Horreur.net : Vous avez été à l’Université avec Sam Raimi et Bruce Campbell. C’est à cette époque que vous avez joué dans un film qui allait appartenir aux films culte du genre : Evil Dead. Est-ce que vous pouviez imaginer cela alors?

Ellen Sandweiss : Non, je n’aurais jamais imaginé ça. Franchement, je pensais que personne ne verrait ce film ! Je pensais juste que c'était un film d’horreur "idiot".
Quand vous avez accepté de jouer dans ce film, étiez-vous amatrice de films d’horreur ? Comment était l’ambiance sur le tournage ? Plutôt professionnelle ou plutôt « bon enfant » ?
Je n’ai jamais été une fan du genre ; j’appréciais juste d’être dans des films que mes amis réalisaient et peu m’importait le genre. L’ambiance sur le tournage était assez intense – sympathique par moments mais la plupart du temps, il y avait une énergie assez frénétique pour achever le tournage du film. Ce n’était définitivement pas professionnel, étant donné que nous avions tous une vingtaine d’années et que nous travaillions sur notre premier long métrage.
Les conditions de tournage par contre étaient assez extrêmes puisque nous nous sommes retrouvés dans cette cabane en plein hiver : il faisait froid, c'était sale, manque de sommeil (nous tournions essentiellement de nuit), nourriture mauvaise, des problèmes d’électricité et de plomberie, des maquillages (latex et lentilles) et des cascades assez douloureux et des machines à créer du brouillard à vous arracher les poumons… Et je dois dire que la scène de l’attaque par les branchages a été assez éprouvante à jouer.

Est-ce que vous êtes toujours en contact avec Sam Raimi et Bruce Campbell ?
Je vois souvent Bruce vu que nous participons ensemble à de nombreuses conventions Evil Dead et je vois encore Sam à chaque fois que l’occasion se présente : la dernière fois que je l’ai vu, c'était pour la première de The Grudge.
Après votre expérience Evil Dead, souhaitiez-vous tourner dans d’autres films ?
Oui, cela m’intéressait mais je n’ai jamais vraiment poursuivi. Et quelques années plus tard, j’ai décidé d’abandonner pour me consacrer à la direction artistique.
Entre 1981 et votre rôle dans Satan’s Playground de Dante Tomaselli (retrouvez notre interview ici), qu’est-il advenu de la « lady of the Evil Dead » ?
Cela fait pas mal d’années à résumer en quelques mots. Pour aller vite, j’ai élevé mes enfants, travaillé en tant que directrice artistique tout en faisant quelques rôles ici ou là. Mais si vous voulez en savoir plus, rendez vous sur www.ladiesoftheevildead.com et cliquez sur Cheryl.

De gauche à droite : Felissa Rose, Dante Tomaselli, Ellen Sandweiss
Je suppose qu’après Evil Dead, vous avez été contactés par des réalisateurs et des producteurs pour différents rôles. Qu’est-ce qui vous a amenée à répondre plus favorablement à la proposition de Dante Tomaselli ?
En réalité, je n’ai été contacté que par quelques producteurs et réalisateurs à partir du moment où j’ai commencé à apparaître, il y a quelques années de cela, dans des conventions dédiées au genre avec les « Ladies of the Evil Dead ». Pour la plupart, il s’agissait de films à petit budget ou sans budget qui ne trouvaient malgré tout pas de sources de financement ou dont le scénario ne m’intéressait pas, parfois les deux.
Dante est un grand fan d’Evil Dead et il a vu que j’étais toujours dans le circuit quand nous ne sommes retrouvés dans le même numéro du magazine Rue Morgue. Il m’a alors envoyé un mail et m’a demandé de faire partie de l’aventure Satan’s Playground. Je me suis renseigné et j’ai vu qu’il avait déjà fait quelques films reconnus et qu’il avait une bonne réputation. J’ai lu le script et j’ai aimé, j’avais un bon feeling. Quand je l’ai finalement rencontré, le courant est tout de suite passé entre nous et j’ai su que j’avais fait le bon choix. Et bien sûr, tout cela s’est confirmé avec le tournage du film.
Est-ce que vous connaissiez Ed Neal (retrouvez notre interview ici) et Felissa Rose avant de jouer dans Satan’s Playground ? Comment s’est passée cette rencontre entre trois icônes du genre ?
Je ne les connaissais pas avant Satan’s Playground mais quand Felissa et moi avons su que nous étions dans le même film, nous nous sommes rencontrées quelques fois et nous sommes vite devenues amies. C’est quelqu'un avec qui il est agréable de travailler et nous sommes toujours en contact. Ed et moi nous sommes rencontrés pour la première fois sur le tournage et il m’a immédiatement bluffé par son énergie et son talent incroyables !

Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur votre rôle dans Satan’s Playground ?
J’incarne Paula, la sœur de Donna (Felissa Rose). Paula est amère mais en même temps optimiste. Elle est récemment divorcée et s’occupe seule de son enfant. Elle a, comme sa sœur, mais de manière plus raffinée, ce cran typique des italo-américains. Elle se montre extrêmement protectrice vis-à-vis de son bébé et elle est très proche de sa sœur.
En tant que femme, pensez-vous que les films d’horreur soient sexistes ?
Oui, je pense que n’importe qui admettrait que les films d’horreur sont sexistes dans la mesure où ils exploitent le fait que les femmes tendent à être plus souvent des proies que les hommes et ils jouent sur cette peur. La plupart du temps, les victimes sont des femmes qui trouvent le moyen de nous montrer certaines parties de leur anatomie avant d’être tuées. J’ai une nette préférence pour les films dans lesquels les femmes résistent et deviennent des monstres (Evil Dead) ou ceux dans lesquels hommes et femmes ont les mêmes « chances » d’être les victimes, ce qui est le cas dans Satan’s Playground.
Diriez-vous qu’il y a un renouveau du genre aujourd'hui ?
Pour sûr. Où que tu regardes, tu as un nouveau film d’horreur qui sort, même si la plupart ne sont pas terribles.
Satan’s Playground est-il le début d’une nouvelle carrière ? Des projets ?
Oui, maintenant que mes enfants sont plus vieux, je peux faire plus de films. Je ne dirais pas pour autant qu’il s’agit d’une nouvelle carrière, mais certainement un passe-temps des plus sympathiques ! Il est prévu que je sois dans deux nouveaux films dans l’année qui vient mais, vu que ces projets sont encore en développement, je ne peux pas en dire plus pour le moment.
Merci d’avoir répondu à toutes ces questions.
Mais de rien. Dis-moi, les « ladies » adoreraient venir en France : tu ne connaîtrais pas des conventions dédiées aux films d’horreur qui voudraient nous faire venir chez vous ?
Vous avez entendu, amis internautes ? Cotisez-vous si vous souhaitez que nous fassions venir les « ladies d’Evil Dead » en France… A bon entendeur…