Critiques spectateurs de Dante_1984

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Quartier lointain

Quartier lointain

Thomas est un auteur de bande-dessinée hanté par la disparition aussi soudaine qu’inexpliquée de son père lorsqu’il était adolescent. En revenant dans le village de son enfance, il perd connaissance devant la tombe de sa mère et… se réveille à l'aune de ses 15 ans, voilà plusieurs décennies. Il va tout tenter pour comprendre ce qui tourmente son père et l’empêcher de partir. Quartier lointain est l’adaptation d’un manga qui a connu un énorme succès dans son genre. Étant donné que je n’ai pas lu l’œuvre de Jirô Taniguchi, mon avis portera sur la qualité du film et de son histoire et non sur sa fidélité ou sa qualité d’adaptation.

Si le voyage dans le temps est souvent affaire de péripéties grandiloquentes ou, à tout le moins, rocambolesques, l’incursion du concept dans une production française donne lieu à un habile compromis entre le drame familial et le fantastique. Dès lors, cette incursion temporelle apparaît davantage comme un rêve éveillé. Une réminiscence de souvenirs profondément enfouis qui prend vie sous nos yeux. Plus qu’une deuxième chance pour colmater les blessures du passé, cette odyssée exorcise les peurs et les doutes et offre un regard « adulte » sur la page de l’enfance. Les petits détails de la vie quotidienne deviennent de savoureux moments alors que les préoccupations somme toute superficielles de l’adolescence passent en second lieu.

Mais le film de Sam Gabarski se révèle également une formidable reconstitution des années 1960 où régnait une certaine insouciance. Le village est alors la représentation d’un microcosme quasi léthargique que rien ne semble altérer. D’ailleurs, le présent et le passé se rejoignent sur ce point. Le village est la transition entre deux époques aux antipodes. Les affres du temps ont bien modifié les apparats, mais les mentalités demeurent. De fait, il découle une certaine nostalgie d’une époque révolue qui appartient au monde des souvenirs et autres rêveries. On pourrait même penser que cette vision idéalise une vie qui n’a plus court dorénavant où la nonchalance et la contemplation sont les vecteurs du bonheur. En d’autres termes, il faut prendre le temps de vivre.

Bref, Quartier lointain est un film atypique et séduisant. Il touche la fibre sensible qui sommeille en chacun de nous pour narrer un problème familial ayant eu des répercussions dans les vies futures des différents intervenants. Le récit prend des allures de voyage initiatique, comme si apprendre à se connaître (quel que soit son âge) permettait de mieux comprendre les aspirations de son entourage ; a fortiori, de ses proches. On a l’impression de se retrouver sur un petit nuage, transporté par la musique d’Air (le groupe justifie à merveille son nom) aux sonorités à la fois planantes et impalpables. En somme, une histoire émouvante racontée avec sobriété et un brin de fatalisme. Un film qui sort de l’ordinaire.

7

Publié le 10 Mai 2011

Bedevilled - Blood Island

Bedevilled - Blood Island

Hae-won décide de prendre des congés bien mérités loin de Séoul et de son quotidien stressant. Pour cela, elle revient sur l'île de son enfance où elle rencontre Bok-nam, son ancienne meilleure amie et les locaux qui ne sont pas forcément ravis de son retour. Les jours passent et elle se rend compte de ce quoi endurer Bok-nam entre les brimades des vieilles du village et les coups de son mari. Première réalisation de l'inconnu Chul-soo Yang, Bedevilled est le genre de film méconnu qui se forge une excellente réputation de par des spectateurs passionnés et conquit par son aura.

Il faut reconnaître que les éloges sur cette production coréenne sont amplement mérités. À la croisée des genres, le ton est volontairement pessimiste et cruel. Un traitement dramatique qui, tout au long de l'histoire, ne nous quittera pas. Nous assistons avant tout à une tragédie, une sinistre farce du destin qui se joue de sa victime. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Hae-won n'est pas le personnage principal. Elle se révèle le témoin du calvaire de Bok-nam, jeune femme où les rêves et les illusions ont volé en éclat. D'ailleurs, Hae-won est plutôt antipathique à nos yeux. Une lâche égocentrique aux aspirations très superficielles.

Outre la performance générale du casting, Bedevilled se démarque par une esthétique somptueuse. De la vie urbaine étouffante aux paysages de l'île, le cinéaste excelle sur les deux plans. Des angles de caméra judicieux, une mise en valeur quasi permanente de l'instant saisit, tout est ici question d'une beauté froide et cruelle qui marque la barbarie humaine. Que cela soit dans un lieu prompt à la violence ou dans un cadre plus serein (du moins en apparence), l'homme est un orfèvre de la souffrance. Il jouit d'une parfaite adaptation à son environnement pour reproduire les schémas qu'il a lui-même subis.

Bref, Bedevilled est un film audacieux qui apporte véritablement un sens et une justification à sa folie. Une descente aux enfers progressive dont on a du mal à discerner les frontières. Fataliste et misanthrope dans son approche de la nature humaine (on devient ce que l'on subit), Bedevilled marque au fer rouge cette incursion dans le cinéma de genre. Si certains pesteront contre une perpétuelle attente du massacre qu'on se le dise : il est la finalité à cette engeance et non la cause. Un film qui prend son temps et parvient à séduire de par ses innombrables qualités et un talent certain en ce qui concerne le réalisateur.

7.70588

Publié le 9 Mai 2011

L'Empire des ombres

L'Empire des ombres

Avant de se concentrer sur le film en lui-même, il est un point important qu’il faille préciser : toutes les interrogations qui découleront de l’histoire, que cela soit avant, pendant ou après, ne trouveront aucune réponse. Pis, vous aurez la sensation que le récit engrange davantage de questions qu’il n’en résout. Comment et pourquoi la « tempête » est arrivée ? Vous ne le saurez pas. Si l’on s’arrête à cela, L’empire des ombres se révèle plus frustrant qu’intéressant. Pourtant de par son concept de départ et le peu de personnages impliqués, l’histoire s’avère plaisante à suivre. Aux commandes, Brad Anderson. Réalisateur du très étrange et non moins incroyable The machinist. Nul doute que ce nouveau projet suscite les plus grandes attentes.

Une tempête inexpliquée coupe l’espace d’un instant l’électricité de la ville de Détroit. Une fois les ténèbres éclaircies, toute la population (à l’exception de rares survivants) a disparu en laissant vêtements et objets personnels. Pendant une nuit, nous suivons donc le périple d’individus ayant réchappé au curieux phénomène. Là encore, on ne saura pas pourquoi certains sont épargnés plutôt que d’autres. Il y a bien cet effet de lumière permanent (le briquet, la lampe frontale…) lors de la coupure générale, mais rien de bien satisfaisant. À noter que l’histoire de l’île de Roanoke fait une petite incursion dans le scénario. Pour ceux qui s’y intéressent, le sympathique Lost colony se révèle l’un des rares métrages (pour ne pas dire l'unique) à traiter du sujet.

Pourtant, l’atmosphère de terreur qui émane de ces rues désertes ne parvient pas à nous convaincre pleinement. Cette invasion latente se rapproche sensiblement de Pulse où les défunts envahissaient le monde des vivants. Seulement, l’action est davantage axée sur les doutes et l’incompréhension des protagonistes plutôt que sur le danger permanent de la situation. Il suffit d’éteindre les lumières pour se retrouver menacé par les ombres. Celles-ci deviennent alors le reflet des regrets de chacun. Une sorte de catalyseur qui éclate au grand jour pour remettre les compteurs à zéro. Mort, passage dans un autre monde ou une dimension parallèle, les hypothèses ne manquent pas et ce n’est pas le réalisateur qui éclairera votre lanterne puisqu’il vous laissera à votre seul jugement.

Bref, L’empire des ombres se révèle un tantinet décevant lorsque creuse le fondement même de son concept. Même s’il est parfois préférable de laisser vaquer la libre interprétation chez le spectateur, on se retrouve, ici, livré à nous-mêmes. La mise en scène se veut posée et s’appesantit sur une galerie de personnages restreinte (mais éclectiques) plutôt que sur l’urgence d’un pareil événement. De fait, certains passages peuvent se révéler longuets, voire ennuyants. Toutefois, le plus gros point faible du film réside sans nul doute dans son dénouement hautement subjectif. Une fois de plus, un final aux relents bibliques qui prônent l’avènement d’un nouvel Éden construit sur les bases d’un monde déchu. Un parti pris qui gâche une entame nihiliste et profondément inquiétante sur notre devenir.

7.66667

Publié le 6 Mai 2011

The Traveler: le Justicier des Ténèbres

The Traveler: le Justicier des Ténèbres

Un inconnu se constitue prisonnier en avouant un crime. Les policiers l'enferment et entendent ses aveux, mais rapidement les flics se font décimer les uns après les autres alors que le suspect se trouve devant eux. Le Noël le plus long de leur vie est sur le point de commencer. Michael Oblowitz est le responsable des plus mauvais DTV de Steven Seagal. L'affaire Van Haken, Ultime vengeance, voilà deux piètres exemples qui sont révélateurs du talent de ce monsieur. Aussi, l'on peut craindre le pire quand on aborde ce Traveler. Étonnamment, il est évité.

Non pas que le film s'avère d'une incontestable qualité, mais l'on est surpris par le soin de la mise en scène lorsque l'on connaît des antécédents du réalisateur. Un soir de Noël déprimant, l'arrivée impromptue d'un étranger et une brochette de flics complètement larguée installent une atmosphère qui pousse à la curiosité. Les premiers meurtres prennent leur temps de s'inviter à la fête, mais ne déçoive nullement compte tenu de ce que l'on sait du passé des victimes. Dès lors, le mystère et l'incompréhension règnent dans ce commissariat. Qui est Mr Nobody ? Et comment expliquer que ses aveux prennent vie ? Outre ces derniers qui font office d'une condamnation pour le malheureux quidam visé, on peut saluer également une musique parfaitement dans le ton de chaque situation (en particulier le requiem de Mozart).

Pourtant, le film de Michael Oblowitz possède des défauts et non des moindres. Les constants flash-back sont assez pénibles dans leurs incursions. Ils sont nécessaires à la bonne compréhension de l'histoire, mais les ressasser n'importe comment pour montrer ce que mérite la prochaine victime agace très facilement. On a l'impression de se faire assister alors qu'il n'est nullement besoin de s'appesantir sur ceux-ci. La présence de Val Kilmer ne passe pas non plus inaperçue. Il fait preuve d'un stoïcisme qui dépasse l'entendement. Cela pourrait refléter le manque de personnalité du rôle, mais il ne parvient pas à engranger l'angoisse qui lui aurait été dû. Voilà qui est d'autant plus dommage qu'il tient la vedette.

Bref, The traveler se révèle un thriller horrifique en demi-teinte. Alors que l'ambiance et les événements inquiétants tendent à entretenir un faux suspense très appréciable, on ne peut que regretter le manque d'engagement de Val Kilmer et d'un déroulement chaotique. Mis à part les perpétuels flash-back, les meurtres sont disséminés à la va-vite aux quatre coins de l'intrigue. Enfin et cela demeure pour moi le point le plus incompréhensible et décevant du film : son final. On nous inflige un happy end mielleux à la sauce hollywoodienne complètement hors de propos qui gâche une bonne impression générale. De fait, Mr Nobody sombre dans le ridicule durant le dernier quart d'heure. The traveler se montre tout juste sympathique alors que la mise en place du récit laissait augurer d'une tout autre tournure.

5.2

Publié le 5 Mai 2011

Chaw

Chaw

Dans un village sans histoire, un sanglier sème la terreur parmi la population locale. Un flic fraîchement muté doit alors se confronter à la vie rurale tout en ramassant les morceaux de cadavres derrière la bête. En général, la Corée du Sud est plus connue pour ses excellents thrillers que pour ses films d’horreur animalier. Mis à part The host, aucun ne me vient à l’esprit. Chaw fait donc office de « précurseur » au pays du matin frais. D’emblée, la comparaison avec Razorback semble inévitable, mais ce n’est pas pour autant que l’on se trouve devant une production opportuniste.

Bien au contraire, Chaw s’amuse des codes du genre en y intégrant des traits typiquement coréen. Le plus déstabilisant de tous (et sans doute le plus risqué) s’avère cet humour omniprésent dans les pires des situations. On se demande si le procédé est volontaire ou pas. Puis l’on se rend compte que cela fait partie intégrante du film et qui confère une certaine bonhomie dans son déroulement. Un exploit qui n’est pas donné à tout le monde de relever sans tomber dans la caricature ou la parodie de bas-étage. Pourtant, le réalisateur trouve cet équilibre fragile et l’entretien pour nous offrir un survival animalier qui ne manque pas de mordant.

Cette réussite, Chaw l’a doit également à son lot de protagonistes tant incongrus qu’inhabituels. La folle du coin qui se prend pour une mère, le chasseur repentant, le flic de la ville ou la scientifique passionnée sont autant de bonnes surprises à savourer. Certes, annoncer comme cela, l’on peut croire à des stéréotypes sans relief, mais les acteurs campent leur rôle avec talent tout en apportant leur petite touche personnelle. En ce qui concerne le sanglier, il n’y a pas de soucis à se faire. Le budget étant au rendez-vous, les effets spéciaux le sont également. De sa carrure imposante, la bête ne déçoit nullement, même si elle tarde à montrer le bout de son groin. La seconde partie, en revanche, n’est nullement avare en affrontement et nous offre même un magnifique banquet dans une grange.

Bref, Chaw constitue un moment délectable. Malgré la comparaison avec Razorback et un début déstabilisant, nous sommes en présence d’un survival animalier vindicatif où s’invite un humour typiquement coréen pour alléger la thématique du film. Cela ne plaira pas forcément à tous, mais, une fois la surprise passée, on se laisse prendre au jeu. Bien que l’histoire pâtit de quelques baisses de rythmes ou de seconds rôles discutables, il demeure néanmoins un excellent moment en perspective pour tout amateur de battues sauvages et de démembrements académiques. Une réalisation soignée, des effets spéciaux convaincants et un sanglier hargneux, il serait dommage de se priver de cette production sympathique et plaisante à plus d’un titre.

8

Publié le 4 Mai 2011

Cold Prey 3

Cold Prey 3

Dans les contrées reculées de Norvège, un groupe d’amis part en vacances. Néanmoins, ils ignorent qu’au sein de cette impénétrable forêt se cache un dangereux psychopathe qui a assassiné ses parents voilà près de 12 ans. Leur venue permettra de débuter un nouveau massacre. Deux ans après Cold prey 2, la Norvège nous offre un troisième volet qui se révèle une préquelle. L’histoire se déroule en 1988 et reprend sensiblement la même trame narrative que le premier film et, par essence, de n’importe quel slasher digne de ce nom. Pour ce faire, la réalisation est octroyée à Mikkel Braenne Sandemose, dont il s’agit ici de son premier long-métrage. D’ailleurs, le casting se compose principalement d’illustres inconnus qui font leur premier pas devant la caméra (à peu de chose près).

On se souvient tous de cette fameuse bande-annonce à rebours qui laissait augurer pour ce nouvel opus un grand point d’interrogation. Comment ressusciter de nouveau le tueur ? Tout simplement en faisant un petit bond dans le passé. Pour ceux qui s’attendraient à de plus amples explications concernant la genèse du tueur à la parka, ils seront fortement déçus. On a droit à une introduction des plus sommaires qui met le spectateur en condition, mais n’apporte rien de fondamental au personnage déjà bien ancré dans les mémoires après deux films très intéressants. Le scénario est également classique au possible avec l’inévitable bande de copains qui se font trucider pendant leur temps libre (aucun respect pour les loisirs de ses victimes ce psychopathe !).

En ce cas, on a la fâcheuse sensation d’avoir été floué sur les intentions de départ qui s’avère davantage un prétexte plutôt qu’une nécessité à nous offrir une suite incontournable. Cet aspect étant éclairci, Cold prey 3 gagne en efficacité là où il ne laisse qu’une furieuse impression de déjà-vu. On change de saison, on délaisse la montagne pour la forêt et on repart du bon pied pour une nouvelle tuerie. Certes, il s’agit de modifications mineures, mais le slasher n’a jamais été réputé pour son désir d’innovation. L’ensemble demeure alors suffisamment rythmé (une fois la mise en place des protagonistes effectuée) pour assurer le spectacle et nous offrir une chasse à l’homme qui prend des allures de Délivrance (les cascades, les à-pics rocheux, la forêt).

Bref, Cold prey 3 se contente de ressasser les acquis de ses prédécesseurs. Le scénario déçoit par sa simplicité et son manque d’explications quant aux origines du tueur. Il reste néanmoins un slasher à la réalisation propre et soignée qui propose une randonnée bucolique en compagnie d’un fervent défenseur de la nature. Les paysages disposent d’un rendu absolument sublime. Le cinéaste expose l’environnement en s'amusant des contrastes et autres jeux de lumière pour magnifier une atmosphère sauvage et froide. L’esthétique de Cold prey 3 rattrape indubitablement une histoire creuse et sans surprise. À condition de ne pas être trop exigeant, un slasher à découvrir.

6.28571

Publié le 4 Mai 2011

Not forgotten

Not forgotten

À la frontière mexicaine, la fille d’un homme sans histoire se fait enlever. Malgré les investigations de la police, l’enquête demeure dans l’impasse. Jack décide alors de se rendre au Mexique où la piste du ravisseur semble le conduire. Les amateurs de la série Mentalist auront aisément remarqué la tête d’affiche qui n’est autre que Simon Baker. La série connaissant un certain succès dans l’hexagone, il est donc à soupçonner que ce Not forgotten a pour intention de jouer sur l’image de marque de l’acteur. Opportuniste ? Sans doute, surtout au vu de ce que l’on découvre par la suite.

Un thriller qui s’amuse à flirter avec le fantastique, ce n’est pas nouveau comme idée, même s’il demeure toujours intéressant de contempler le résultat. On trouve également le culte de la Santa muerte. À mi-chemin entre pratique vaudou et religion catholique, ce mouvement est empreint de mysticisme et de mystères. D’ailleurs, les premières minutes du film font indéniablement penser à The Believers (John Schlesinger). Quand bien même les deux productions sont séparées par plus de vingt années, les similitudes sont présentes et sautent aux yeux (la relation tumultueuse entre le père et son enfant, le culte religieux, un univers à la lisière du fantastique…). Un constat pour le moins troublant qui n’augure rien de bon pour le petit dernier.

En effet, l’ambiance nébuleuse et étouffante des premières minutes cède la place trop rapidement à une enquête policière assez laborieuse et peu intrigante compte tenu des enjeux. Des boîtes de stripteases, des rues malfamées, voilà tout ce que vous verrez du Mexique. Plus on progresse et plus le culte de la Santa muerte semble relégué comme un prétexte accrocheur plutôt que véritablement un élément à part entière. Finalement, l’histoire se parsème de longueur assez pénible et amorce un virage dans la dernière demi-heure qui ne m’a absolument pas convaincu. Un dénouement trop facile et alambiqué qui décrédibilise les premières bonnes impressions que l’on aurait pu avoir.

Bref, Not forgotten est un thriller en demi-teinte. L’atmosphère n’est pas au rendez-vous et le scénario trop bancal pour convaincre. Il est toujours dommage de s’appesantir sur les défauts d’un film plutôt que sur ses qualités, mais dans le cas présent, elles prennent le pas sur ces dernières. On remarquera une étrange ressemblance avec The believers. Une comparaison frappante, surtout dans les premières minutes, qui s’étiolera peu à peu vers une explication sur l’enlèvement qui prête davantage à la confusion qu’à un réel intérêt. La dernière scène sera également un grand moment d’incongruité. Moyen et décevant au vu du synopsis et de ses premières images.

6

Publié le 2 Mai 2011

Les Voyages de Gulliver

Les Voyages de Gulliver

Davantage cantonné aux films d’animation (Gang de requins et plus récemment Monstre contre aliens), Rob Letterman propose une relecture contemporaine du classique de la littérature. C’est donc en compagnie de Lemuel Gulliver, employé au service courrier d’un grand journal, que nous entamons ce périple. Par un improbable concours de circonstances, il va se retrouver piéger dans une tempête au cœur du triangle des Bermudes. Il fait naufrage sur l’île de Lilliput où l’accueil est pour le moins… petit. C’est ainsi que démarre l’aventure de Gulliver dans le pays le plus minuscule qu’il n’ait jamais visité.

Tout d’abord, il advient de préciser que l’histoire se centre uniquement sur Lilliput. Il y aura bien une incursion à Brobdingnag, le pays des géants, mais elle se révèle anecdotique et sans véritable intérêt puisque l’on ne verra que l’intérieure d’une maison de poupée et une salle mioche avec un complexe de supériorité. On pourrait regretter ce choix étant donné la richesse de cet univers. Néanmoins, l’idée est plutôt judicieuse de se concentrer sur un seul aspect des voyages de Gulliver étant donné que le film ne dure que 80 minutes. Peut-être aurons-nous droit à d’autres péripéties en compagnie du déjanté Jack Black ?

Toujours est-il que l’acteur demeure égal à lui-même en jouant le rôle d’un geek à qui rien ne sourit. L’esprit des voyages de Gulliver est donc dépoussiéré façon Hollywood en multipliant les gags grands guignolesques et les blagues potaches. Les clins d’œil cinématographiques sont également légion au cours du récit. Les inconditionnels de Jonathan Swift risquent de se retourner dans leur tombe (du moins pour ceux qui sont passés de vie à trépas) en contemplant le joyeux cirque qu’est devenu Lilliput. Pour ceux qui ne connaîtrait pas le livre, le film demeure agréable et bon enfant pour contenter un public familial et peu exigeant sur les enjeux et la fidélité de l’adaptation.

Bref, Les voyages de Gulliver version 2010 divisera les foules. D’un côté, le matériau originel est complètement dénaturé, voire édulcoré. Un sacrifice innommable pour les fans de la première heure. De l’autre, nous sommes en présence d’un divertissement qui saura détendre les esprits devant les facéties habituelles de Jack Black. Pour ma part, je laisse une note médiane pour montrer le sentiment partagé que l’on ressent pendant l’histoire. Si vous souhaitez une production sans prise de tête et sympathique, n’hésitez pas. A contrario, si vous désirez retrouver l’univers du livre, vous risquez d’être fortement déçu.

5

Publié le 2 Mai 2011

The Garden : Le Jardin Du Mal

The Garden : Le Jardin Du Mal

Après un accident de voiture, Sam et son père sont recueillis par un mystérieux vieillard. Le père est employé à la ferme tandis que Sam a des visions de plus en plus troublantes. Qui est vraiment cet homme et quels secrets protège-t-il dans ce morceau de campagne isolé ? Après le passable Mission Alcatraz qui amorçait la carrière « film de Steven Seagal réalisé à la va-vite », Don Michael Paul revisite à sa façon (plutôt grossière et primaire, il faut le reconnaître) la genèse et le passage du jardin d’Éden avec The garden, fresque inquiétante qui mêle fantastique et croyances religieuses dans un étrange mélange.

On voit que cette production se révèle modeste, tant dans ses intentions de départ que dans sa technique. Il n’empêche que le cinéaste soigne son histoire par le biais d’un traitement lancinant et d’une esthétique somme toute attrayante, même si tout cela est loin de faire des étincelles. Le récit se concentre sur l’affrontement psychologique entre Sam et cet étrange vieil homme (un Lance Henriksen toujours aussi charismatique et impeccable) dont on peine à déceler les motivations, du moins dans un premier temps. Les visions de Sam ajoutent également un questionnement sur le fait que l’on assiste à une illusion ou à la réalité. Une troisième solution pourrait apparaître à mesure de la progression du scénario…

Malheureusement, il s’avère que The garden ne se révèle qu’un joli camouflet religieux qui remet au goût du jour les paroles de la Bible. En s’attaquant à l’arbre de la connaissance et la tentation de goûter le fruit défendu, il ressort une impression mitigée. D’une part, nous avons droit à une production intrigante qui, sans s’attarder sur la question des croyances, se veut de bonne facture et parvient à instaurer une véritable attente chez le spectateur. D’autre part, on assiste à une jolie campagne marketing en faveur des préceptes de la Bible et ses directives. En clair : « Obéissez à Dieu dans l’aveuglement, sous peine de déclencher son courroux. » Assez sommaire comme conception de la vie.

Bref, The garden est une histoire fantastique aux relents de fresque apocalyptiques comme sait si bien mettre en scène la religion catholique. Ne pas suivre les préceptes de Dieu est une offense et un péché mortel. Voilà ce que l’on peut déduire une fois le dénouement achevé. On regrettera ce parti pris hautement subjectif sur un sujet toujours houleux et soumis à controverses. Pour apprécier pleinement le film de Don Michael Paul, il est préférable de faire l’impasse sur cette partie du scénario (difficile puisqu’elle est majeure) pour se concentrer sur Lance Henriksen qui, à lui seul, porte le film sur ses épaules. Nul doute que sans sa présence, The garden aurait sombré très facilement dans la médiocrité.

6.85714

Publié le 1 Mai 2011

Terror Trap

Terror Trap

Don et Nancy roulent vers des vacances qui, l’espèrent-ils, seront sauver leur couple à la dérive. Lors du voyage, un chauffard les percute et les laisse au milieu de nulle part. Grâce à l’aide d’un policier très serviable, ils trouvent refuge dans un motel où l’on ne fait pas qu’accueillir le client, on le tue via une petite soirée snuff-movie des plus conviviales. Cette histoire ne vous rappelle rien ? On pense bien sûr à Motel, film d’horreur bien sympathique qui se voit, ici, plagier son scénario sans scrupule. À la barre de cet affront, un obscur cinéaste sans envergure qui est habitué aux productions « vite fait, vite oubliée ».

Dès les premiers instants, l’on ressent l’influence de Motel. Qu’il s’agisse des protagonistes, du cadre ou de l’histoire, absolument tout est retranscrit dans les moindres détails. C’est tellement surprenant que l’on s’attend presque à voir surgir des stocks-shot du film original. Forte heureusement pour nous, les limites du mauvais goût s’arrêteront aux jeux des sept erreurs et c’est déjà trop pour cautionner un spectacle aussi affligeant que prévisible. La scène d’ouverture de l’enterrement n’apporte strictement rien à l’intrigue, pas plus que ladite jeune femme fraîchement enterrée. La raison est toute simple : mis à part Don et Nancy, les autres victimes sont déshumanisées pour en faire des esclaves sans conscience.

Il n’existe absolument aucune caractérisation des personnages, pas le moindre petit effort ne se ressent pour nous faire vivre un moment glauque à souhait. Qui plus est, l’aspect snuff-movie, d’ordinaire poisseux et malsain se révèle beaucoup trop propre pour crédibiliser l’ensemble. Outre l’image qui sent bon le budget anémique (bien qu’ici il ne s’agisse pas du plus gros défaut), les assassinats se limitent à quelques séances d’égorgements trop vite expédiés, un lot de jeunes femmes attachées qui hurlent à la mort (on ne saura même pas ce qu’il advient des donzelles) et à une fusillade aussi pathétique que désarmante. Que dire, si ce n’est que le film de Dan Garcia ne possède rien pour séduire le spectateur.

Bref, Terror trap est une tromperie éhontée qui fait passer des vessies pour des lanternes. Le réalisateur copie sans vergogne Motel pour en singer le concept. Maladroit, amateuriste, mais surtout ennuyeux, on se trouve en présence d’une piètre production qui multiplie d’incessants allers-retours d’une chambre à une autre pour ne donner au final qu’une histoire redondante et superficielle. À noter que le côté voyeuriste qui est amorcé avec les clients pour assister au spectacle n’est à aucun moment développé. Tout juste s’extasient-ils devant une image bas de gamme en se droguant ou se marrant. Cerise sur le gâteau, l’un des clients parvient à placer une phrase qui résume à elle seule le film : « Ça devient long. » Si cela ne s’appelle pas se tirer une balle dans le pied...

3.22222

Publié le 27 Avril 2011

Les Nuits avec mon ennemi

Les Nuits avec mon ennemi

Laura et Martin semblent être aux yeux de tous un couple idéal. Seulement, Martin a une tendance à la violence qui dégénère très facilement, sa cible préférée étant sa femme. Laura décide alors d’organiser sa mort pour pouvoir lui échapper et ainsi commencer une nouvelle vie. Toutefois, quelques indices vont faire comprendre à Martin que Laura est loin de reposer six pieds sous terre. En l’espace de presque 40 ans de carrière, le très discret Joseph Ruben a réalisé seulement une quinzaine de longs-métrages. Les plus marquants qui précèdent cette adaptation d’un roman de Nancy Price ne sont autres que Dreamscape et Le beau-père.

Tout comme Le beau-père et, par la suite, Le bon fils, Joseph Ruben développe son intrigue autour d’un contexte familial pour le moins incertain et conflictuel. Il draine les psychoses des uns vers un cadre ordinaire et banal. Les nuits avec mon ennemi s’attaque alors à la maltraitance conjugale et, en l’occurrence, celle subie par les femmes. Au lieu de se pencher sur le problème de manière à écœurer le spectateur à une violence aussi gratuite que révoltante, le réalisateur joue sur la torture psychologique et les séquelles qui en découlent. En effet, la peur réside dans l’imprévisibilité du conjoint et le moindre prétexte pour se soumettre à ses pulsions.

Ainsi, la fuite de Laura n’apparaît pas comme de la lâcheté mal placée, mais plutôt comme une nécessité. Pourtant, le travail de Laura ne fait que commencer. Réapprendre à vivre et à se reconstruire après pareil traumatisme. Une porte qui claque, un courant d’air ou un voisin un peu trop amical, tout est sujet à une possible menace où plane l’ombre de l’ex-mari. Dans un tel climat, inutile de préciser que la tension demeure au plus haut pendant toute la durée du métrage. On s’attache facilement au personnage de Laura et les enjeux sont suffisamment crédibles pour emporter l’adhésion.

Bref, Les nuits avec mon ennemi est un thriller efficace et intéressant à plus d’un titre. Le cinéaste focalise son attention sur les conséquences de la maltraitance plutôt que sur la violence en elle-même. Il en ressort une histoire poignante (l’approche est très similaire au drame) où les protagonistes sont suffisamment attachants ou détestables pour créer une atmosphère angoissante au profit d’une intrigue maîtrisée et pertinente. Vingt années se sont écoulées, mais le film de Joseph Ruben n’a pas pris une ride.

7.66667

Publié le 26 Avril 2011

Contagion

Contagion

Cinq années après s’être séparé, un groupe de commandos se reforme pour une dernière mission. Le gouvernement russe les envoie dans une base militaire ultra-secrète où les communications sont coupées. Ils sont chargés de détruire l’enceinte et, si besoin est, ramener d’éventuels survivants. Premier long-métrage de Mikhail Khleborodov, Contagion mêle la science-fiction à une intrigue d’action qui envierait n’importe quelle série B nerveuse autoproclamée « divertissement survitaminé à la sauce DTV ».

Seulement dans ce genre de production, l’on espère deux choses : une histoire qui porte l’action, ainsi qu’un rythme soutenu. Or dans le cas de Contagion, ces deux éléments fondamentaux peinent à être mis en valeur. Certes, le réalisateur s’applique (peut-être un peu trop) à décrire des personnages finalement très conventionnels. Il en ressort une première partie d’une demi-heure qui sert d’introduction à la suite des réjouissances. On ressent encore plus d’amertume lorsque l’on constate que le début de la mission ne change rien à la donne.

Dans un contexte futuriste assez proche de notre époque (à peine évoqué et jamais développé), l’histoire prend place dans un bâtiment militaire où l’on effectue des expériences secrètes. Rien de bien neuf à croquer sous l’hiver sibérien. Qui plus est, le film reprend çà et là de multiples références sans les dissimuler le moins du monde (Resident evil…). Ajoutons à cela des répliques pas très fines qui finissent de plomber l’ambiance. D’ailleurs, les protagonistes s’ennuient tellement devant le manque de challenge et de contaminés dans les couloirs qu’ils décideront de jouer au chasseur entre eux !

Bref, Contagion est un DTV moyen qui se contente simplement de piocher des idées déjà exploitées auparavant, et ce, de meilleure manière. Pas d’enjeux véritables, une trame très classique et « bon enfant », Contagion ne fait pas d’étincelles. À l’image du film, les infectés n’ont rien d’avenant et leur maquillage inexistant (pas de sang, ni de décomposition ou même une teinte légèrement cadavérique pour décrire un début de contamination). Une production qui ne sera vraisemblablement pas à marquer d’une pierre blanche.

5

Publié le 20 Avril 2011

Meteor Apocalypse

Meteor Apocalypse

Alors que la Nasa tente de désintégrer un météore qui se dirige vers la Terre, l’agence spatiale ne parvient seulement qu’à l’éclater en des milliers de débris qui n’ont pas changé de trajectoire. La fin du monde serait-elle proche ? On l’espère. Après avoir officié sur le scénario du pathétique Dragonquest et en attendant le déjà culte Mega shark Vs Crocosaurus, Micho Rutare s’essaye à la réalisation. Il faut lui reconnaître une certaine constance dans son travail. Tant dans l’écriture que dans la mise en scène, le monsieur excelle dans la médiocrité. Il n’en fallait pas plus pour nous resservir le bon vieux cataclysme à la sauce météorite.

On ressort du placard, les vieilles guenilles qui font depuis longtemps la joie du septième art pour en faire un nouveau navet digne d’Asylum. Imaginez un mixage entre Armageddon, Alerte et un zeste de Mad Max avec une virée dans le désert du Nevada. Intéressant ? Pas l’ombre d’une seconde ! En effet, on peine devant ce spectacle qui use et abuse, une fois de plus, de toutes les caricatures possibles et inimaginables. Ainsi, l’on n’échappera pas aux élans patriotiques de circonstances qui s’ajoutent à quelques bons sentiments pédants qui enveloppent une histoire sans surprise, mais surtout sans intérêt.

Le peu de crédit que l’on peut lui accorder et de mettre la première catastrophe au début du film. Meteor apocalypse prend davantage des allures de récit post-apocalyptique qui tente de limiter les dégâts des bras cassés de la Nasa et du gouvernement américain. L’incursion d’un virus dans l’eau potable se révèle également une idée intéressante. Malheureusement, là encore, seul le concept s’avère digne d’attention. Son utilisation ne parvient pas à convaincre ; tout comme la brochette d’acteurs qui jonchent les méandres de cette production bon marché.

Il ne faut pas attendre grand-chose de ce Meteor apocalypse. Usant à fond la carte du film catastrophe à la lisière de la science-fiction, Micho Rutare nous inflige un DTV sans envergure et sans réelle aspiration. Classique, redondant et parfois pataud dans son déroulement, on ne peut que contempler l’ampleur des dégâts, et ce, malgré de bonnes idées disséminées çà et là. Un énième film de catastrophe naturelle qui n’a rien d’avenant et ce n’est pas les sillages des météorites dans le ciel qui me diront le contraire étant donné la piètre performance des effets spéciaux.

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Publié le 15 Avril 2011

Ninja Assassin

Ninja Assassin

Un ancien membre du clan Ozunu protège une jeune femme contre ses frères d’armes qui ne sont autres que des ninjas surentraînés bien décidés à lui faire payer sa trahison. Après la claque V for Vendetta, le nouveau film de James McTeigue était attendu au tournant. Après s’être attaqué de façon virulente au monde politique et ce qu’il engendre, le cinéaste se consacre à… une banale histoire de ninja sans véritable fond. Un projet pour le moins surprenant et pas forcément dans le bon sens du terme. On pourrait d’ailleurs se demander ce qui lui est passé par la tête et c’est sans doute à juste titre que l’on dénigre ce Ninja assassin.

En dehors de séquences d’action survoltées, d’hectolitres d’hémoglobines qui giclent et virevoltent dans tous les sens, que sommes-nous censés attendre ? À vrai dire, pas grand-chose. Inutile de chercher un message quelconque dissimulé quelque part dans l’intrigue et encore moins la profondeur de V for Vendetta. Certes, le film ne fait pas de promesse qu’il ne peut tenir. Les membres volent, les shurikens fusent, les sabres tranchent et les acrobaties sont de rigueur. En cela, Ninja assassin demeure plaisant si l’on ne s’attarde que sur des conjectures purement esthétiques.

On peut même affirmer qu’il remplit son cahier des charges sans difficulté en proposant un divertissement sympathique sur le plan visuel et rythmé du début à la fin, mais il n’offre strictement rien d’autre. Pour un réalisateur qui nous avait habitués à beaucoup mieux, nul doute que la douche froide est de circonstance. Le scénario semble tout droit sorti d’une série B bas de gamme des années 1980 en y incorporant quelques touches clinquantes pour rajeunir le tout. Sombre histoire de vengeance qui passe par la rédemption du héros et la protection de l’innocence même. Un récit très manichéen qui ne s’entiche pas d’une réflexion sur une thématique propre.

Bref, Ninja assassin s’apparente davantage à un jeu vidéo dont le scénario aurait été écrit sur deux lignes le temps d’un soupir. La progression elle-même monte crescendo jusqu’à l’affrontement final tant attendu. Le film de James McTeigue se veut basique au possible. Il ne recèle pas la moindre surprise ou une quelconque innovation tant dans le genre que dans le style « matrixien » très clinquant. Les frères Wachowski étant crédité producteur, l’on comprend mieux cette obsession pour un visuel léché, mais bien morne si l’on gratte le vernis qui recouvre l’image. Décevant dans ses intentions, un simple film d’action sans ambition aucune.

6

Publié le 15 Avril 2011

Titanic : Odyssée 2012

Titanic : Odyssée 2012

Vous les craigniez, vous les redoutiez et bien ils ont récidivé et pas de n’importe quelle manière. Notre chère société Asylum vient de ressusciter le Titanic. Bien entendu, il ne faut pas y voir la suite du film de James Cameron, mais du nom de ce paquebot mal modélisé qui va se faire un plaisir de couler avec tout son petit équipage et ses passagers maladroits qui tombent tous au même endroit. Concernant le pitch, on fait court, très court. Pour le centenaire du naufrage du Titanic (2012 !), un riche promoteur en construit un nouveau pour qu’il effectue la même traversée et qui, au passage, connaîtra le funeste destin de son ancêtre.

Comme d’habitude, Asylum possède son lot de réalisateurs au rabais qui s’occupent de nous infliger les pires outrages au septième art. Avec Shane Van Dyke, on aurait pu espérer un moindre mal. Le début tend vers ce constat. Un traitement assez sérieux (l’équipe serait-elle en cure de désintoxication de produits stupéfiants ?) qui laisse augurer d’un petit film catastrophe sympathique, mais sans prétention. Malheureusement, Titanic 2 sombre rapidement dans les travers de la firme. Il lui faut moins de temps pour saborder son histoire que pour couler dans les eaux glaciales de l’Atlantique !

Certes, le niveau est légèrement au-dessus des habituelles idioties Asylum, mais l’on se retrouve tout de même en présence d’une jolie catastrophe qui préfère montrer une amourette de bas étage entre les deux protagonistes plutôt que le véritable « attrait » de l'histoire : le naufrage du paquebot insubmersible. Toutefois, lorsque l’on aperçoit la piètre qualité des effets spéciaux, on comprend mieux la volonté du cinéaste à se pencher sur les étroits corridors du navire. Les images de synthèse sont abominables. Hélicoptères, tsunamis ou le tremblement de terre sur la banquise sont autant d’exemples frappants du savoir-faire estampillé « Made in Asylum » !

Bref, Titanic 2 est un film catastrophe des plus médiocres. Le budget n’aidant pas à renflouer cette production de seconde zone, il faudra toute la force du désespoir pour espérer voir une honnête série B émerger de ce flot aussi sombre qu’inintéressant ; en vain. Asylum demeure fidèle à lui-même en nous desservant un produit d’exploitation bas de gamme qui n’a rien trouvé de mieux à faire que d’engloutir votre porte-monnaie dans son naufrage. À noter le thème principal de Titanic (le vrai cette fois-ci) qui vient conclure cette vraie fausse suite dans un joyeux marasme. Un film qui sera destiné à l’oubli.

4.57143

Publié le 14 Avril 2011

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