leur cellule et massacrent le personnel de l’établissement. Trente ans plus tard, un groupe de jeunes gens se perdent dans la montagne et se réfugient dans ledit bâtiment alors qu’une tempête de neige fait rage. Quatrième volet de la célèbre saga, Bloody beginnings n’est autre qu’une préquelle se déroulant trente ans avant le premier film (dans l'introduction) et se situe rapidement de nos jours (en 2003). Franchise qui évolue en dent de scie, un deuxième volet assez décevant dans l’ensemble et un troisième opus qui remonte légèrement la barre, mais qui est loin d’égaler le film de Rob Schmidt, le réalisateur de ce dernier remet le couvert pour une nouvelle boucherie.

D’emblée, l’on peut saluer une introduction forte et absolument jouissive. En l’espace de dix petites minutes, l’évasion et le massacre du personnel sur fond de musique classique sont un pur régal. La folie parcourt les couloirs, les employés sont dûment assassinés et le sort du médecin-chef ne laisse que peu de place à l’expectative. Voilà commence le film. La volonté de renouveler la saga par le biais d’un changement de cadre sans dénaturer le principal atout de ce genre de produits : l’impitoyable violence dont font preuve les dégénérés. Toutefois et malgré un départ en fanfare, la suite des événements se révèle plus classique et rentre dans le moule de la bonne petite suite qui remplit son cahier des charges sans faire de vagues.

Un groupe d’amis fait son incursion dans ce bâtiment perdu dans la montagne. Ils sont assez nombreux et laissent augurer un joyeux carnage. Étant donné qu’ils sont assez énervants tant leur personnalité est superficielle (les stéréotypes du genre sont respectés à la lettre), on ne peut que se réjouir qu’ils aient atterri dans cet hôpital lugubre. À ce titre, ils sont un véritable boulet pour le film tant leurs réactions sont prévisibles et irrationnelles. Le nombre fait la force ? Divisons-nous ! Des fous à l’intérieur de l’asile ? Restons-y et battons-nous avec trois bouts de ficelles ! C’est assez pénible de constater qu’ils ne sont que de la chair à viande sans cervelle dans une histoire qui n’en possède que le nom.

En dehors de cela, les meurtres sont assez bien pensés et suffisamment gore pour contenter l’aficionado. De l’hémoglobine, du démembrement, de la torture, ces chers dégénérés consanguins s’en donnent à cœur joie. Si vous souhaitez une petite escapade sans prise de tête dans un hôpital psychiatrique tenu par les fous, que les caricatures des protagonistes ne vous rebutent pas et que le sang coule à flot (avec des trucages discutables), alors il y aura de grandes chances que vous apprécierez Détour mortel 4. Pour ma part, les décisions des victimes, ainsi qu’un manque total d’approfondissement du scénario (finalement, on n’apprend rien sur les dégénérés mis à part leur internement) sont un véritable frein pour savourer pleinement ce quatrième volet. Un film des plus conventionnels.

6.53571

Publié le 11 Novembre 2011

Cowboys & Zombies

Cowboys & Zombies

Au XIXe siècle, un chasseur de primes tente de capturer un indien lorsqu'une invasion impromptue de morts-vivants lui compliquent considérablement la tâche. Alors que le western semble un genre appartenant au passé, une sous-catégorie perdure et, depuis un certain temps, gagne à se démocratiser : le western horrifique. Plutôt rare sur nos écrans, l'année 2011 aura vu tout de même des DTV tels que The burrowers ou High plain invaders sortirent dans l'hexagone. Le cinéma n'est pas en reste avec le récent Cowboys & aliens. C'est d'ailleurs à ce dernier que l'on pense avec le titre à peine évocateur de Cowboys & zombies. Pourtant, la comparaison s’arrête là puisqu'il les deux films n'ont strictement rien en commun (si ce n'est l'époque à laquelle ils se déroulent).

Nous voici donc embarquer dans une histoire pour le moins saugrenue où la découverte d'une météorite toxique change les habitants d'une paisible bourgade en zombies mal défraîchis. Au vu de l'idiotie du scénario, on pourrait songer à un traitement au second degré, voire à une comédie complètement déjantée. Undead or alive nous avait d'ailleurs fourni un travail sympathique voilà quatre ans où l'on se souvient encore d'un divertissement appréciable sans prise de tête. Or, le film de Rene Perez est l'archétype de la production fauchée qui tente de se donner un style sans y mettre les formes. En somme, autant surfé sur un genre qui a le vent en poupe plutôt que de faire un bon film (ou du moins essayer).

En guise d'introduction, une fusillade ridicule ouvre les hostilités et reflète la suite des réjouissances. Une image pas très finaude, des rôles qui retracent les pires caricatures que l'on puisse trouver dans un western, une bande-son anachronique des plus agaçantes, mais le plus exaspérant demeurent les piètres situations dans lesquels s'empêtrent nos protagonistes. C'est bien simple, leur mission est davantage de combler les carences d'un scénario creux et stupide au lieu d'entretenir une certaine cadence dans le déroulement des événements. Qui plus est, nos amis les zombies ont une véritable tête de déterrés. Enfin, l'expression est plutôt mal choisie. Les maquillages sont abominables et finissent de plonger cette sombre idiotie dans les affres de la nullité.

Vous l'aurez compris, Cowboys & zombies n'est pas un western horrifique des plus réjouissants. On ne peut faire l'impasse sur la pléthore de défauts égrenant cette production de seconde zone. Hormis le cadre temporel (toujours aussi intéressant à contempler), le film de Rene Perez multiplie les maladresses à un rythme effarant. À tel point que cela pourrait faire l'objet d'une discipline sportive des plus originales. Mis à part une séduisante jeune femme peu farouche, on ne retiendra que l'hémoglobine verdâtre des morts-vivants et leurs propensions à pousser des borborygmes pour le moins... grotesque. Un film qui est voué à demeurer inédit dans nos contrées (ce qui est à espérer) étant donné sa pitoyable prestation. Pathétique dans ses moindres retranchements.

4

Publié le 10 Novembre 2011

Uninhabited

Uninhabited

Un jeune couple part en vacances sur une île déserte. Loin de la civilisation, ils coulent des jours paisibles jusqu’à ce que des événements étranges et pour le moins inquiétants viennent troubler leur séjour. Il est toujours agréable de situer le cadre d’un film de genre sur une île paradisiaque. Néanmoins, il s’agit en général de slashers bas de gammes ou de quelconques survival qui privilégient les caricatures et autres stéréotypes au détriment du scénario. Pour Uninhabited, il est question d’une ghost-story au beau milieu de la grande barrière de corail. Le voyage mérite-t-il le détour sur ce petit caillou de paradis ?

Tout débute par des images somptueuses. Les panoramas traduisent parfaitement le sentiment d’isolement et l’incapacité à communiquer avec le monde extérieur. Qui plus est, la forêt semble receler de sombres secrets que nos Robinson Crusoé du dimanche sont sur le point de déterrer. Fort heureusement, on éconduit les stéréotypes sur le rivage, mais il faut reconnaître que leur personnalité n’a rien de fondamentalement original. En somme, l’image d’un couple idéal dans un endroit qui l’est tout autant, du moins dans ses apparences. Au vu des possibilités offertes par l’île, tout semble indiquer que nous avons droit à un huis clos au grand air. Les bases sont posées et pourtant, on en restera au stade des bonnes intentions.

Malgré ses atours aguicheurs, Uninhabited souffre du syndrome de la tortue géante. Sympathique, mais d’une indéniable nonchalance qui finit par perdre le spectateur en cours de route. Si l’envie de privilégier l’aspect suggestif des événements n’est pas à dénigrer, on peut reprocher les fréquentes baisses de rythme qui plombent une atmosphère de prime abord réussie. Entre des moments de contemplation du cadre et l’arrivée impromptue de pirates, les phénomènes paranormaux peinent à se faire une place au soleil. C’est long, pataud et plutôt malmené compte tenu des bons à-priori initiés. Qui plus est, le point culminant de l’intrigue fait office de véritable pétard mouillé.

Bref, Uninhabited ne parvient pas à effrayer ou même susciter une improbable inquiétude chez le spectateur. Les situations se suivent et se ressemblent et les réactions de nos deux protagonistes ne sont pas toujours pertinentes. Entendons par là qu’ils cherchent d’abord à comprendre ce qu’il se passe (ou à s’en amuser) plutôt qu’à pressentir le danger imminent à rester en pareil endroit. Nous nous retrouvons donc avec une production qui montre rapidement ses limites et déçoit quelque peu malgré une mise en scène propre et un cadre pour le moins merveilleux (sans aucun doute le point fort du film). Intéressant, mais trop de lacunes pour faire la différence.

6

Publié le 8 Novembre 2011

Arena: Les Gladiateurs de la Mort

Arena: Les Gladiateurs de la Mort

Dans un avenir très proche, un jeu diffusé sur le net expose les affrontements entre différents gladiateurs d'un nouveau temps. Toutefois, les spectateurs ignorent que les combattants sont retenus prisonniers et meurent réellement lorsqu'ils subissent une défaite. Le thème des dérives de la télé-réalité n'a rien de bien original. Depuis un certain Running man, ce sous-genre est demeuré assez modeste. Tantôt des titres marquants, tantôt des productions anecdotiques, une chose est certaine : ce thème continue à faire des émules. Néanmoins, Arena est loin d'avoir su tirer le plein potentiel de son sujet.

Pour sa première réalisation, Jonah Loop n'a pas lésiné sur les moyens en mettant en tête d'affiche Samuel L. Jackson. De là, on peut songer qu'Arena sera agréable à l'oeil et, pourquoi pas, que l'on aura droit à un divertissement de premier ordre. Et ce n'est pas sa sortie directement en DVD qui devrait nous laisser croire le contraire. On pense encore à Unthinkable et son rôle pour le moins... inhabituel. Malheureusement, nous ne sommes pas en présence d'une récidive. L'acteur ne se révèle qu'une simple vitrine destinée à masquer un film des plus conventionnels. Comme quoi sa présence à l'écran n'est pas (ou plus) forcément un gage de qualité.

Au milieu de quelques combats violents, le scénario n'a strictement rien d'attrayant. La question du voyeurisme et jusqu'où peuvent sombrer les stupidités de pareils programmes n'est même pas mise en avant. On a droit à des spectateurs complètement abrutis attendant leur lot de coups et d'hémoglobine à travers leur écran. Si certains y prennent un plaisir manifeste, deux ou trois donzelles éberluées hurlent à l'horreur sans toutefois détourner le regard. À cela, la réalisation manque de panache et le récit souffre de fréquentes baisses de rythme. On peut également remarquer la platitude des personnages dont les ébauches de caractère ne sont qu'une pâle resucée de productions similaires.

Bref, Arena est un film dont peine à saisir l'intérêt. Dans un premier temps, la présence de Samuel L. Jackson attise notre curiosité, mais l'on se rend bien vite compte qu'il s'agit d'un prétexte pour engranger un maximum d'audimat. L'acteur cabotine un maximum (ce qui n'est pas dans ses habitudes), l'histoire est aussi inutile qu'inconsistante, les affrontements n'ont rien de fondamentalement choquant et les chorégraphies sont terriblement redondantes. Simpliste au possible, il est question à aucun moment de se pencher sur les dérives de ces joutes clandestines ou celles de la télé-réalité. Des combats, de la violence et... rien d'autre.

5.33333

Publié le 3 Novembre 2011

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