Un ratage quasi-total. Wes Craven se plante magistralent et au final le film fait rire (tout du moins sourire!). Pas bon signe pour un film lorgnant sur "La belle et la bête". Les SFX ridicules tuent le film.
Difficile d’analyser La créature du marais dans la filmographie de Wes Craven, car si il y a bien un film qui ne se prête pas à cet exercice c’est bien celui là. En effet, celui-ci est un véritable Nanard avec un grand N. Une de ces séries Z devant lesquels on ne peut s’empêcher d’exploser de rire en voyant les personnages, les dialogues (surtout en VF), les acteurs et surtout les effets-spéciaux.
Adapté d’un comic-book de Len Wein et Bernie Wrightson, le film qui fût produit pour la somme de 3 millions de $ (le prix de Prince des Ténèbres de Carpenter !!!) paraît en avoir coûté trois fois moins. L'histoire, simplissime, est celle de la découverte d'une formule qui pourrait permettre de cultiver des végétaux sur n’importe quel sol. Mais, convoitée par l'habituel riche génie mégalomane, elle débouche sur un mélodrame, celui de la transformation de son auteur, le Dr. Alec Holland, en monstre végétal. Lequel n'aura de cesse de venger sa soeur, tuée par le commando envoyé par l'ignoble Dr. Anton Arcane (Louis Jourdan) et de sauver celle dont il s'est épris, la masculine mais, sous certains aspects, féminine aussi, Alice Cable (Adrienne « Fog » Barbeau).
Que pouvons nous sauver de ce naufrage manifeste ? Certainement pas la réalisation pitoyable, ni le très mauvais scénario. Ce qui pourrait condamner définitivement le film est paradoxalement ce qui fait rire et par conséquent ce qui rend le film regardable. Aucune scène n’est véritablement tragique dans une histoire qui à la base reprend la trame de La belle et la bête. Quant à la scène finale, l’affrontement entre les deux monstres, elle est égale au reste du métrage : nulle mais irrésistible. On ne peut pas prendre une seconde l’histoire au sérieux et on se demande sans cesse si le film a été tourné au premier degré ou avec ce décalage dans le fond et dans la forme qui caractérise le métrage… Reste la scène où l’on voit Adrienne Barbeau topless, bien peu de chose pour rattraper cette entreprise à la dérive.
Surprenant de la part de Wes Craven qui avait réalisé quelques années auparavant les deux films chocs que sont La dernière maison sur la gauche et La colline à des yeux. Un réalisateur qui est un bon artisan de l’horreur et un technicien hors pair et qui sera plus tard l’auteur de l’excellent Emprise des ténèbres et des Griffes de la nuit.
Une véritable curiosité à découvrir pour mesurer le fait que réaliser un film qui est un ratage quasi-total n’empêche pas de faire par la suite des œuvres de grandes factures. Bref, un film pour se marrer, reste la question qui se pose malgré tout: Est-ce que la nullité de ce film est volontaire ou non ? Malheureusement pour le pauvre Wes, j’ai bien peur que non.
A voir cependant pour le fun (uniquement).
Un ratage quasi-total. Wes Craven se plante magistralent et au final le film fait rire (tout du moins sourire!). Pas bon signe pour un film lorgnant sur "La belle et la bête". Les SFX ridicules tuent le film.
Note du rédacteur: 2/10
Note moyenne de la rédaction : 1.50/10