« Ils pourraient nous exterminer rien qu’en baisant. » Cette phrase résume à elle seule le film. En mettant plus de gore et plus de sexe, le réalisateur pense que cela suffira à faire un bon film, et les producteurs, un retour sur investissement assuré mais rien n’est jamais gagné d’avance.
Question sexe, les seins dénudés sont il est vrai pléthores, d’autant que Natasha Henstridge n’est pas la seule à être mise à contribution. Eh oui, il suffisait d’y penser : pour multiplier le nombre de femmes nues, il suffisait de faire tourner l’intrigue, non pas autour d’une mutante, mais d’un mutant qui emballe à tout va.
Question gore, les effets sont nombreux également et même particulièrement ambitieux, même s’ils ne sont pas toujours totalement réussis (ils sont l’œuvre de la société Edge FX de Steve Johnson, qui a aussi travaillé sur le premier volet, ainsi que sur Spider-Man 2 et Blade 2). On notera ici plus particulièrement la scène où Patrick se fait sauter la tête mais en vain, puisque sa tête se recompose d’elle-même.
Le scénario évite sans doute plus les temps morts du premier opus, mais compense les creux par des trous scénaristiques, ce qui peut paraître relever du comble. Par exemple, dès le début du métrage, on apprend qu’un clone de Sil, décédée dans La mutante, a été créée par les scientifiques pour mettre au point un moyen de les exterminer s’il venait à y en avoir d’autres. En en recréant un, ce qui est sûr, c'est qu’ils en ont déjà un de plus. Mais le spectateur qui connaît la franchise La mutante, ne serait-ce que de réputation, sait que le scénario n’en est pas un des points forts.
Niveau dialogue aussi, on frôle souvent le fond. Difficile dès lors pour les acteurs d’être convaincants et pour le spectateur, de se sentir pleinement impliqué et tenu en haleine par l’intrigue.
Lorsqu’arrive le générique de fin (ouverte, comme il se doit), on se dit qu’on a vu un film fast food : c'est pas très fin, un peu gras, on sait que ce n’est pas raisonnable, que ça n’a rien d’extraordinaire et qu’une fois ingurgité c'est déjà oublié.