Dans un futur proche, la ville de Detroit est proche de l’anarchie. Tandis
que la violence urbaine est de plus en plus forte, les policiers menacent de
faire grève pour protester contre leurs conditions de travail. L’OCP, un puissant
conglomérat, règne sur la ville et développe le projet Delta City, une cité
expurgée de toute violence. Son président Dick Jones croit dur comme fer au
projet ED209, un robot policier censé rétablir l’ordre. Mais la démonstration
tourne au drame, ce dont profite Robert Morton pour imposer son propre projet
: Robocop. Mais pour cela il a besoin du corps d’un policier mort en service.
Pendant ce temps Alex Murphy, jeune flic père de famille, fait ses débuts au
secteur Metro Sud en compagnie de sa nouvelle collègue Anne Lewis. Le destin
va le désigner bien malgré lui pour devenir le super flic du futur. Mais même
enfermée dans une armure de métal, l’humanité est prête à ressurgir.
En voilà un film culte ! Dès sa sortie en 1987, le film de Verhoeven fit
l’effet d’une bombe. Grâce à un savant mélange de violence, d’action, de cynisme,
d’humanisme, le tout saupoudré d’un second degré dévastateur, Robocop
a rencontré un succès mondial fracassant, engendrant deux séquelles et une série
pour la télévision.
Aujourd’hui encore le film procure un plaisir immédiat. Sa grande force est
de ne pas être un simple « actionner » bourrin, même s’il est particulièrement
efficace dans ses scènes d’action dont certaines (Robocop vs ED209, le carnage
dans le laboratoire de drogue) sont devenues mythiques. Au contraire le film
est bien plus subtil qu’on pourrait le croire. A travers la traque des criminels
qui l’ont « tué », Murphy va se reconstruire et prendre conscience de son humanité
et de sa place dans la société. Une société proche de l’anarchie qui n’a presque
plus aucun sens des valeurs. C’est l’autre point fort du film qui fait preuve
d’une ironie grinçante pour nous décrire un futur sécuritaire, gangrené par
la corruption et gouverné en sous-main par les multinationales. Croyez-moi,
ça fait peur !
Si le fond est donc riche, la forme est tout aussi soignée. Grâce à un budget
confortable Verhoeven s’offre les services du spécialiste des maquillages Rob
Bottin pour créer un Robocop plus vrai que nature. Autre spécialiste, Phil Tippet
qui signe les scènes avec l’autre robot, ED209, grâce à l’animation image par
image.
Au niveau du casting, on ne pouvait rêver mieux. Peter Weller (Le festin
nu) est impeccable dans le rôle de Murphy. Tour à tour humain et cyborg
il offre une composition impressionnante. Nancy Allen (Carrie, Blow
out) n’a jamais été aussi bonne, et les « bad guys », que ce soit Kurtwood
Smith (Fortress), Ray Wise (Twin Peaks) ou bien sûr Ronny Cox
(Délivrance, Total Recall) sont tous haïssables à souhait. On
n’oubliera pas la partition pleine de fougue de Basil Poledouris, fidèle collaborateur
de Verhoeven.
En résumé:
Le film le plus populaire de Verhoeven. Un scénario malin qui alterne violence, humanisme et humour ravageur. Un classique !
Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 8.91/10