Violence, gore, dialogues crus... Maximiliani Ultima Nox est un court-métrage chaudement recommandable qui bénéficie d'une réalisation intéressante et d'un casting à la hauteur.
Maximilien (Julien Masdoua) se promène nonchalament de nuit dans les
rues sombres de sa ville. Il croise deux individus qui ne tardent pas à s'en
prendre à lui et à le malmener violemment. L'un d'eux se présente à lui comme
étant le "Baron Sodomus" (Luc Miglietta) et son camarade, José Marie
(David Jimenez). Maximilien, qui est encore sous le choc, se demande se que
ces deux singuliers personnages peuvent bien lui vouloir car il n'a pas d'argent
sur lui. Le Baron et son acolyte sortent alors les crocs pour les planter dans
le cou du pauvre Maximilien. Débarquent alors deux autres personnes (Rodolphe
Gayrard et Denys Schaan) qui criblent de balles les deux vampires...
Maximiliani Ultima Nox est un court-métrage de 18 minutes tourné en
16mm et en noir et blanc par un jeune réalisateur qui, au vue de la qualité
de ce court, est promis à une belle carrière. C'est en tout cas ce qu'on lui
souhaite. Il ne s'agissait pourtant pas d'un coup d'essai puisque Thierry Lopez,
véritable cinéphile passionné par le cinéma fantastique, avait tourné un premier
court, avec une caméra super 8, en 1998 : Golzarath, l'attaque des morts-vivants,
l'histoire d'un jeune couple aux prises avec une horde de zombies, dans
une ambiance rendant clairement hommage au cinéma de Lucio Fulci. Par la suite,
il essaya de monter un projet de court-métrage fantastico-médieval, Darvillania,
pour une vie de désirs, qui, malheureusement, n'aboutira pas. Il s'associe
alors avec un ancien camarade de classe, Fred (réalisateur d'un long-métrage
: Houtch et Houtch) pour créer "Le Mont Dellamorte", à Montpellier
afin de produire du cinéma indépendant. De cette "union", naîtront
des courts-métrages comme Game Over (parodie d'un jeu vidéo), Vidéo
Gore (Vidéo-gag version gore donc) et Amis pour la vie (un sitcom
résolument trash). Par la suite, Thierry Lopez tourne Symphonia Horroris
et Apparition (adaptation d'une nouvelle de Guy de Maupassant).
Après un an de gestation et de préparatio, Thierry Lopez livre Maximilani
Ultima Nox. Pour les besoins de ce court, Thierry Lopez passe au 16 mm et
force est de constater que le résultat est des plus sympathiques. Totalement
auto-produit (ce qui présente certains avantages et inconvénients), Maximilani
Ultima Nox part d'un postulat de base assez simpliste mais qui a le mérite
de laisser le champ ouvert à toutes sortes d'expérimentations. La photo granuleuse,
le noir et blanc, les jeux de clairs/obscurs, les gros riffs de guitares saturées
en fond... Maximiliani Ultima Nox, malgré sa courte durée (sans doute
son seul défaut!), s'impose immédiatement aux yeux du spectateur comme une expérience
intense. A la violence de certaines séquences s'ajoutent des dialogues "orduriers"
qui collent parfaitement à l'ambiance du court. Et puis, étant donné qu'il s'agit
d'un court-métrage, Thierry Lopez pouvait bien se permettre de jouer sur plusieurs
registres comme le gore, le fantastique, l'action...
Maximilani Ultima Nox a en plus la chance d'avoir un casting sympathique
et l'on appréciera les prestations hautes en couleurs de Luc Miglietta (le "Baron
Sodomus"), de David Jimenez (son comparse José Marie), de Julien Masdoua,
très convaincant dans le rôle du pauvre Maximilien, ainsi que Rodolphe Gayrard
et Denys Schaan. En plus de bénéficier d'un bon casting amateur et d'une réalisation
soignée, Maximilani Ultima Nox n'hésite pas à verser dans un gore bien
craspec qui, malgré le côté forcément amateur des effets, est tout à fait réjouissant
pour l'amateur du genre. On a même droit à un gros clin d'oeil à L'Au-delà.
Donc, plus une seconde à perdre, ruez-vous sur le site de Thierry Lopez :
http://maxultimanox.free.fr/index.htmpour commander le DVD de Maximiliani Ultima Nox, qui propose en plus une
belle interactivité avec au menu : photos, filmographies, un documentaire de
43 minutes sur le tournage et deux courts-métrages (Apparition et Symphonia
Horroris). Bref, on se paie pas votre tête avec un tel contenu qui est même
bien plus riche que celui d'autres DVD vendus dans le commerce.
Un grand merci donc à Thierry Lopez, que l'on encourage vraiment dans sa
démarche, qui est à saluer bien bas étant donné la conjoncture actuelle, et
qui nous permet de placer finalement quelques espoirs dans le cinéma fantastique
français.
Violence, gore, dialogues crus... Maximiliani Ultima Nox est un court-métrage chaudement recommandable qui bénéficie d'une réalisation intéressante et d'un casting à la hauteur.
Note du rédacteur: 8/10
Note moyenne de la rédaction : 8.00/10