Interview
Thierry Lopez

A l'occasion
de la récente sortie chez Artus Films de cinq titres qui mettent à l'honneur
la "nazisploitation", nous avons eu l'occasion d'interroger Thierry
Lopez, l'un des créateurs de la société. Cinq titres qui s'ajoutent au catalogue
de la société, qui compte également Le Boulanger de l'Empereur et L'Empereur
du Boulanger, Le Chevalier Blanc et La Sorcière Sanglante.
Mais
Thierry Lopez est avant tout un cinéaste et un cinéphile, qui a déjà réalisé
sept courts-métrages, parmi
lesquels Maximilani Ultima Nox (une
critique est d'ailleurs disponible sur le site).
Il répond pour Horreur.net à quelques questions sur Artus Films.

Horreur.net:
Tout d'abord,
pourriez vous nous parler des origines de la société Artus Films ?
Thierry Lopez:
Nous avons créé
Artus Films en juin 2005, ayant pour but d'exhumer les perles rares de notre
patrimoine cinématographique fantastique européen. Le nom est un petit hommage
à Excalibur
de John Boorman, qui est l'un de mes films préférés. En effet, Artus est le
nom celtique du roi Arthur. Ce nom vient de la racine indo-européenne "ars",
qui signifie "ours", d'où le logo, qui est une redite. Chez les celtes,
l'ours symbolisait le pouvoir temporel, par opposition au sanglier qui représentait
l'autorité spirituelle (le druide). Avec Kévin Boissezon, mon associé, on
se connait depuis l'école maternelle.
Hr.net:
Quelles
difficultés avez-vous pu rencontrer lors de sa création ?
T.L: Pas mal de difficultés
! Le circuit édition et distribution vidéo est quasiment inconnu pour les banques,
assurances, etc. Les gars n'y comprennent absolument rien. D'autant plus dans
le sud de la France ! Il a fallu un certain temps pour arriver à nos fins, et
convaincre les institutions.
Hr.net:
Toutes
vos éditions DVD sont copieusement garnies en bonus et les packagings sont très
soignées. Est-ce une façon de se démarquer de la concurrence ?
T.L: Disons que l'on
fait ça par passion. Nous aimons ce genre de cinéma, et nous nous efforçons
de faire des objets que l'on aimerait trouver, en tant que cinéphiles. Nous
mettons un point d'honneur à fabriquer des bonus pour permettre au spectateur
d'apprendre davantage sur le film, et d'aller plus loin s'il le souhaite. L'histoire
du cinéma est toujours passionnante. Ce que nous apprenons, nous souhaitons
le faire partager.


Hr.net:
Depuis
la création d'Artus Films, vous avez finalement sorti très peu de films. Est-ce
un choix qui s'explique par l'envie de consolider un catalogue soigné, ou tout
simplement pour des raisons budgétaires ?
T.L: Un peu des deux,
et puis aussi le fait qu'au début, on ne travaillait pas en temps complet pour
Artus. Le public est très frileux de ce qu'il ne connaît pas. Aujourd'hui, il
est de plus en plus rare qu'on achète un film que l'on n'a pas vu en salles,
ou dont on ne sait absolument rien. Le circuit, pour nous, est donc très limité.
Cette année, nous allons essayer de mettre les bouchées doubles pour sortir
pas mal de films qui nous tiennent à coeur, et qui devraient ravir les fans
de ce genre de cinéma.
Hr.net:
Quels critères
prenez-vous en compte lors de l'acquisition d'un titre ?
T.L: Il faut vraiment
que le film nous touche. Nous privilégions le cinéma fantastique, légendaire,
historique, d'épouvante. Maintenant, nous nous sommes ouverts au Bis, nous incluons
donc également l'horreur et l'érotisme. D'une manière générale, il faut que
le film soit rare, c'est-à-dire difficile à trouver en de bonnes conditions.
Hr.net:
Vous venez
de sortir cinq films produits par la fameuse société «Eurociné » et dont
le genre « nazisploitation » reste un sous-genre très particulier. Est-ce un
vrai challenge de se lancer dans ces sorties ?
T.L: Nous pensons qu'il
est grand temps de redécouvrir les films d'Eurociné. De nos jours, la jeune
génération a tendance à cracher sur ces films-là, sans les avoir vus, ne faisant
que répéter les critiques actuelles, qui eux-mêmes ne font que répéter ce que
disaient les critiques bien-pensants d'antan ett qui détestaient tout ce qui
n'était pas film d'auteur.
De nos jours, nous avons la chance, grâce au DVD,
de redécouvrir et de pouvoir voir objectivement ce genre de films. Nous sommes
là pour contribuer à ce nouvel essor. De plus, nous ne cherchons pas à vendre
ces films comme du cinéma généraliste. Nous annonçons clairement qu'il s'agit
d'exploitation, avec violence et érotisme. Au public de choisir, et de se laisser
charmer.



Hr.net:
Quels sont
vos prochains projets (en terme de sorties) ?
T.L: Secret ! Sans dévoiler
de titres, je peux dire que nous allons continuer à exhumer des films rares
européens, ainsi que du vieux Bis.
Hr.net:
Vous avez
réalisé il y a quelques années des courts-métrages. Cette activité est-elle
encore compatible avec votre travail chez Artus Films ?
T.L: Bien sûr, c'est
compatible, et même complémentaire. Je suis en train en terminer Hyrcania,
mon huitième court. Je l'ai tourné en 16mm couleurs. C'est un conte expressionniste
avec un loup-garou. On peut voir quelques photos du tournage sur www.myspace.com/hyrcania_themovie
Je le mettrai certainement en supplément dans une prochaine édition DVD. Après
ça, j'aimerais bien faire mon premier long métrage, une histoire d'action et
de violence dans un futur proche. Tout ça prend du temps car je compte bien
rester indépendant.
Hr.net:
Quels sont
vos films cultes ? Quelles sont les dernières sorties salles ou DVD qui vous
ont particulièrement plues ?
T.L: Des films cultes,
j'en ai pas mal !! Coté auteurs, je vénère toujours autant Werner Herzog et
Guy Maddin. J'adore le cinéma muet , l'expressionnisme allemand, Feuillade,
Méliès...Et je respecte autant le Bis et l'exploitation. Le gothique, western,
péplum, giallo, le film de pirate, les WIP, Russ Meyer... La liste serait trop
longue !
Merci à Thierry Lopez
pour avoir répondu à nos questions. Si vous voulez commander les DVD du catalogue
d'Artus Films, rendez-vous directement sur leur site: http://www.artusfilms.com
.