Un bon film de SF/ horreur ou l'un des cinéastes les plus subervifs (Paul Verhoeven) nous montre l'être humain sous un jour peu optimiste. Le tout servi par
des effets spéciaux remarquables. Très divertissant.
Horreur.net - Critique de Homme sans ombre, L' (2001)
Critique de Gérald
Sebastian Caine (Kevin Bacon) découvre le
processus menant à l'invisibilté. Après des premiers essais fructueux faits sur
des animaux, Sebastian décide d'être le premier cobaye humain, et cela au
détriment de toute éthique. Il ne dévoile pas à ses supérieurs (des militaires)
l'état d'avancement de ses recherches et entrâine ainsi le reste de son équipe
(dont son ex-petite amie, Linda) dans ce mensonge. Si les scientifiques
réussissent à rendre Sebastian invisible, ils échouent, en revanche à lui rendre son
apparence normale. Et là, la véritable nature de Sebastian (déjà passablement
arrogant) se révèle. Il laisse alors libre cours à son voyeurisme et à ses
pulsions sadiques. Et il tuera quiconque se mettra au travers de sa
route...
Une nouvelle
version sur le mythe de l'homme invisible, mais revue et corrigée par Paul
Verhoeven qui en fait une version très différente de celle de John
Carpenter: Les aventures d'un homme
invisible. Le hollandais violent nous
montre une vision très pessimiste de la nature humaine. Car, après tout, que
serions-nous prêt à faire si nous devenions invisible? La réponse va à
l'encontre d'un certain cinéma édulcoré ou l'homme peut toujours espérer à la
rédemption. Avec Hollow
Man, Paul Verhoeven ne laisse aucun
échappatoire à son héros interprété par Kevin Bacon (duquel on préféra
l'interpétation dans Hypnose - son
interpétation étant, et pour cause, un peu transparente), qui est ici un
scientifique ambitieux et imbus de lui-même. Titillé par sa libido, Caine
n'hésitera pas à tater du téton (l'érotisme étant une marque de fabrique du
réalisateur).
Le film est
divisé distinctement en deux parties: dans la première, la
plus longue, où des effets spéciaux très spectaculaires montrent les différentes
phases de transformation. D'abord avec un gorille puis sur Sébastian Caine ou ce
dernier disparaît progressivement, jusqu' à voir le squelette. Un bon cours de
biolgie en tout cas. Dans cette partie, L' homme sans ombre est à
rapprocher de La mouche de David Cronenberg, qui traitait de façon similaire
des expériences qui tournent mal. Dans la
deuxième, une violence un peu gratuite mais très plaisante qui a déconcerté pas
mal de personne. Car Verhoeven abandonne ici pour la première fois toute
tentative de création et se contente (de façon remarquable) de divertir le
spectateur. Comme pour se faire pardonner d'être limité par les producteurs sur
le plan du sexe, il imprime sa marque au travers de la violence lors des
dernières 30 minutes. On se croirait alors dans un slasher très gore. Toutes les
façons de découvrir ou se trouve l'homme invisible sont essayés (eau,
sang...)
On sort
finalement assez content de la vision du film ( pour un film de commande) même
si ce bon film n'est pas véritablement, et c'est un paradoxe, un bon Verhoeven,
plus inspiré sur ses précédents films (Starship Troopers, Total
Recall, Basic Instinct).
En résumé:
Un bon film de SF/ horreur ou l'un des cinéastes les plus subervifs (Paul Verhoeven) nous montre l'être humain sous un jour peu optimiste. Le tout servi par
des effets spéciaux remarquables. Très divertissant.
Note du rédacteur: 6/10
Note moyenne de la rédaction : 6.70/10