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  EN BREF:

Kevin : (5.5/10)

Argento et Romero assurent le minimum demandé. Rien de plus, rien de moins. Une histoire moyenne et classique et une autre un peu plus inspirée et atypique aboutissent au final à un métrage sympathique mais vite oublié et rangé de côté.

 

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DEUX YEUX MALéFIQUES
( Due occhi diabolici / Two evil eyes - 1990)
 

Réalisé par Dario Argento
Sortie le 08 Juillet 1992

Staff

6.006.006.006.006.006.00 (6.00)

Lecteurs

5.285.285.285.285.28 (5.28 - 18 votes)

Fiche

Critique

La musique du film

Visuels

Vidéos

 DVD

Avis des lecteurs (17) 

  Horreur.net - Critique de Deux yeux maléfiques (1990)

Critique de Kevin (5.5/10)

Le projet Deux yeux maléfiques lancé par George A. Romero et Dario Argento devait à l’origine regrouper 4 histoires inspirées d’Edgar Allan Poe mis en scènes par de grands réalisateurs du fantastique. En plus des deux réalisateurs cités devaient donc s’ajouter Wes Craven et John Carpenter. Le projet traînant en longueur, le premier se retrouve engagé sur Shocker et décline sa participation, quant au second son emploi du temps ne lui permettra pas de participer au film. Las d’attendre la disponibilité de leurs collègues, Romero et Argento décident alors de prolonger la longueur des récits et de ne plus faire que deux segments. Projet alléchant à plus d’un titre qui voyait la première collaboration Argento / Romero depuis le mythique Dawn of the dead / Zombie de 1978, qui marquait la première incursion du cinéaste Italien dans le cinéma Américain (suivra ensuite Trauma en 1993) et qui voyait le retour de Romero dans le « film à sketch » sept années après le très réussit Creepshow.

La première histoire intitulée L’étrange cas de Monsieur Valdemar et réalisée par George A. Romero raconte de façon très classique le récit d’une femme et de son amant qui ont recours à l’hypnose pour soutirer la fortune du mari mourrant...
Classique histoire de vengeance d’outre tombe qui aurait pu être issue d’un EC Comics ou d’un épisode des Contes de la crypte, ce segment apparaît comme le plus faible des deux. Mis en scène très sobrement par un Romero qui se contente du minimum, cette première partie ne laisse pas un souvenir impérissable. Les seules touches reconnaissables du cinéaste étant la présence de deux zombies décrépis, d’un clin d’oeil à la phrase mythique de la Nuit des morts vivants (« They’re coming to get you... Barbara » devenant ici « They’re coming for you...Jessica ») et de la présence d’Adrienne Barbeau (Creepshow, New York 1997).

La seconde partie du film, Le chat noir est évidemment mis en scène par Dario Argento. Rod Usher (Harvey Keitel), un photographe obsédé par les meurtres sanglants et horribles, vit avec une violoniste qui va trouver un chat noir. Usher se prend bientôt d’une haine profonde pour l’animal et photographie celui-ci alors qu’il l’étrangle. Bientôt le photographe va laisser exploser ses obsessions et sa folie morbide jusqu’au meurtre...
A la différence du premier segment, Argento va parvenir à installer une véritable ambiance à son film. Utilisant une photographie parfois colorée comme à son habitude (même si nous sommes loin de Suspiria), le cinéaste en suivant le personnage interprété par Harvey Keitel va focaliser le spectateur sur celui-ci en racontant l’histoire de son point de vue. Ainsi, nous aurons droit à un rêve étrange de Usher et à ses virées mélancoliques nocturnes dans les bars. Ce qui résultera de ce choix est que le spectateur en n’ayant comme référent que Rod Usher sur ce récit en viendra à souhaiter que celui-ci ne soit pas démasqué par la police. En effet, Argento installe une tension similaire à celle que Hitchcock avait su insaturé avec amusement dans Psychose lorsque le véhicule de Marion Crane s’arrête quelques instants de descendre en plein milieu du lac, avant de s’enfoncer définitivement. Cette empathie pour un cinglé de premier ordre contribue ainsi à l’ambiance particulière et malsaine du récit, le final apportant comme à l’habitude dans ce type d’histoire un « twist » grinçant et plein d’humour noir.

Ce qui surprend dans ce film à sketchs est qu’à la différence d’un Creepshow, d’un Body Bags, d’un Necronomicon et autre Tales from the Darkside aucun lien n’existe entre les deux récits. Pas de prologue, ni d’enchaînement. Two evil eyes est avant tout la réunion de deux moyens métrages sur le thème de Edgar A. Poe par deux cinéastes différents, cette idée étant d’ailleurs renforcée par le fait que chaque segment dispose de son propre générique de début. Nous avons donc là deux films pour le prix d’un.

Comme nous l’avons vu, cette anthologie, sympathique au demeurant, propose deux récits de qualité variable. Le principal défaut du premier étant un classicisme et un manque d’originalité flagrant, Romero ne parvient pas à insuffler une touche personnel et filme cette histoire de vengeance comme n’importe qui aurait pu le faire.
Le second segment quant à lui, bien que plus intéressant, reste malgré tout largement inférieur aux capacités du cinéaste Italien. Cependant, celui-ci conscient qu’il ne réalise pas un chef-d’oeuvre semble se faire plaisir à filmer cette histoire de Poe, romancier dont il fera d’ailleurs plusieurs fois références dans Le chat noir (le nom du personnage principal tiré de La chute de la maison Usher, ou un meurtre perpétré avec un « pendule géant et tranchant » inspiré par The pit and the pendulum).

Au final, nous avons là deux oeuvres mineures de Romero et d’Argento. Une anthologie bien inférieure aux attentes générées, mais un film qui peut malgré tout se revoir sans problème. Un film peu original et légèrement inégal qui regorge cependant de quelques scènes angoissantes et à l’humour grinçant. Pas inoubliable mais correct.

Kevin

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En résumé:

Argento et Romero assurent le minimum demandé. Rien de plus, rien de moins. Une histoire moyenne et classique et une autre un peu plus inspirée et atypique aboutissent au final à un métrage sympathique mais vite oublié et rangé de côté.

 

Note du rédacteur: 5.5/10
Note moyenne de la rédaction : 6.00/10

 

 

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