AVERTISSEMENT : les faits relatés tout
au long du présent article présentent un caractère violent susceptible de heurter
la sensibilité des plus jeunes.
Quel est le point commun entre les trois films suivants :
Psychose, Massacre à la tronçonneuse et Le Silence des Agneaux
?
Le nom d'un seul homme : celui d'Ed Gein, un fermier
du Wisconsin qui commis d'effroyables meurtres au milieu des années 50 aux Etats-Unis.
Ses agissements morbides inspirèrent les films sus-cités. En effet, Norman Bates,
la famille de Leatherface et le serial killer Buffalo Bill portent indéniablement
la « marque » d'Ed Gein. Je vous propose dans cet article de faire plus ample
connaissance avec un personnage bien réel qui fit trembler l'Amérique...
L'enfance d'Edward `Ed' Gein
Edward Theodore Gein est né le 27 août 1906. Né d'une mère
et d'un père tous deux fermiers, Augusta (1878-1945) et George (1873-1940),
il était le second fils de la famille. Il vivait avec ses parents et son frère
aîné, Henry (1901-1944), au 160 Acre Farm, à une dizaine de kilomètres de la
ville de Plainfield, dans le Wisconsin.
Elevé par une mère autoritaire et dominatrice profondément
ancrée dans la religion chrétienne, Ed Gein était un enfant timide, faible et
reclus sur lui-même. Son père, alcoolique, mourut d'une crise cardiaque en 1940.
Les deux frères reprirent donc l'exploitation de la ferme qui n'était malheureusement
pas très rentable. La vie était dure pour les deux hommes qui vivaient sous
le joug d'une mère possessive qui ne les encourageait pas à aller vers les femmes.
En 1944, Henry mourut dans d'étranges circonstances dans un incendie de forêt
(on soupçonna son frère Edward de l'avoir abattu d'un coup de fusil). L'année
suivante, la mère d'Edward décéda des suites d'un cancer le 25 décembre.
Après le décès de sa mère, à qui il vouait autant de haine
que d'amour, Edward décida de sceller la chambre de celle-ci et de vivre dans
la cuisine et dans les autres pièces de la maison. Il arrêta l'exploitation
de la ferme et subsista grâce à une pension versée par le gouvernement.
Edward consacra alors son temps libre à lire des ouvrages
sur l'anatomie humaine mais également sur les camps de concentrations nazis
et les effroyables expérimentations qu'ils y pratiquaient. Il s'intéressait
beaucoup à ces ouvrages et plus particulièrement à l'anatomie de la femme. N'ayant
jamais eu de relations sexuelles avec une femme, Ed se sentait frustré.
Un jour, il tomba sur un article dans le journal du comté de Plainfield et plus
particulièrement sur un article évoquant l'enterrement d'une femme le jour même
qui attira son attention...
Des pratiques innommables
Avec l'aide d'un vieil ami à lui, Gus (qui sera, quelques
années plus tard, interné en hôpital psychiatrique), Ed commença en 1947 à se
rendre dans le cimetière de Plainfield pour déterrer, les nuits de pleine lune,
des tombes où reposaient les dépouilles de femmes. Il prélevait sur les corps
les organes qui "l'intéressait". Pendant quelques années, il continua
ce petit "jeu" en toute impunité. Il alla même jusqu'à tenter de profaner
la tombe de sa propre mère...
Que faisait-il des organes et des ossements qu'il prélevait
? Il se livrait à des "expérimentations" abominables et se constituait
tout un tas d'objets divers avec les ossements. Il conservait les organes dans
son réfrigérateur afin de pouvoir les manger plus tard (Ed niera toujours
s'être livré au cannibalisme et à la nécrophilie). Il prélevait des poitrines
"complètes" de femme, des parties génitales, des morceaux de chair...
Ed avait un côté efféminé et en collectant ces lambeaux de peau, il souhaitait
accéder à son vœu le plus cher : celui d'être une femme à part entière. Son
inexpérience en matière de sexualité ne lui permettait pas d'avoir une vision
"normale" de la femme. Ed pensa pendant un temps à se castrer lui-même
mais il considéra que s'il portait les parties génitales d'une femme, cela suffirait
à faire de lui une femme...
Le meurtre de Mary Hogan
Mary Hogan était une femme de 51 ans, divorcée, qui travaillait
à la Hogan's Tavern, à Pine Grove, à environ 9 kilomètres de la maison d'Ed
Gein. Le 8 décembre 1954, par un après-midi très froid, Ed se présenta à la
Hogan's Tavern où Mary était seule. Il l'abattit froidement d'un coup de pistolet
de calibre 32. Puis, il traîna le corps de Mary à l'arrière de la bâtisse et
le chargea dans sa camionnette.
Un client arriva peu de temps après et découvrit la taverne
vide, une large mare de sang répandue sur le sol et des cartouches vides. La
traînée de sang conduisait jusqu'à la porte de derrière. Plus tard, la police
ne découvrit sur les lieux aucun indice susceptible de les mener à un éventuel
coupable.
Quelques semaines plus tard, un homme de la région, Elmo
Ueeck, évoquait avec Ed Gein la disparition de Mary Hogan. Ce dernier dit :
"elle n'a pas disparue, elle est chez moi, à la ferme en ce moment même".
Elmo Ueeck, surpris mais aussi un peu effrayé, ne pris pas la peine de demander
à Ed ce qu'il sous-entendait...
Un meurtre de trop
D'autres disparitions furent signalées dans les années qui
suivirent mais aucun élément tangible ne permettait d'incriminer une personne
bien précise. Puis, vint la date fatidique du 16 novembre 1957. Ce jour-là,
Ed Gein assassina Bernice Worden, la tenancière d'un magasin de Plainfield.
Ed s'était emparé d'une carabine 22 long rifle entreposée sur l'un des rateliers du
magasin et avait tiré sur Bernice Worden. Puis, il avait fermé le magasin et
emmené le corps de la pauvre femme dans sa propre camionnette...
Le fils de Bernice Worden, Frank, était à la chasse ce jour-là.
Lorsqu'il revint dans l'après-midi au magasin de sa mère, il trouva celui-ci
fermé mais constata que les lumières étaient allumées. Des traces de sang étaient
répandues sur le sol...
Le garagiste du coin apprit à Frank qu'aux alentours de 9h30,
il avait vu la camionnette du magasin sortir du parking. Frank alla trouver
le shérif, Art Schley, pour l'avertir de la disparition de sa mère. Frank se
souvint que la veille, Ed Gein était passé au magasin pour commander un bidon
de liquide antigel. Ed avait également demandé à Frank s'il comptait aller chasser
le lendemain. Le shérif Art Schley et le capitaine Lloyd Schoephoester décidèrent
de rendre une petite visite à Ed Gein.
L'Antre du cauchemar
Lorsque la police arriva à la maison d'Edward, ce dernier
était absent. Ils se rendirent aussitôt dans un magasin qu'Ed fréquentait régulièrement.
Il s'y trouvait et déjeunait avec le propriétaire du magasin et sa femme. Il
était sur le point de partir lorsque le shériff Art Schley lui demanda de l'accompagner
au poste pour lui poser quelques questions. Ed acquiesça sans sourciller.
Le shérif Schley et le capitaine Schoephoester retournèrent
à la maison de Gein avec des renforts. Ils se dirigèrent d'abord vers la grange
mais celle-ci était fermée à clef. Le shérif trouva un moyen de pénêtrer à l'intérieur
en enfonçant une barrière en bois. Il n'y avait pas d'électricité dans la grange
alors il prit une lampe torche pour se frayer un chemin et balaya devant lui
la première pièce dans laquelle il pénêtra...
Ce qu'il découvrit lui glaça le sang : le corps pendu par
les pieds d'une femme, dépecée, les jambes écartées et une longue entaille partant
des parties génitales jusqu'à la gorge tranchée (la tête avait disparue). Les
parties génitales avaient été prélevées, de même que l'anus de la victime. Il
s'agissait de la dépouille de Bernice Worden...
Dans la maison, il n'y avait pas non plus d'électricité.
Les autorités utilisèrent donc une nouvelle fois des lampes torches et des lanternes
pour s'éclairer. Il faisait sombre mais les policiers voyaient suffisamment
pour constater que l'endroit était sale et le mobilier vétuste. Des dizaines
de livres jonchaient le sol : des revues scientifiques, des ouvrages sur l'anatomie,
des revues pornographiques, des romans d'horreur...
Mais le pire restait à venir. Ce qu'ils découvrirent dépassèrent
tout ce que leur imagination aurait pu concevoir. Voici une partie importante
de "l'inventaire" macabre que la police établit après avoir fouillé
la maison de fond en comble :
4 nez humains entreposés dans une boîte,
1 bol de
potage fait à partir de la moitié inversée d'un crâne humain,
9 "masque
de mort" (conçu à partir de la peau bien conservé de visages de femmes)
10 têtes de femmes dont le haut du crâne avait été découpé juste au-dessus
des sourcils et accrochés au mur,
Des bracelets faits de peau humaine,
1
bourse faite avec une poignée de peau humaine,
1 gaine pour un couteau fait
de peau humaine,
1 paire de guêtres faites à partir de peau humaine,
4
chaises avec les sièges remplacés par des bandes de peau humaine,
1 boîte
à chaussures contenant neuf vagins salés peints d'une couleur argenté,
1
tête humaine accroché au plafond,
1 abat-jour couvert de peau humaine,
1
chemise faite en peau humaine,
Un certain nombre de “têtes réduites”,
Le
"costume" de femme complet d'Ed Gein, comprenant bras, jambes, poitrine
et visage,
Le cœur de Bernice Worden dans une casserole sur le fourneau,
Des
dizaines d'organes humains stockés dans le réfrigérateur...
D'après la police, Ed Gein avait du mutilé une quinzaine
de corps de femmes pour la confection de ces "trophées".
Des proches de Gein affirmèrent que ce dernier leur avait déjà apporté des morceaux
de viande fraîche. Or, Ed avoua n'avoir jamais tiré un cerf de sa vie. Les gens
furent pris de panique à l'idée d'avoir pu être mêlé à des histoires de cannibalisme...
Une fin inéluctable
Edward Theodore Gein fut arrêté. Il avoua avoir commis le
meurtre de Bernice Worden. Il confessera plus tard avoir tué Mary Hogan trois
années plus tôt. Concernant la provenance des ossements et des organes humains
trouvés dans la maison, Ed Gein avoua les avoir récupéré en profanant de nombreuses
tombes. La police put vérifier les dires de Gein en déterra plusieurs tombes
et en constatant que des organes et des membres avaient disparus...
Les enquêteurs de l'époque étaient persuadés que Mary Hogan
et Bernice Worden n'étaient très certainement pas les seules victimes de Gein.
Les noms de Georgia Weckler (une jeune fille de 8 ans, disparue alors qu'elle
était sur le chemin de l'école) et d'Evelyn Hartley (une adolescente de 15 ans,
enlevée alors qu'elle faisait du baby-sitting) furent évoqués et on attribua
leur disparition à Ed Gein. On évoque également ces deux chasseurs de cerfs
disparus en 1952 : Victor Travis et Ray Burgess, comme étant des victimes potentielles
de Gein. Mais la police n'avait découvert aucun reste « masculin » dans la maison
de Gein donc il fut impossible d'établir un réel lien avec les disparitions
des deux chasseurs...
Ed Gein fut jugé malade mental à la fin de l'année 1957.
Il fut interné au "Waupan State Hospital" et condamné à perpétuité.
En 1978, il fut transféré au "Mendota Mental Health Institute" dans
la ville de Madison, dans le Wisconsin. Il décéda des suites de problèmes respiratoires
et d'une défaillance cardiaque le 26 juillet 1984 l'âge de 77 ans. Il fut enterré
dans le cimetière de Plainfield. Fait notoire : bien des années plus tard, la
pierre tombale de sa tombe fut volée...