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TROIS VISAGES DE LA PEUR, LES

  EN BREF:

Max : (6/10)

Lorsque Mario Bava s'attaque au film à sketchs, avec le mythique Boris Karloff en maître de cérémonie, on ne peut qu'assister à un film à part, bien dans la veine de l'esprit gothique du réalisateur du Masque du Démon.

 

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TROIS VISAGES DE LA PEUR, LES
( L Tre volti della paura - 1963)
 

Réalisé par Mario Bava
Sortie le 17 Novembre 1965

Staff

6.006.006.006.006.006.00 (6.00)

Lecteurs

4.004.004.004.00 (4.00 - 2 votes)

Fiche

Critique

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Visuels

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  Horreur.net - Critique de Trois visages de la peur, Les (1963)

Critique de Max (6/10)

Débutant sa carrière cinématographique en qualité de spécialiste des effets spéciaux et surtout directeur photo dès les années 40, Mario Bava passe derrière la caméra en 1959, tout d'abord pour achever certains métrages abandonnés par leurs cinéastes d'origine (Les Vampires, Caltiki, Le Monstre Immortel). En 1960, son premier film, Le Masque du Démon, devenu une référence du cinéma gothique, va faire de Bava le roi du cinéma fantastique transalpin, jusqu'ici plutôt laissé de côté en Italie, à l'heure où la Hammer domine le bestiaire fantastique européen. Trois ans plus tard, il s'attaque au périlleux exercice du film à sketch avec Les Trois Visages de la Peur, qui consiste en trois histoires sans lien entre elles. Jusqu'ici, hormis son premier film, Bava n'est pas encore le spécialiste du fantastique qu'il finira par devenir, ses meilleures oeuvres flirtant toutes avec l'esprit de son premier métrage (Le Corps et le Fouet, Opération Peur).

Méconnu dans sa filmographie, Les Trois Visages de la Peur est toutefois représentatif du cinéma de Bava, toujours emprunt de caractère quelque soit les moyens mis à la disposition du cinéaste. Pas toujours scénariste de ses métrages (Bava a été aussi parfois un cinéaste de commande, contrairement à Argento), il est ici co-scénariste de ces trois sketchs que nous allons décrypter tour à tour.

Le premier métrage, introduit par Boris Karloff, s'intitule Le Téléphone. Première surprise, il ne s'agit pas véritablement d'une adaptation d'une nouvelle de Maupassant. Une belle jeune femme reçoit chez elle des appels de plus en plus menaçants, le jour où son ancien petit ami s'évade de prison. Même si la tension monte crescendo, jamais cette histoire n'atteint par exemple le degré de stress imposé par Terreur sur la Ligne, de Fred Walton, fascinant huis-clos. L'ensemble reste un peu trop classique, malgré l'originalité du final, et la beauté toujours fascinante de notre Angélique nationale, Michèle Mercier (ici en brune).

Le second épisode, le plus long du film, Les Wurdalaks, est adapté d'une nouvelle fort savoureuse de Tolstoï. Un soir, un jeune homme, perdu dans une nature hostile, trouve refuge dans une maison qui attend fébrilement le retour du patriarche, parti quelques jours plus tôt à la chasse au vampire. Les décors et les costumes d'époque apportent déjà un cachet plus mystérieux à cette histoire. La scène où l'immense Karloff traverse le pont d'une démarche pesante est un vibrant hommage à l'âge d'or du fantastique, celui du Hollywood des années 30, Karloff étant plus que jamais l'image du fantôme hantant les nuits de tout cinéphile qui ses respecte. Un Karloff qui, abandonné par Hollywood à la fin des années 50, achèvera sa carrière en Europe (on le retrouvera dans La Maison Ensorcelée en 1968). Plus convaincant qu'en présentateur de sketchs, Karloff est l'attraction principale de cet épisode, Bava filmant à merveille celui qui restera LA gueule du cinéma fantastique, inoubliable créature de Frankenstein dans les années 30. Bava prouve aussi sa facilité à créer une ambiance sombre dans une aura gothique qui ne le quittera jamais véritablement, malgré un virage dans le giallo durant les années 70 (La Baie Sanglante, Une Hache pour la Lune de Miel). Cet épisode nous embarque dans une montée de sang qui ne redescendera pas avec le troisième métrage, bien au contraire.

D'après Chekhov, La Goutte d'Eau, raconte l'histoire d'une infirmière vénale qui perdra la vie en volant une bague à une vieille femme morte qu'elle prépare pour son enterrement. Se résumant au départ à quelques bruits étranges (une mouche qui vole, des gouttes d'eau), la terreur prendra ensuite la forme de la morte, au visage crispé par la haine et l'esprit de vengeance. Ce huis clos jouissif happe le spectateur et le cramponnera à son fauteuil jusqu'à un épilogue très ironique, esprit que retrouvera par exemple une série culte comme Les Contes de la Crypte, quelques décennies plus tard.

On pourra regretter, dans l'édition française du DVD récemment sorti, l'ajout (en VO), d'une scène assez risible dans laquelle Bava montre l'envers du décor, avec Karloff comme complice. Une envie de mettre à mal le caractère sombre du film, bien dans l'esprit de Mario Bava.

En effet, ce dernier, père du cinéma fantastique transalpin (le meilleur avec Argento et le mésestimé Antonio Margheriti), est avant tout un technicien du Septième Art plus qu'un véritable auteur. Ce film à sketchs, intéressant à plus d'un titre mais inégal, représente assez fidèlement la carrière de Bava, souvent en dent de scie (surtout en fin de carrière), mais toujours respectueuse d'un certain cinéma, aujourd'hui oublié.

Max

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En résumé:

Lorsque Mario Bava s'attaque au film à sketchs, avec le mythique Boris Karloff en maître de cérémonie, on ne peut qu'assister à un film à part, bien dans la veine de l'esprit gothique du réalisateur du Masque du Démon.

 

Note du rédacteur: 6/10
Note moyenne de la rédaction : 6.00/10

 

 

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