Un couple d'étudiants part en vacances estivales en voiture. Le long de la
route, ils manquent de renverser un automobiliste en panne (Sean Bean), qui
va devenir leur pire cauchemar.
Vingt ans ont passé depuis le premier Hitcher,
excellent suspense psychologique porté par un Rutger Hauer au sommet de son
art ! Hollywood, en manque d'idées, se devait donc de poursuivre sa quête de
remakes, quatre ans après une suite plutôt distrayante, à défaut d'être innovante.
La méthode du remake sauce américaine est assez simple : on reprend le même
schéma de base, on rajeunit le casting (et on le féminise aussi) et on ajoute
une BO pop-rock acidulée, afin d'attirer un nouveau public, adolescent la plupart
du temps, qui ne sera pas trop regardant sur le scénario et appréciera les scènes
d'action et les jupes courtes de l'héroïne. Il arrive que la sauce prenne
(Massacre à la Tronçonneuse, 2001 Maniacs, La Colline a des
Yeux), mais la plupart du temps, ces remakes sont sans intérêt (Fog,
Amityville) pour les vrais connaisseurs. Intéressons nous donc en détail
à cette énième tentative de rajeunissement d'un film à succès...
Tout d'abord : le casting ! Après un duel dopé aux hormones en 1986, Hitcher
II faisait déjà la part belle au personnage féminin du métrage (la fiancée
du héros du film originel). Rebelote ici avec la jolie brunette, Sophia Bush.
Jusqu'ici abonnée aux teen movies (American Party), l'actrice s'avère
être un excellent choix, évitant les sempiternels sanglots et gémissements,
au profit d'un caractère volontaire et jusqu'au-boutiste assez agréable (malgré
un épilogue qui rabaisse sa prestation d'ensemble, faute à un scénariste un
peu décérébré). Son compagnon (Zachary Knighton) évite de surjouer, ce qui permet
au couple de rapidement devenir sympathique. Le rôle le plus important, celui
de l'auto-stoppeur dément, ne pouvait éviter la comparaison avec le génial Hauer.
Sean Bean, révélé par son rôle de méchant dans Benjamin Gates, trouve
probablement son rôle le plus marquant, et se révèle assez consistant, à défaut
d'égaler son prédécesseur (une gageure).
Le point faible du casting demeure le réalisateur, nouvelle star issue du
vidéo clip, plus à l'aise pour les scènes de poursuite que pour le reste, qui
fera donc ses gammes à Hollywood par le biais du film de genre, passage visiblement
obligatoire désormais aux USA. Là ou le film d'Harmon privilégiait le duel entre
l'auto-stoppeur et sa proie, Dave Meyers se tourne davantage vers l'action,
offrant des périodes spectaculaires sur des routes désertiques propices à ce
genre de virées sanglantes.
Niveau scénario, le principe de base (jeu du chat et de la souris avec la
route en guise de terrain de jeu) est respecté. La personnalité du méchant n'est
pas davantage déchiffrée que pour l'original, le mystère étant finalement le
meilleur allié de Ryder. Depuis le Duel de Spielberg, les chemins désertiques
de l'Amérique profonde servent souvent de décor naturel et sauvage aux films
de genre. Highwaymen, excellente série B, et, à un degré moindre, Une
Virée en Enfer, ont redonné vie aux routes poussiéreuses du mythe américain
(sans oublier un épisode des Masters Of Horror signé Larry Cohen). Grand
bien nous fasse, à l'heure où la plupart des films d'épouvante se situent dans
des granges perdues au fin fond de nulle part (n'est ce pas Leatherface), la
course poursuite présentant au moins le mérite d'apporter rapidement nouveauté
et rythme.
Sans égaler le film de 1986, ce Hitcher se situe donc dans la moyenne
des remakes, pas forcément indispensable, mais pas non plus dénué d'intérêt.
Meyers a au moins le mérite de ne pas trop prendre son film au sérieux, se cantonnant
dans cet esprit série B si cher au coeur de bon nombres de cinéphiles atypiques,
qui devraient passer un bon moment devant ce métrage, malgré un final un peu
bâclé qui plombe quelque peu l'ambiance générale, en espérant néanmoins que
la période des remakes (et autres préquels et séquelles) laissera bientôt place
à de nouveaux méchants et...à de nouveaux cinéastes talentueux. Mais cela est
une autre histoire !