Kemper est un dément notoire qui prétend détenir des pouvoirs psychiques
et entretenir des relations avec le diable en personne. Responsable de l'enlèvement,
de la séquestration, de la torture et du viol de nombreux jeunes enfants, Kemper
a été arrêté et enfermé dans une cellule sous bonne garde. Mais du fin fond
de sa cellule, Kemper (David McEwen) n'a pas oublié ceux qui sont responsables
de son incarcération. Avec l'aide d'un étrange individu avec lequel il correspond
depuis sa cellule, il va se venger d'une horrible manière tandis que l'inspecteur
Neilson, qui voue une haine profonde envers Kemper, découvre des meurtres d'une
incroyable violence...
Tout d'abord, je tiens à préciser que je n'ai absolument rien contre Dani
Filth, le chanteur du groupe de metal Cradle of Filth qui est également
l'un des personnages-clé du film du jeune réalisateur Alex Chandon. Ce dernier,
avant de collaborer avec Dani Filth sur Cradle of Fear, avait déjà réalisé
une vidéo pour le groupe ("Pandaemonaeon"). Mais Chandon n'en était
pas à son premier coup d'essai comme en témoignent ses précédentes oeuvres aux
titres assez évocateurs : Bad Karma (1991), Drillbit (1992) et
Pervirella (1997). Cradle of Fear se veut une forme d'anthologie en
hommage à celles que produisait la société Amicus (Dr Terror's House of Horrors,
The Torture Garden) dans les années 50 pour concurrencer la Hammer...

Malgré la présence au générique de Dani Filth, ne vous attendez pas à avoir
comme fond sonore, pendant toute la durée du film, la musique de Cradle of
Filth. Un peu dommage pour les fans du groupe et sans doute beaucoup moins
pour ceux qui n'apprécient pas vraiment ce genre de musique. Mais avant de s'intéresser
à la musique du film, concentrons-nous d'abord sur le film...
Pour résumer le scénario de Cradle of Fear, on peut isoler quatre
segments qui correspondent en fait aux meurtres commandités par Kemper depuis
sa cellule. Nous avons tout d'abord une jeune demoiselle, qui fréquente une
boîte "goth" et qui flash sur ce cher Dani Filth (irrésistible avec
son teint blafard et ses lentilles de contact). La donzelle n'y va pas par quatre
chemins et s'offre à lui quelques minutes après leur "rencontre".
Elle se réveille quelques heures plus tard. Elle est alors sujette à d'effroyables
hallucinations... Le second segment nous présente deux jeunes filles qui s'introduisent
dans une maison afin de voler le bas de laine d'un vieux pingre. Mais ce dernier
ne compte pas laisser les demoiselles lui piquer son magot... Dans le troisième,
on croise un unijambiste traumatisé par un accident de voiture qui va "demander" à l'un de ses vieux camarades
de lui "prêter" sa jambe... Enfin, dans le segment final, on retrouve
le fils de l'inspecteur Neilson, Richard, qui découvre un site Internet proposant
des snuff movies "interactifs". Richard va peu à peu perdre contact
avec la réalité et son obsession pour le site, "The Sick Room", va
l'amener à se rendre dans les locaux du site... Enfin, un final qui met face à face l'inspecteur Neilson, Kemper et "The Man" (Dani Filth)...
Quatre petites histoires assez divertissantes bien qu'elles ne soient pas
particulièrement effrayantes. Ces quatre petites"histoires"
ne sont finalement pas si différentes que cela puisque les principaux protagonistes
de ces histoires sont tous sous le joug de la convoitise et vont tous en venir
au meurtre. Et là, Alex Chandon ne fait pas dans la dentelle et, dès le début
du film, annonce la couleur : Dani Filth ("The Man") se ballade dans
une ruelle sordide et croise deux voyous. Il arrache la gorge du premier et
ouvre le crâne du second avant de lui écraser la cervelle par terre. Du gore,
en veux-tu en voilà! Et le reste est l'avenant avec quelques séquences assez
corsées avec notamment un accouchement dans la grande tradition d'Alien
dans le premier segment. Chandon joue avec le voyeurisme du spectateur en s'attardant
sur ces séquences et en accumulant les gros plans saignants et les giclées de
sang sur les murs. Malgré des effets-spéciaux (signés Creature FX) pas toujours
très convaincants (mais également proportionnels au budget du film), Cradle
of Fear est suffisament gore pour satisfaire l'amateur du genre.

Du gore c'est bien, encore faut-il savoir le mettre en image. Cradle of
Fear pèche par son cruel manque d'inspiration dans sa mise en scène. A cela
s'ajoute le rendu très "amateur" de la caméra DV, des éclairages et
une photographie pas toujours au point, et une trame sonore peu approprié par
moment. Heureusement, le casting féminin du film, n'en déplaise à ces messieurs,
est largement à la hauteur. On saluera donc au passage les très bonnes prestations
d'Emily Bouffante (Melissa dans le premier segment), de Rebecca Eden et Emma
Rice (Sophie et Emma dans le second), ainsi que Eileen Daly (vu dans Demonsoul,
Pervirella et Razor Blade Smile). De charmantes demoiselles qui
n'hésitent pas à faire profiter le spectateur de leurs charmes. Et une petite
mention quand même à l'acteur Stuart Laing, parfait dans le rôle de Richard,
l'adepte de snuff movies en temps réel. Pourquoi je ne parle pas de Dani Filth
? Tout simplement parce qu'il ne fait pas grand chose dans le film. C'est d'ailleurs
lui qui se paye LA scène inutile du film : il éventre un pauvre chat avant
d'ingurgiter les viscères de celui-ci. Pas sympa avec les matous le Dani!
Au final, pas besoin d'être forcémment un inconditionnel de Cradle of
Filth pour apprécier le film d'Alex Chandon. Si vous aimez le gore, si vous
n'êtes pas trop regardant sur la qualité visuelle (décors, mise en scène, photographie)
et si
les 120 minutes que dure le film ne vous font pas peur, laissez-vous tenter
par ce Cradle of Fear.
Le site officiel du film : Cradleoffear.com
et le site de l'actrice Emily Bouffante : Bouffante.tv